Livraisonuniquement dans un rayon de 20 km autour de Lille. Spécifiez la quantité souhaitée en commentaire de votre commande ! Cela fait plusieurs années que des consommateurs et les producteurs redécouvrent les saveurs et les qualités de cette petite pomme de terre au goût légèrement sucré. La pomme de terre grenaille n’est pas une variété, elle désigne son calibre UnPoint Pommes est ouvert depuis le 25 août, pour une durée de huit semaines également. Du lundi au vendredi, de 9 h 30 à 12h et de 14h à 16h, au .51. Productionde pommes de terre, de céréales et de poissons en Côte-d'Or. Bienvenue dans notre ferme à Epoisses. Elle a été créée en 2000. Elle est située à quelques mètres de la Route de Serein. Nous proposons à la vente directe une large gamme de pommes de terre et de miel. Nous utilisons les meilleures méthodes agricoles dans le Triageet stockage des pommes de terre. France , Bretagne (Finistère) 16 700 €. trémie tampon. 2. trémie tampon (occasion) avec démelleur rotatif motorisé armoire électrique largeur de bande 800 mm longueur de bande 3700mm Triage et stockage des pommes de terre. oVjp. David Deprez Producteur La pomme de terre, c’est mon carburant, mon moteur dans mon métier d’agriculteur ! C’est une production passionnante vous mettez en terre un tubercule et relativement rapidement, vous allez avoir une plante qui va pousser et se développer ; et en l’espace de 3 à 4 mois, vous récupérez 12 à 15 tubercules. Chaque année est différente nouvelles parcelles, nouvelles variétés, nouvelles conditions de culture, aléas de la météo… c’est toujours une nouvelle histoire ! La pomme de terre, c’est un aliment de base que l’on retrouve aux 4 coins du monde. C’est un véritable vecteur de lien social rien de tel que de se poser et de se retrouver autour d’un bon plat de pomme de terre. Entre le gratin, la vapeur, les frites, il y a plus 36 combinaisons qui génèrent autant de convivialité que de plaisir. Et moi je me régale dès l’apparition de mes premières pommes de terre dans mes parcelles ! La pomme de terre en un mot La convivialité Ma recette préférée Les pommes de terre sautées préparées par ma femme, avec un peu de viande, c’est parfait Thierry Bailliet Producteur & ageekculteur » Je suis la 11ème génération d’agriculteurs dans ma famille. La pomme de terre est une culture exigeante, en main d’œuvre, en suivi de culture. C’est une production qui n’admet pas forcément les erreurs, cela demande une vraie technicité. Depuis 5 ans, je partage avec succès les expériences de mon métier sur YouTube, aussi bien avec d’autres agriculteurs qu’avec le grand public. Car la pomme de terre est la véritable représentation de la valeur nourricière de l’agriculture. Elle est à elle seule un élément fondamental dans les productions agricoles françaises et dans le cœur de notre alimentation en général. La pomme de terre en un mot L’entraide Ma recette préférée Le gratin dauphinois Claire Genova Productrice Après mes études d’ingénieur agronome, je suis partie 15 ans en Afrique pour des projets de développement à caractère humanitaire. A mon retour en France, on a repris l’exploitation de ma belle-famille en Eure-et-Loir, qui avait pour cœur de métier la production de pommes de terre. Afin d’accompagner le développement de la production, je me suis beaucoup investie dans l’emploi local et l’insertion des personnes en situation précaire. En créant un groupement d’employeurs au début des années 2000, j’ai pu à la fois me consacrer à ma passion pour la terre, et y associer ceux qui y vivent. Mon talent à moi, c’est la gestion des femmes et des hommes le facteur humain, la transmission, c’est essentiel dans la production de pommes de terre. La pomme de terre en un mot L’humain Ma recette préférée Des pommes de terre vapeur avec juste un filet d’huile d’olive et du gros sel, nature. Pascale et Benoît Decoëne conditionneurs, négociants Notre métier de conditionneur/négociant, consiste à passer des contrats avec des producteurs afin qu’ils produisent ce dont le marché a besoin. Une fois les pommes de terre récoltées, on va les stocker dans notre entreprise, les calibrer, les laver, les trier et les conditionner. Une autre particularité de notre métier, être très réactif et à l’écoute de nos clients grande distribution, grossistes, export. La relation avec les producteurs est une chose très importante dans notre quotidien notre rôle est de savoir leur faire comprendre que les besoins évoluent, ceux des consommateurs en premier lieu. La confiance est indispensable, tout comme le partage d’informations. Chez nous, la pomme de terre est une histoire de famille. Je suis fils de conditionneur, Pascale est fille d’agriculteurs. Nous nous sommes rencontrés lors d’une formation en marketing au cours de laquelle nous devions faire la promotion de la variété de pomme de terre Nicola. Quand notre fils est né quelques années plus tard, nous l’avons appelé Paul Nicola sans s, comme la variété ! La pomme de terre en un mot la confiance> Ma recette préférée La pomme de terre au four Pascale et la purée Benoît Hélène Maillard conditionneur, négociant J’ai grandi dans une ferme puisque mon papa était producteur de pommes de terre. L’activité s’est ensuite diversifiée avec un site de conditionnement, l’entreprise s’est développée, et c’est tout naturellement que j’ai repris le flambeau familial quelques années plus tard. Mon frère travaille également dans l’entreprise, et nous avons su conserver un vrai esprit familial malgré nos 70 salariés. En tant que négociants, nous sommes à l’interface entre les producteurs et les clients grande distribution, grossistes, export. Cela demande de la réactivité les pommes de terre sont des produits frais, qui évoluent, il y a toujours des décisions à prendre rapidement pour s’adapter. La pomme de terre, c’est un produit facile à cuisiner, il y a 1001 façons de la préparer pour la déguster à plusieurs, en famille ou entre amis. Elle étonne, elle rassemble… elle me régale chaque jour autant dans mon métier que dans mon assiette ! La pomme de terre en un mot Le partage Ma recette préférée Des rattes au four avec un filet d’huile d’olive avec un peu de citron et du persil, un régal ! Yves & Léa Roussineau – père & fille Courtiers Nous, courtiers en pommes de terre, sommes des metteurs » en relation entre des vendeurs des producteurs, des conditionneurs et des acheteurs à l’export surtout. C’est un métier de contact, de terrain. Il faut savoir être réactif, s’adapter… et surtout très bien connaître le marché de la pomme terre ! La pomme de terre est un produit à la fois unique et multiple il existe plus de 1000 variétés avec autant de tailles, de couleurs et d’origines différentes. En fonction des pays, les préférences des consommateurs ne sont pas les mêmes, et les pommes de terre qui y sont commercialisées non plus… C’est un produit assez complexe et c’est ce qui rend notre métier aussi passionnant ! La pomme de terre en un mot Le contact Notre recette préférée Une recette traditionnelle de Lozère, la flèque », des pommes de terre vapeur cuites dans un bouillon de volaille avec un peu d’huile et de laurier un délice ! Sofian Tamzali Acheteur en grande distribution Mon métier, chef de produit acheteur, nécessite la passion pour le produit qui nous anime ! C’est ce qui permet d’être innovant, audacieux, d’avoir ce petit brin de folie qui donne parfois des success-stories auprès des consommateurs. La pomme de terre a ce pouvoir naturel d’être inspirante c’est avant tout un produit vivant, la simplicité à l’état pur. Mais la diversité des variétés, la diversité des terroirs et la diversité des usages rendent ce produit très riche à travailler. La pomme de terre symbolise tout cela le produit, les terroirs, les variétés et les usages que l’on peut en faire… et bien sûr le goût et le partage ! J’ai une sorte de rêve, c’est de pouvoir un jour avoir une carte de France des pommes de terre, comme on peut avoir une carte de France des vins ou des fromages… La pomme de terre en un mot La simplicité Ma recette préférée Une salade de pommes de terre vapeur aux anchois et aux oignons frais. Jean-Marc Brodbeck Primeur Je suis la 3ème génération de marchands de fruits et légumes au Touquet. Et aujourd’hui, la 4ème génération est à mes côtés mon fils et ma fille. C’est une très belle histoire familiale. La pomme de terre est magique, c’est une matière magnifique qui permet de découvrir les couleurs, les saveurs, les formes. Il y a autant de variétés que d’usages. En tant que détaillant, l’exigence et la connaissance du produit animent mon métier. Comme tous les produits frais, la pomme de terre exige que l’on soit aux petits soins pour la conserver, la mettre en rayon, la théâtraliser. La bonne connaissance de sa production et de ses variétés permet de mieux conseiller le consommateur dans son acte d’achat, dans son usage. Ce que nous transmettons tous les jours, c’est qu’avec une bonne pomme de terre, on se régale. C’est un produit d’une très belle simplicité, un légume d’avenir ! La pomme de terre en un mot La passion Ma recette préférée La purée, et en général des recettes simples car il faut retrouver les goûts, les vrais. Clara Schweitz Fille de producteur et future productrice Grand-Est – Duttlenheim 67 Clara a 20 ans. Après un bac scientifique en lycée agricole option écologie agronomie et territoire, elle s’est orientée vers un DUT génie biologique option agronomie. Aujourd’hui, elle poursuit ensuite une licence professionnelle agronomie, parcours ingénierie de l’entreprise agricole. Toute petite, elle regardait son père cultiver des pommes de terre. Passionnée par la terre, elle a orienté ses études vers l’agriculture. Après un stage dans le domaine des plants de pommes de terre, puis en station d’expérimentation dans les céréales, elle a eu l’envie de s’orienter vers la culture des pommes de terre. Et d’ici quelques années, pourquoi pas reprendre l’exploitation de son père, avec son cousin et sa sœur... En 2019, le Grand-Est est la 2ème région de production de pommes de terre avec 11% de la production totale, soit 656 000 tonnes. Le microclimat dont bénéficient les plateaux alsaciens permet de cultiver des pommes de terre de primeur, en complément des pommes de terre de conservation. Ce sont deux cultures bien distinctes, qui nécessitent une organisation calendaire complexe d’occupation des terres les pommes de terre de conservation sont récoltées à l’automne après un cycle de culture de 120 jours, tandis que les primeurs alsaciennes sont récoltées en juin-juillet, après un cycle de production de 90 jours. La pomme de terre en un mot L'ambition André Minguy Producteur de pommes de terre de primeur Bretagne, Ploumoguer 29 Chez les Minguy, on cultive la pomme de terre de primeur depuis toujours. Située à l’extrême pointe nord-ouest du Finistère, l’exploitation agricole de polycultures et d’élevage bénéficie de la douceur océanique nécessaire à sa culture. André et ses deux fils se répartissent les tâches entre production animale et végétale 15% de pommes de terre de primeur, du blé, du chou, des brocolis, du maïs. Une diversité de cultures facilitée par le cycle court de production de la pomme de terre primeur. En France, 50 à 70 000 tonnes de pommes de terre de primeur sont récoltées chaque année. Plantées après la période des gelées, elles sont les premières pommes de terre de l’année. Les tous premiers volumes proviennent de cultures sous serres ou sous arceaux. Cultivées en plein champ, elles affectionnent les climats doux et les terroirs qui se réchauffent rapidement. Elles s’épanouissent ainsi dans les zones littorales connues pour leurs microclimats sous influence maritime et leurs sols sablonneux îles de Ré et Noirmoutier, Bretagne, Normandie… La pomme de terre en un mot La fraîcheur Francisco Moya Négociant, conditionneur et exportateur de pommes de terre Hauts-de-France, Hazebrouck 59 Francisco est directeur d’une société et co-dirigeant d’un réseau qui regroupe 10 sites de conditionnement de pommes de terre sur toute la France, dont 6 dans la région des Hauts-de-France. Francisco a découvert la filière pommes de terre en 1986 au hasard de ses rencontres. Tandis qu’il étudiait l’espagnol et l’anglais à l’université, il dispensait des cours d’espagnol en parallèle dans une Chambre de Commerce et de l’Industrie pour financer ses études. En 1986, l’Espagne et le Portugal rejoignaient la CEE pour former l’Europe des 12 ». L’un de ses élèves à la CCI avait pour projet de se lancer dans l’exportation des pommes de terre en Espagne. Après avoir sympathisé, il a proposé à Francisco de participer à l’aventure en 1988 ! Aujourd’hui, Francisco commercialise des pommes de terre auprès d’une vingtaine de pays différents, en Europe et dans le monde entier. Rappelons que la France est le premier exportateur mondial de pommes de terre avec plus de 2,5 millions de tonnes chaque année. Nous exportons vers des pays qui manquent de pommes de terre, mais aussi vers des pays, comme la Belgique, l’Allemagne ou la Hollande, qui trouvent dans l’offre française un complément à leur offre nationale, en termes de qualité, de variétés mais aussi de durée de conservation. » La pomme de terre en un mot Une aventure humaine Alexandre Lahcen Primeur Île-de-France, Boulogne-Billancourt 92 Alexandre est primeur en fruits et légumes sur les marchés. C’est un métier passion qu’il a découvert au fil de ses aventures humaines. À 15 ans, Alexandre débute un CAP pâtisserie. À la recherche d’un job étudiant, il a l’occasion de travailler sur les marchés les week-ends. Il apprécie l’ambiance petit village » qui y règne, le contact avec les consommateurs, les notions de service et de conseil. À cette même époque, un ami a l’opportunité de reprendre une place sur un marché. Alexandre, passionné par sa propre expérience, lui propose son aide. C’est ainsi qu’une grande aventure professionnelle et une belle amitié débutent Je n’ai pas choisi mon métier, c’est mon métier qui m’a choisi ! L’entraide est à l’origine de celui que je suis devenu, notamment primeur en fruits et légumes. ». Les deux compères ont débuté avec très peu de produits. 15 ans après, ils proposent près de 150 références tous les jours. Sur leur étal, il y a toujours à minima 3 sortes de pommes de terre pour répondre à la demande des clients des pommes de terre qui tiennent bien à la cuisson pour réaliser une salade, des pommes de terre qui au contraire se délitent, pour une purée fondante, ou encore des pommes de terre adaptées pour obtenir des frites croustillantes et bien dorées ! En France, on recense 12 000 primeurs, 6 500 en magasin et 5 500 sur les marchés. Les primeurs commercialisent près de 30 % des fruits et légumes vendus sur le territoire national. Sur les marchés, 2/3 des commerçants alimentaires sont des primeurs. La pomme de terre en un mot La vie Voici les producteurs, les marchés ou les groupes à proximité de Yerville. Les distances indiquées sont calculés à partir du centre de Edgar 8kmPomme à cidreTriticaleColzaLuzernePomme de TerreFéveroleLait de vacheFerme d'Autrefois 17kmViande de PorcViande de PorceletPouletPintadeCanardChaponLapinDindeOie Published on October 4, 2019 AgricultureAlimentationLatestSociety Qu'est-ce qui unit mieux les Européens que la patate ? Elle a beau évoquer l'image intime d'un repas de famille avec les grands-parents, elle est aussi le symbole de grands combats européens. Subventions agricoles, cultures bio, Appellation d'Origine Protégée, sont autant d'outils qui rythment le quotidien de milliers d'agriculteurs sur le continent. Départ en voyage interrail avec Aurélie pour un tour d'Europe de la patate. Le 14 juillet est pour beaucoup synonyme des grands préparatifs célébrant la fête nationale en France. Pas pour moi aujourd'hui. Armée de mon appareil photo, de mon pass interrail, de tout un tas de questions, je pars à la recherche d’amoureux de la patate à travers l’Europe. L’objectif comprendre pourquoi ce légume a une place si importante dans la culture européenne. 4 000 nuances de pommes de terre Il existe environ 100 variétés de pommes de terre suédoises. Dans le nord du pays, aux alentours de Lulea, on cultive des pommes de terre amande, adaptées aux longues journées » et donc aux conditions climatiques du nord de la Suède. Ce qui n’est pas le cas pour toutes les variétés, m'explique Anders Andersson, le président de Potatisodlarna, l’association des producteurs de patates suédois, autour d’un petit déjeuner dans sa véranda. Il précise également que 95% des pommes de terres cultivées en Suède sont destinées au marché suédois. Les Suédois veulent des pommes de terre suédoises ». A l’autre bout de l’Europe, chez Agoston Nobilis, on retrouve le même schéma de pensée. Sur les champs appartenant à sa famille, à Szàr, à une heure de Budapest, il cultive des pommes de terre biologiques. Même si, selon ses dires, en Hongrie, le bio est vendu principalement par des grandes industries », de son côté, avec son équipe, ils vendent localement, et notamment à une quinzaine de restaurants à Budapest. Rendez-vous chez Stand25 Bisztró, Traktor Farmfood ou Hilda pour les déguster. on peut survivre en ne mangeant que des pommes de terre » Étant donné sa valeur nutritionnelle très importante, on peut survivre en ne mangeant que des pommes de terre », nous assure Romain Cools, président du World Potato Congress. Le Musée de la frite de Bruges nous le confirme c’est même l’une des premières informations présentées à l’entrée de l’exposition. Le potentiel nutritionnel de la patate est exceptionnel 200 grammes de pomme de terre contiennent 40% de la qualité journalière recommandée en vitamine C pour prévenir les angoisses, 10 à 15% en magnésium et en fer, pour la production de globules rouges et 50% en potassium, pour le rythme cardiaque ! En plus, elle est composée de 80% d’eau, aucune graisse, et elle est pauvre en calories. J’entends encore mes grands-parents chanter les louanges de ce légume emblématique de la guerre, élément essentiel et économique de l’alimentation des Européens, et aujourd’hui décliné à toutes les sauces. Si le Musée de la frite lui-même ne sait pas dire si les fameuses french fries » sont véritablement françaises, les baraques à frites belges détiennent tout de même une recette particulière la graisse animale en guise d’huile de cuisson. Sur place ou à emporter, le cornet de frites est un repas à lui tout seul. Contrairement aux Pommes » allemandes prononcez bien le s» à la fin, qui accompagnent la street food berlinoise - que ce soit des Döner ou des Currywurst, ce plat typique qui date de la Seconde Guerre mondiale. Plus au nord en Finlande, la patate n’est pas en reste, notamment dans la traditionnelle soupe au saumon. Ce n’est pas une coïncidence, m’ont raconté mes amis finlandais dans le pays du Père Noël, la pomme de terre c’est comme le pain en France. Il y en a partout, et surtout chez les personnes plus âgées. Les pierogi sont des ravioles polonaises fourrées à la pomme de terre © Aurélie Pugnet Ceci étant dit, partout en Europe la patate ne séduit pas que nos grands-parents. Les McDonald’s, KFC et autres fast-foods sont là pour le démontrer. Un aliment qui dépasse à la fois les cultures et les générations. Ce qui l’amène à devoir s’adapter aux tendances et inquiétudes nouvelles. Face à une population qui se soucie de plus en plus de ce qu’elle mange et se tourne vers le bio, les cultures de patates doivent elles aussi se verdir. Des frites bio Je rencontre Orsolya Papp, chercheuse à l’Institut hongrois de recherche pour l’agriculture biologique ÖMKi et spécialisée dans la culture de pommes de terre, à Budapest, dans ses locaux. Face à des tableaux, un tas de chiffres, de noms compliqués et des photos de patates malades, Orsolya Papp m’explique comment et pourquoi faire de la recherche pour des pommes de terre biologiques tout simplement, chaque variété a des besoins différents. Toutes ne survivent donc pas à l’agriculture biologique. Et pour savoir lesquelles peuvent se convertir au vert, il faut faire des tests. Elle m’explique d'autre part que la culture bio requiert plus de travail manuel là où des sprays chimiques peuvent tuer les cafards attaquant les plants, ou les mauvaises herbes. La récolte est aussi plus laborieuse, soit parce que les traitements contre les bêtes ou les mauvaises herbes n'existent pas, soit parce que la taille des machines n'est pas adaptée à la taille des champs, souvent trop petits, ou trop fragiles. Plants de pommes de terre à Podole Wielkie en Pologne © Aurélie Pugnet On passe à la pratique avec Agoston Nobilis, jeune agriculteur hongrois qui fait pousser des patates bios à moins d'une heure de la capitale, sur des champs appartenant à sa famille. Pour notre producteur, qui a fait ses études en économie de l’agriculture, la décision de se convertir résulte du fait que l'agriculture biologique permet d'observer comment la nature fonctionne par elle-même » et que l'agriculture conventionnelle est mauvaise et trop intense pour les cultures ». Est-ce rentable ? Selon Orsolya et Agoston, la réponse est non. Pas besoin de passer par quatre chemins. En effet, comme le précise Agosot, sans les produits chimiques de l'agriculture conventionnelle, les patates ont plus de mal à pousser. Ou poussent à leur rythme, selon la vision que l'on a des choses. À cela, s'ajoutent également des tâches supplémentaires nécessaires. Malgré les défis, Orsolya est convaincue de l’importance des enjeux du bio protéger l’environnement et la santé des consommateurs, tout en fournissant des produits de meilleure qualité. Avec l’image des champs hongrois en tête, je reprends le train vers la grande ville pour la suite de mon périple. Subventions européennes du beurre dans les épinards ? En Europe, l’agriculture est un aspect important de notre identité culturelle. Elle fait partie des piliers de la construction européenne, comme en témoigne la création de la Politique agricole commune PAC dès 1962. Un fonds européen destiné à accroître la productivité agricole, garantir les approvisionnements et des prix raisonnables. Alors que nous sommes en routes vers les champs, notre producteur bio m'explique qu'aujourd'hui elle fonctionne ainsi vous recevez une somme par hectare parce que vous cultivez des consommables sur vos terres. Si l’agriculture est biologique vous recevez plus - environ 130 euros/hectare/an dans son cas. Le reste de la subvention est versée par l’État. En Hongrie par exemple, le gouvernement donne davantage à l’agriculture conventionnelle. La différence d'apports est donc trop faible pour attirer les producteurs avec l'argument financier. En Suède, au contraire, les agriculteurs bio reçoivent presque le double par rapport aux producteurs conventionnels, grâce la participation de l'État. En Hongrie, le bio est vendu principalement par des grandes industries » Faut-il des subventions plus élevées pour encourager le bio ? Il en sera surement question lors du prochain budget de l'Union Européenne. La Politique Agricole Commune, dont l'objectif est entre autres de moderniser et développer l'agriculture en Europe, se trouvera donc au cœur des débats. La chercheuse hongroise Orsolya Papp pèse le pour et le contre. Étant donné que les subventions restent généralement supérieures, il existe un risque de conversions au bio motivées par l’attrait du gain. Selon elle, cela pourrait entraîner l’utilisation illégale de produits néfastes pour l’environnement et la santé des consommateurs. D’un autre côté, comme le bio demande plus de travail pour moins de rendements, convertir ses cultures uniquement pour l’argent n’est pas nécessairement la voie la plus rentable, indépendamment des subventions, et surtout pour les petits producteurs. En attendant, je continue de me demander s’il ne faudrait pas encourager davantage les agriculteurs à se tourner vers des activités respectueuses de la santé des consommateurs et de l’environnement, que ce soit par des moyens financiers ou autres. Lire aussi Comment la PAC influence l'agriculture européenne Selon Romain Cools, notre roi de la patate » , recevoir des subventions, c'est ne pas aller de l'avant, vers l'avenir, vers l'innovation, c'est s'attacher au passé ». Le secteur a réussi à s'organiser » sans l’Union européenne les producteurs, négociants, transformateurs s'organisent entre eux pour approvisionner le marché » dans différentes organisations à la fois pour chaque catégorie d’emploi et à différents échelons. En Suède aussi, Anders Andersson, grand producteur à Hörte, près de la mer baltique, reçoit des subventions dans le cadre de la PAC. Il dit cependant préférer un système sans subventions. Certes elles garantissent un approvisionnement en nourriture, mais l’agriculture devrait être rentable par elle-même ». De quoi ouvrir un long débat sur le rôle de l’Union Européenne dans l’alimentation des citoyens, et leur consommation de manière générale. Rappelons que les financements de la PAC représentent 58,4 milliards d’euros en 2019, soit un tiers du budget de l’Union. Des savoir-faire protégés Bios ou pas, les patates servent aussi depuis des siècles à produire de l’alcool. Du coup, direction la Pologne, un des plus grands producteurs de pommes de terre en Europe et au monde. Autour de quelques cocktails à la vodka polonaise et bien installée dans les canapés en cuir du bar du Musée de la vodka polonaise à Varsovie, j’ai pu rencontrer le gérant, Karim Barris. En tout, c’est 90% de la vodka de pomme de terre sur la planète qui est produite par la Pologne, m’a-t-il expliqué. Là-bas, la vodka c’est plus qu’un business ; c’est une question de culture et d’identité, dont les habitants sont fiers. Cagettes de pommes de terre à la distillerie Podole Wielkie © Aurélie Pugnet Les Polonais cherchent depuis plusieurs années à protéger leur vodka de qualité de la concurrence que certains qualifient de déloyale ». Avant la Seconde Guerre mondiale, il existait plus de 1 000 distilleries artisanales en Pologne qui produisaient de l’alcool, notamment à partir de pommes de terre. Aujourd’hui, il en reste moins de 50. Bien qu’une partie d’entre elles ont été détruites par la guerre et abandonnées à l’époque communiste, cet écart est également étroitement lié à la compétitivité du marché. Des alcools venant de la Chine ou de l’Ouzbékistan sont disponibles pour bien moins cher. Et bien que les bouteilles arborent fièrement une étiquette qui garantirait une vodka polonaise », gage de qualité dans le monde entier au même titre que les frites belges », elles seraient parfois mensongères. Mais le vent tourne. En 2013, l’Union européenne et son Appellation d'origine protégée AOP créent le label Polska Wódka. Le logo de l’AOP sur la bouteille assure la qualité du produit, ce qui est très cher aux Polonais. Si vous voulez de la bonne vodka, inutile de chercher bien loin, il suffit de retourner la bouteille. Pour obtenir l’AOP Polska Wódka, les distilleries doivent remplir un certain nombre de conditions l’alcool peut être obtenu seulement à partir de cinq céréales seigle, blé, orge, avoine, triticale ou de pommes de terre. L’ingrédient de base doit être polonais et toutes les étapes de la fabrication doivent avoir lieu en Pologne. Ces critères stricts certifient la provenance, la qualité gastronomique tout en assurant une fabrication artisanale traditionnelle, au même titre que le Parmigiano Reggiano, par exemple. Pour un continent aussi vaste que l’Europe avec des cultures aussi variées, je constate que les habitudes et les préoccupations se rejoignent en termes d’agriculture. En un mois sur la route, entre le calme de Malmö et les dorures de Vienne, en passant par les champs de Pologne, j’ai rencontré des jeunes, comme des moins jeunes, des grands producteurs, comme des plus modestes. Mais une chose semblait les unir ils aiment tous leurs pommes de terre. Après 22 trains, cinq avions, près de 100 heures de voyage, dix pays, une dizaine d’interviews, et beaucoup, beaucoup de patates, j’ai le sentiment que nos ressemblances peuvent servir à nous rapprocher. La passion pour la patate a donc un bel avenir devant elle, avec ou sans la PAC. Ce voyage a été rendu possible grâce à un partenariat avec l'agence européenne Interrail Pour en apprendre plus sur le tour d'Europe de la patate, rendez-vous sur le blog d'Aurélie United in the diversity of potatoes Lire aussi Partez en interrail journalistique avec Cafébabel Story by