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KzJ2qzr. Il est plus facile d’élever un temple que d’y faire descendre l’objet du Beckett, L’Innommable. 1Dans son discours prononcé au Puy-en-Velay le 3 mars 2011, le Président de la République française déclare La République, mes chers compatriotes, est laïque. Elle appartient donc à tous les citoyens sans distinction aucune […] ».Ce propos paraît s’inscrire dans une continuité 1 de l’actuelle Constitution de la Ve République indique que la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances ».Le préambule de la Constitution de 1946 rappelle que la Nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L’organisation de l’enseignement public gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’État ». 2Condorcet, dans son Rapport et projet de décret sur l’organisation générale de l’instruction publique, écrit en 1792 La Constitution, en reconnaissant le droit qu’a chaque individu de choisir son culte, en établissant une entière égalité entre tous les habitants de la France, ne permet point d’admettre, dans l’instruction publique, un enseignement, qui, en repoussant les enfants d’une partie des citoyens, détruirait l’égalité des avantages sociaux et donnerait à des dogmes particuliers un avantage contraire à la liberté des opinions Condorcet, 1792. 3Cette continuité apparente ne fait illusion pour personne. La laïcité est en effet devenue un enjeu, voire un otage du débat politique, et la diversité de ses acceptions chez les responsables politiques comme parmi les penseurs médiatiques qui animent le débat public brouille singulièrement la tâche du personnel de l’éducation nationale. L’article L du code de l’éducation indique en effet qu’» outre la transmission des connaissances, la Nation fixe comme mission première à l’école de faire partager aux élèves les valeurs de la République ». Et il précise Dans l’exercice de leurs fonctions, les personnels mettent en œuvre ces valeurs ». 4Comment mettre en œuvre aujourd’hui dans l’exercice quotidien de son métier d’enseignant, de conseiller principal d’éducation, de personnel de direction, la laïcité quand elle prend, dans le débat public comme dans les propos du président de la République, des acceptions paradoxales ? Nous aborderons d’abord quelques questions que peuvent se poser les professionnels de l’Éducation nationale dans ce contexte avant de tenter de poser un diagnostic sur cet étrange moment politique. I. Sacralisation de l’École et religion de la laïcité ? 5L’auteur de l’Éloge des frontières, pour qui là où il y du sacré il y a une enceinte » Debray, 2010, p. 36 s’est fait, dans Le Moment fraternité notamment, l’éloquent avocat de la sacralisation des savoirs et de l’École Remise à niveau, l’école a perdu son statut de “lieu à part”, où s’apprend, à l’écart des familles, la citoyenneté républicaine » Debray, 2009, p. 52. 6Il n’est pas vain de constater que des philosophes, comme Henri Pena-Ruiz, estiment, dans cet esprit, qu’on ne peut qualifier la laïcité, parler de laïcité ouverte ou plurielle revenant à nier la laïcité Une telle laïcité n’est ni dure ni molle elle correspond à l’affranchissement de la sphère publique par rapport à toute tutelle religieuse ; entre un tel affranchissement et une réattribution d’emprises publiques à la religion, il n’y a pas de troisième voie. L’alternative est donc bien affirmation ou négation de la laïcité Pena-Ruiz, 2001, p. 79. 7Cette volonté de sacralisation est sans doute une clef de lecture utile de la loi nº 2004-228 du 15 mars 2004 encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics. 8L’article 1 de cette loi stipule Il est inséré, dans le code de l’éducation, après l’article L. 141-5, un article L. 141-5-1 ainsi rédigé Art. L. 141-5-1. - Dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit. Le règlement intérieur rappelle que la mise en œuvre d’une procédure disciplinaire est précédée d’un dialogue avec l’élève ». 9Alors que le principe de stricte neutralité religieuse, politique, commerciale s’applique aux agents du service public, afin de respecter une entière égalité entre tous les habitants de la France », cette loi applique cette neutralité aux élèves également. Une seule fois auparavant, sous le gouvernement de Léon Blum formé en 1936, une circulaire du ministre Jean Zay, dans le contexte d’affrontements violents entre lycéens appartenant aux ligues factieuses et aux partis du front populaire, avait recommandé une stricte neutralité politique aux élèves. Il est frappant de constater, d’autre part, que la loi du 15 mars 2004 n’a retenu qu’une seule des propositions de la commission Stasi chargée par le président de la République de contribuer à son élaboration. On se souvient que le rapport remis au président de la République le 11 décembre 2003 en comportait bien d’autres, comme, par exemple, faire des fêtes religieuses de Kippour et de l’Aïd el Kebir des jours fériés dans toutes les écoles de la République ». Ce choix exclusif d’interdire aux élèves la manifestation ostensible d’une appartenance religieuse, interdiction qui vise implicitement le port d’un voile par des élèves de confession musulmane, d’un turban par des élèves sikhs ou d’une kippa par des élèves de confession juive, ne renforce-t-il pas la lecture de cette loi comme procédant d’une interprétation religieuse de la laïcité ? 10En mars 2011, le ministre de l’Éducation nationale a formulé le souhait de voir ce principe appliqué également aux parents encadrant des sorties scolaires Il me semble nécessaire de rappeler que les parents qui accompagnent des élèves, inscrits dans une école ou un établissement scolaire publics, au cours d’activités ou de sorties scolaires, participent ce faisant à l’action éducative et plus généralement au service public de l’éducation. En faisant acte de candidature, ils sont amenés à participer directement au service public de l’éducation en se plaçant dans une situation comparable à celle des agents publics vis-à -vis des enfants qu’ils encadrent et acceptent donc de se soumettre aux principes fondamentaux de ce service public. 11On peut légitimement s’interroger, en tant qu’enseignant, personnel d’éducation ou de direction, sur le sens d’une telle mise en œuvre du principe de laïcité. À écouter certains raisonner par analogie – quand on rentre dans une mosquée, on doit enlever ses chaussures. De même, quand une élève rentre dans une classe, elle doit enlever son foulard » –, il semble bien que l’on assiste à une paradoxale sacralisation de la laïcité. Cette sacralisation est-elle compatible avec l’ambition du service public d’éducation d’être hospitalier à tous les enfants et ne risque-t-elle pas, comme le redoutait Condorcet, de repousser les enfants d’une partie des citoyens » Condorcet, 1792 ? Ne pourrait-on pas s’interroger sur la nécessité de laïciser la laïcité ? II. Identité nationale et christianisation de la laïcité ? 12Le thème de l’identité nationale a traversé l’actuel quinquennat du président de la République. Le discours que ce dernier a prononcé au Puy-en-Velay en mars 2011 éclaire nettement son point de vue. Saluant un formidable viaduc spirituel lancé vers le Ciel », il affirme Chartres, Amiens, Reims, Strasbourg, Paris, aucune de ces villes ne serait aujourd’hui ce qu’elle est aux yeux des Français et aux yeux du reste du monde sans ces cathédrales vers lesquelles convergent toujours fidèles et touristes […]. En disant cela, je ne fais que rappeler une évidence l’apport de la chrétienté à notre civilisation […]. La chrétienté nous a laissé un magnifique héritage de civilisation et de culture […]. Je ne fais pas de prosélytisme, je regarde simplement l’Histoire de notre pays […]. Ce baptistère serait donc l’exact contemporain du sacre de Clovis et donc de la naissance de la France. Ce n’est pas rien ! […] Construire l’Europe de demain, c’est au fond continuer à suivre le chemin tracé il y a plus de mille ans par les premiers pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle. N’étaient-ils pas les premiers européens, ces pèlerins-là ? […] Ils ne parlaient pas la même langue mais il partageaient la même foi ou en tout cas la même espérance […]. 13Et il conclut J’étais venu vous dire que la France a une identité dont elle peut être fière, mais ici, au Puy-en-Velay, peut être plus qu’ailleurs, il est évident que la France a aussi une âme. 1 Et non la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité HALDE – note du ré ... 14Ces propos trouvent leur préfiguration dans le rapport remis par le vice-président de l’Assemblée nationale, François Baroin, en mai 2003, au Premier ministre Pour une nouvelle laïcité. L’auteur y promeut une laïcité culturelle et identitaire », en observant que la laïcité est questionnée et contestée », écrit-il, en particulier dans le monde musulman » et par certaines populations immigrées, qui, issues d’une culture non laïque et non démocratique, ne perçoivent pas le sens de ce principe ».Comme le remarque Jean Baubérot dans une tribune parue dans Libération le 29 mars 2011, depuis 2007, c’est le haut Conseil à l’intégration HCI1 qui fait des propositions sur la laïcité. Cette dernière se réduit à être un passeport que de “nouveaux Français” devraient acquérir pour revêtir l’identité française. Les questions qui concernent l’ensemble des Français sont exfiltrées de la laïcité » Baubérot, 2011. Il note également que, dans le discours du Puy-en-Velay, le Président affirme qu’ il est dangereux d’amputer sa mémoire », alors que le passé national qu’il invoque fait silence sur les croisades, les guerres de religions, la révocation de l’Édit de Nantes, l’esclavage, la sujétion des musulmans dans l’empire colonial. L’identité nationale promue dans le discours du Puy serait donc pour Jean Baubérot une identité patrimoniale non conflictuelle imaginaire » Baubérot, 2011. 15Le lien établi entre laïcité et identité nationale fortement marquée par l’apport de la chrétienté l’âme de la France » se traduit par la persévérance à légiférer ou réglementer au nom de la laïcité en visant l’éradication de l’école, des services publics, voire de l’espace public de signes d’appartenance religieuse – et en se préoccupant principalement d’une religion. Cela ne constitue-t-il pas une sorte de renversement du principe de laïcité, principe politique établi pour bannir toute discrimination pour raison religieuse notamment ?Cette laïcité de contrainte exercée à l’égard d’une partie de la population n’aboutirait-elle pas à renforcer des réactions que nous observons chez certains de nos élèves français par leur état civil graffiti célébrant un autre pays, port de t-shirts affirmant une appartenance nationale autre, opposition dans le discours destiné aux adultes du vous » les Français, à l’identité nationale bien marquée par un refus d’hospitalité à certains à un nous » identitaire de relégation et de protestation ? 2 Ou encore du programme de terminale L qui inscrit, à partir de la rentrée 2012, l’étude des famille ... 3 Monsieur le ministre, nous ne pouvons accepter que l’école devienne un lieu de propagande, où l’a ... 16Ces questions se posent d’autant plus que la vigilance d’associations familiales chrétiennes à l’égard des programmes d’enseignement ne semble pas susciter la même réaction de sourcilleuse laïcité, comme on vient de le voir à l’occasion de la parution du nouveau programme de SVT qui aborde en classe de première la théorie des genres2. Elles dénoncent l’idéologie du genre au lycée » comme une attaque en règle contre la loi morale naturelle, rejetant toute signification anthropologique et éthique à la différence naturelle des sexes3 ». 4 Première des dix compétences à acquérir par les professeurs, documentalistes, conseillers principau ... 17Dans ces conditions, le moins que l’on puisse dire c’est que chaque enseignant, conseiller principal d’éducation, personnel de direction a légitimement de quoi s’interroger sur la manière d’agir conformément au principe de laïcité dans l’exercice quotidien de ses missions, pendant lequel il est censé mettre en œuvre les valeurs de la République » – en ayant, bien entendu, à cœur d’ agir en fonctionnaire de l’État et de manière éthique et responsable4 ». Cette question est d’autant plus épineuse qu’elle est pour ainsi dire à double fond, comme si les confusions entourant aujourd’hui le principe de laïcité confusions dont tout porte à croire qu’elles sont, ici ou là , très sciemment entretenues, et forment ainsi en elles-mêmes un sujet d’inquiétude politique mettaient, du même coup, violemment à nu l’indigence du cadre » institutionnel censé en guider l’inscription concrète dans les métiers de l’éducation et de la formation. C’est cette circularité délétère qu’on voudrait analyser maintenant. III. Tartuffe technocrate 18 Confusion », disions-nous si le mot nous semble approprié, c’est dans la mesure où il touche autant à la manière qu’à la matière. Les exemples sur lesquels les pages précédentes attirent l’attention ne laissent aucun doute là -dessus c’est au mépris de la laïcité qu’on prétend en célébrer les principes – tel celui de la neutralité de l’État vis-à -vis des cultes de tous les cultes. 19Qu’on en juge l’ affaire » des manuels de SVT de la classe de première poussant leur conformité avec les programmes officiels jusqu’à l’audace de mentionner la dimension culturellement construite de l’identité sexuelle ne s’est pas arrêtée à la lettre ouverte de Mme Boutin, sommant le ministre de l’Éducation nationale de sauver les adolescents du pays d’une prise d’otages » selon la rhétorique dont raffolent ceux qui n’ont vraisemblablement jamais été l’otage de qui que ce soit par des groupes minoritaires » que, pour le coup, on se garde de nommer. De fait, si, selon des déclarations rapportées par l’AFP le 31 août 2011, Luc Chatel s’est refusé à demander le retrait des manuels incriminés par quelque quatre-vingt députés UMP, ceux-ci auront eu au moins la satisfaction de voir Jean-François Copé soutenir publiquement leur cause. Le secrétaire général de l’UMP croit en effet savoir que la théorie du genre, qui selon lui est discutée par des personnes mais combattue par d’autres », n’est pas une vérité scientifique » et qu’à ce titre elle ne devrait pas être enseignée ». Disons-le on ne gaspillera pas du temps à demander quelle idée de la science on se fait ici pour que l’interlocution entre sciences humaines, sciences sociales et sciences de la vie soit inconcevable, et pour que débats et controverses semblent, contre la tradition même de la pensée scientifique, définir le contraire de la science. De toute façon, l’enjeu est ailleurs le recours indigent à un prétendu arbitrage scientifique masque mal le souci d’adresser, pour user d’un jargon aussi dominant que piteux, un signal fort » à une frange de l’électorat », représentée par le courant dit de la Droite populaire ». La manœuvre n’est guère nouvelle mais, en l’occurrence, elle se paye, intellectuellement et moralement, au prix fort le chef de file du parti présidentiel et, dans une moindre mesure, le ministre de l’Éducation nationale, qui, s’il a renoncé à interdire, a toutefois tenu à dire sa réserve », en des termes proches de ceux de M. Copé prend fait et cause, sous couvert de science, pour une définition prétendument naturelle » de l’identité sexuelle et, par là même, pour une soumission de l’information biologique à une représentation de l’homme et de la société dont les coordonnées religieuses n’échappent à personne. 20Bref, comme le résume Éric Fassin, l’aile la plus réactionnaire se fait bien entendre – non seulement dans les débats sur la nationalité, mais aussi en matière de sexe » Fassin, 2011. En sorte que l’ardeur avec laquelle ces voix se défendent de cautionner quelque conviction homophobe est à peu près aussi convaincante que le pathos avec lequel le président de la République se disait hier, à Latran, le défenseur de l’attachement des Français à la laïcité », et aujourd’hui, au Puy-en-Velay, le garant d’une République qui, mes chers compatriotes […] appartient […] à tous les citoyens sans distinction aucune ». 21De l’un à l’autre de ces discours, se confirme l’escroquerie intellectuelle baptisée laïcité positive » – et l’on gagne à se rappeler la réaction de Jean-Claude Monod aux glissements opérés par le discours présidentiel, publiée dans Le Monde en janvier 2008. Il y rappelait les traits fondamentaux de l’État laïque, défini par Ferdinand Buisson, dans l’article Laïcité » du Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire, comme neutre entre tous les cultes, indépendant de tous les clergés, dégagé de toute conception théologique » F. Buisson, cité par Monod, 2008. À partir de cette référence, l’auteur soulignait la duplicité d’une prétendue défense » de la laïcité consistant essentiellement à placer, dans le domaine de la transmission des valeurs morales, l’instituteur républicain au-dessous du prêtre et à célébrer la vertu théologale d’espérance en son acception religieuse, à laquelle il [Nicolas Sarkozy] confère une plus grande valeur qu’aux espérances séculières » Monod, 2008. Si cela caractérise une laïcité désormais affublée de l’épithète positive », autant dire que la consistance de celle-ci est, pour emprunter une expression d’Adorno, celle d’un concept mollusque » – et sa fonction purement stratégique on laisse croire que la conception de la laïcité historiquement repérée par la loi de 1905 serait, vis-à -vis des religions, négative » entendons hostile, répressive, alors que celle-ci, justement, est neutre et presque amicale » au sens où l’entendait Buisson. Posant le principe de l’égale liberté de conscience, elle garantit à toutes les religions le libre exercice du culte en même temps qu’elle défend le droit de chacun athée, agnostique, croyant de ne subir nul prosélytisme, que celui-ci émane de l’État ou des Églises Monod, 2008. Une fois l’art de la distorsion rétrospective poussé jusqu’à la falsification historique, ne devrait-on pas au moins cesser d’être hypocrite ? Telle était, en janvier 2008, la conclusion à laquelle parvenait Jean-Claude Monod et qu’on ne peut relire aujourd’hui sans en saluer, hélas, la dimension prophétique Plutôt que de prétendre réaliser une légère inflexion par rapport à la laïcité républicaine de 1905, à laquelle, entre deux piques, on rend un hommage bien formel tout en l’amputant d’un principe fondamental, le président et ses conseillers en la matière devraient dire franchement qu’ils abandonnent le principe républicain de la neutralité de l’État et de ses représentants, dans la sphère publique, en matière confessionnelle Monod, 2008. 5 Ibid. 22À la lumière de ces lignes, la trajectoire qui mène de Latran au Puy-en-Velay prendrait presque des allures de success story l’histoire d’un président qui s’est appliqué à maintenir, et à renforcer, le cap d’une expression décomplexée » de ses convictions là -dessus, il est vrai, la couleur fut maintes fois annoncée – La Princesse de Clèves en fit même deux fois les frais, avant et après l’élection de son contempteur. Là où celles-ci touchent à sa foi religieuse catholique, en l’occurrence, elles lui paraissaient déjà , en 2007, assez indiscutables pour mériter un régime de faveur saluant alors la récente loi de 2004 interdisant aux élèves le port de signes religieux ostensibles à l’école publique dite, par un raccourci éloquent, loi sur le voile », Nicolas Sarkozy ne ressentait, pour autant, nul embarras à manifester ostensiblement sa foi catholique dans un discours public », et ainsi à suggérer qu’une telle manifestation n’est pas incompatible avec la laïcité lorsqu’il s’agit du catholicisme du président, du moins, tandis qu’elle est inacceptable pour l’islam des lycéennes5 » Monod, 2008. En 2011, un débat sur la nationalité plus tard, on est indubitablement passé à la vitesse supérieure la foi du Président ne se contente plus de signaler l’excellence supposée d’un individu, elle exprime l’âme » même du pays, d’une France à laquelle participent, plus authentiquement que les autres citoyens, et au Puy-en-Velay plus qu’ailleurs », ceux qui inscrivent leurs pas dans ceux des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle ». Voilà de quoi liquider le principe de la liberté de conscience, condition de possibilité de l’espérance très séculière en l’établissement d’un monde commun celui qu’ont en partage, comme le rappelle l’étymologie du terme laïcité », les membres du laos – en grec, le peuple considéré dans sa plus grande extension, formant le but du gouvernement démocratique pour le peuple » quand bien même les acteurs du gouvernement par le peuple » forment le groupe restreint du demos. Sans doute l’histoire des formes de cette restriction est-elle celle d’une privatisation » de la sphère publique par des groupes ou castes déterminés – en sorte que la démocratie menace sans cesse de n’exister que sous la forme d’ États de droit oligarchiques », pour reprendre une formule de Jacques Rancière 2005, p. 81 sq.. C’est justement pourquoi la laïcité, pour autant que s’y attache la question d’une réconciliation du laos et du demos, comporte une affinité élective avec l’utopie l’espoir dans la possibilité d’un universel » qui, affranchi tant de l’indifférence aux différences » que de l’hypostase d’une différence et donc d’une identité particulière, s’accomplirait dans la conjonction des différences » Adorno, 1970, posth., p. 263. C’est bien d’un tel espoir que, en effaçant la complexité du rapport de la France à son héritage chrétien pour trouver dans celui-ci l’instrument d’une définition essentialiste du Français », on opère brutalement la négation – dans un tel contexte, l’expression identité nationale » ne dit rien d’autre. Comment s’étonner, dès lors, qu’aujourd’hui une représentante patentée de l’extrême droite ne manque nulle occasion de poser en Jeanne d’Arc de la laïcité ?Sans doute n’est-ce pas là la moindre des raisons pour lesquelles le libellé de la première des dix compétences à acquérir par les professeurs, documentalistes et conseillers principaux d’éducation pour l’exercice de leur métier » puisse paraître, aux yeux des concernés, au mieux futile, au pire cynique. Avant même la distribution, en connaissances », capacités » et attitudes », de contenus » dont la pleine maîtrise semble définir, au-delà du seul alignement européen des référentiels », quelque chose comme le nouvel idéal du moi de l’enseignant du XXIe siècle, le texte introductif, égrenant une litanie de qualités qui, ainsi aplaties par les constructions au présent de l’indicatif, n’en sont même plus, offre d’emblée quelques occasions de rire jaune. Ainsi Il [le professeur / le documentaliste / conseiller principal d’éducation] connaît et fait respecter les principes de la laïcité, notamment la neutralité ». Le lecteur a encore suffisamment en tête le parcours restitué ci-dessus – de Latran au Puy-en-Velay, en passant par les bureaux respectifs du secrétaire général de l’UMP et du ministre de l’Éducation nationale – pour que la citation de cette phrase se passe de longs commentaires. L’enseignant-modèle de l’arrêté de 2010 est soumis au même régime que les jeunes filles musulmanes dans le discours de 2007 du président de la République le régime du cela vaut pour vous, pas pour moi » – voilà tout. 6 Il y aurait certes à critiquer de façon détaillée l’emploi de ce terme, si lâche et irréfléchi qu’i ... 7 Parmi les nombreuses éditions de ce texte, on peut se reporter à la reproduction qui figure dans l’ ... 23En revanche, qu’on nous permette de mobiliser ici le souvenir d’une expérience de formation, qui nous semble de nature à prolonger l’analyse. L’anecdote – qui pourrait donc être un peu plus que cela – se situe dans le cadre suivant les cours rendus nécessaires par l’introduction, dans les concours de recrutement des enseignants, documentalistes et CPE, d’une épreuve relative, lors des oraux d’admission, à cette fameuse première compétence6 » la compétence éthique », selon la contraction qui s’impose couramment. S’efforçant d’en produire autant que possible une intelligence critique, au moyen notamment d’une mise en perspective philosophique et historique, on a pu, entre autres matériaux, proposer aux étudiants des extraits significatifs de la circulaire adressée aux instituteurs, le 17 novembre 1883, par Jules Ferry, alors ministre de l’Instruction publique – circulaire rendue fameuse sous la désignation de Lettre aux instituteurs ». Sans doute l’importance de ce texte tient-elle aux tensions qui le traversent celles-là mêmes auxquelles les instituteurs se trouvent confrontés depuis que la loi du 28 mars 1882 leur a enjoint de dispenser un enseignement moral et civique » en évitant cependant de tomber, ce faisant, dans l’enseignement de tout dogme particulier ». Comment faire ? Comment, autrement dit, concevoir et, surtout, mettre en pratique une instruction morale laïque – séparée de l’instruction religieuse et ayant sa valeur propre ? Tel est le point sur lequel Jules Ferry vient s’adresser non pas même, comme le suggère la formule passée à la postérité, aux instituteurs », mais bien à chaque instituteur Monsieur l’Instituteur […] » afin de dire pourquoi, selon lui, la tâche n’est ni au-dessus de vos forces ni au-dessous de votre estime7 ». Or, des propositions avancées à cette fin par Jules Ferry, celles formant le passage peut-être le plus célèbre de la lettre suscitent très souvent un fort intérêt de la part des étudiants. Ces lignes proposent, selon les termes de Jules Ferry, une règle pratique », et il faut prendre l’expression à la lettre ni simple rappel d’un principe, ni invitation aux accommodements empiriques, mais bien la recherche d’une articulation entre, pour le dire vite, la théorie et la pratique, la nécessaire référence à une normativité et, au-delà , à un ordre de valeurs et la prise en compte, non moins nécessaire, des conditions, inévitablement changeantes et singulières, de l’action. Le résultat prend la forme d’une maxime prudentielle, invitant l’enseignant à choisir les propos qu’il s’apprête à tenir devant ses élèves en fonction du souci de ne pas heurter les convictions de leurs familles. Lisant aujourd’hui, donc, ces recommandations-là , quelle est la réaction, fréquemment enregistrée, des étudiants ? Elle consiste à dire, en substance, qu’un tel propos est beaucoup plus proche d’eux, bien plus audible, bien plus pertinent que la somme d’énumérations proposées dans l’en-tête, puis dans les listes de connaissances, capacités, attitudes composant aujourd’hui l’énoncé de la première compétence » des professeurs, documentalistes et conseillers principaux d’éducation. 8 Lors de la dernière rentrée scolaire, le ministre de l’Éducation nationale s’en serait voulu de rat ... 9 Voir, à ce propos, les précisions données ici même par Yves Verneuil dans son article L’école e ... 10 Voir sur ce point, dans le présent volume, l’entretien avec François Dubet. 24Qu’on nous comprenne bien il n’est nullement question, ici, de faire entendre la rengaine du c’était mieux avant » – expression d’un néo-républicanisme » douteux, toujours prêt à fournir la rhétorique moraliste8 dont raffolent ceux qui, dans le même temps, ne dédaignent pas d’aligner l’école des compétences » sur le modèle d’une compétition brutale entre les individus – vae victis. Il ne s’agit pas non plus de disqualifier, unilatéralement, les contenus rangés aujourd’hui sous la rubrique Agir en fonctionnaire de l’État et de manière éthique et responsable ». Il n’y a, après tout, rien de condamnable à rappeler qu’un professeur doit connaître, par exemple les valeurs de la République et les textes qui les fondent » – mais cela ne désigne-t-il pas une exigence s’imposant en fin de compte à tout citoyen même, on est gêné de se sentir obligé de le rappeler, au vu d’événements évoqués ci-dessus, à celui d’entre eux qui se trouve en charge des plus hautes fonctions de l’État ? Inversement, on n’aura pas l’ingénuité d’ignorer les profondes ambivalences qui traversent le texte de Jules Ferry, et qui pour une part communiquent avec les aspects idéologiques les plus douteux de la IIIe République certes, Ferry assure aux destinataires de sa lettre qu’ils ne sont point les apôtres d’un nouvel évangile » – mais quand même », ne peut s’empêcher de murmurer le lecteur d’aujourd’hui, tant l’usage de la prétérition crible le texte d’emprunts au lexique religieux théologien », mission », apostolat », etc. ; surtout, la relative facilité avec laquelle, selon l’auteur, l’enseignant saura, en fin de compte, puiser dans les ressources d’une morale consensuelle, la bonne et antique morale de nos pères », expression, tout compte fait, de la sagesse du genre humain », recueil de ces idées d’ordre universel », trahissent évidemment une sorte de foi dans quelque chose comme un universel facile, peu enclin à réfléchir sur la particularité de sa genèse historique, et assez ignorant de ses taches aveugles pour justifier, dans l’esprit du même Jules Ferry, l’exportation coloniale de la civilisation ».Il reste pourtant que, encore négativement obnubilé par la figure cléricale du maître, l’auteur de la circulaire de novembre 1883 n’y cherche pas moins à dégager les traits fondamentaux, et la légitimité propre, de l’enseignant dans une école publique laïque. La neutralité de celui-ci procèdera donc justement, et d’abord, d’une neutralisation de la recherche des positions hiérarchiques au sein d’un improbable palmarès spirituel – celui-là même que, quelque cent vingt-cinq ans plus tard, un croyant décomplexé » devenu président de la République se pique de remettre au goût du jour. Il reste, également, que, si idéalisée soit-elle, la référence à une morale universelle » a guidé, et contribué à rendre effective certes non sans conflits, défiances ou anathèmes lancés de part et d’autre9 cette prudente neutralité laïque qu’attendaient de l’École des consciences athées, agnostiques ou même croyantes – mais, pour autant, pas moins méfiantes envers le prosélytisme de l’Église10. 11 Ou encore l’annexe du BOEN nº 29 du 22 juillet 2010. 25Par là s’entrevoit l’une des principales raisons de l’intérêt que les étudiants portent à cette lettre elle tient à la liaison étroite de la forme et du fond. Entendons précisément parce que non sans ambivalences, non sans de lourds présupposés idéologiques, au nombre desquels figurent en bonne place, outre ceux déjà mentionnés, les rapports de genre le principe de neutralité de l’enseignant est ici dégagé en réponse aux inquiétudes nourries par Monsieur l’instituteur », il est, et doit être, adressé à un sujet. Voilà ce que peuvent se dire, aujourd’hui, ceux qui, personnels d’éducation ou étudiants, et comme tels visés par le référentiel des dix compétences », ont l’occasion de placer celui-ci en face de la lettre de Jules Ferry du 17 novembre 1883. Pour peu qu’ils aient l’occasion d’y faire halte quelques instants et d’en appréhender le contenu, les étudiants deviennent, à leur tour, destinataires intempestifs de cette lettre. La postérité, pour le coup, ne s’y est pas trompée ; cette circulaire méritait bien le nom de lettre », désignation de ce qui s’y agitait vraiment une parole qui, en dépit de ses défauts, mais peut-être aussi en vertu de ceux-ci, délivre, comme dans une bouteille jetée à la mer, un message qui demande encore à être lu et interprété – quand, inversement, l’arrêté de mai 2010 11 portant définition des dix compétences que doivent acquérir, etc. » saura bien se contenter de sa dénomination administrative précisément parce qu’il ne s’adresse à personne. IV. Épilogue 2004-2011 – et après ? 12 Voir également, dans l’entretien cité à la note 10, les mises au point de François Dubet sur ces qu ... 26C’est ce que l’on appelle couramment un comble un texte qui, sans dédaigner l’emphase, proclame dans son intitulé l’injonction faite au fonctionnaire d’État de se conduire en sujet éthique et pour qui les sujets ou, pour le dire en termes plus sociologiques, les acteurs n’existent pas – sinon comme des êtres de papier. Car il n’y a ici que l’enseignant générique » – qui connaît » en vrac et de manière non exhaustive les valeurs de la République, les mécanismes économiques, la politique éducative de la France… ; qui est capable » de se situer dans la hiérarchie de l’institution scolaire, de participer à la vie de l’école ou de l’établissement, etc. ; ou encore que son souci d’ agir de manière éthique et responsable conduit à », par exemple, respecter les élèves et leurs parents ». Louable rappel, dont la crédibilité se heurte cependant au fait que, dans le même temps, ces élèves » et ces parents » ne sont tolérés, eux aussi, que comme de pures abstractions. Le père de famille » dont Jules Ferry pensait, non sans naïveté ou calcul, que, dans sa classe, l’instituteur était le suppléant », faisait probablement davantage l’objet de considération se soucier de ne pas choquer ses convictions enveloppait nécessairement l’idée de sa singularité quand bien même on ne doutait pas que celle-ci fût soluble sans reste dans une morale opportunément universelle ». Et sans doute est-ce par là que le discours de Jules Ferry reste tourné vers nous c’est précisément parce que l’univocité supposée, voire rêvée du père de famille » a laissé place à l’irréductible diversité des familles que l’invitation au tact formulée en 1883 gagne aujourd’hui une actualité d’autant plus forte qu’elle est celle de la complexité d’une société pluriculturelle – mais aussi d’une société concurrentielle, au sein de laquelle l’école a acquis un poids extraordinaire dans le destin des individus. Tous les parents le savent, sans doute, mais tous ne savent pas comment dire aux enseignants les espoirs qu’ils placent dans l’école – même, et peut-être surtout, lorsque leurs enfants, pour des raisons multiples, revendiquent sur un mode ethnicisé » ou racialisé » l’expérience négative qu’ils font de l’univers scolaire et, au-delà , du monde social en général c’est-à -dire, aussi, d’eux-mêmes, jusqu’à produire, à l’avenant, des anathèmes, des stigmatisations, voire des violences inadmissibles au regard du projet d’institution d’un monde commun12. Quoi qu’il en soit, ce que savent les enseignants, et ce qu’attestent les inventions, précaires mais essentielles, dont ils font montre au quotidien notamment dans le domaine de la relation famille / école, c’est que rien n’est possible si, quel que soit le respect » déclaré, on considère l’autre comme l’échantillon représentatif d’une culture » ou d’une communauté » supposées uniformes, au lieu de s’adresser à un individu. Autrement dit au lieu de défendre le droit, pour chacun, de ne pas se laisser définir par ses origines, le droit de ne pas coïncider avec la somme des déterminations familiales, culturelles, sociales dans lesquelles il est d’abord nécessairement pris. N’est-ce pas là précisément la signification majeure de la liberté de conscience – et par là du principe même de laïcité ? 13 Qu’on pense par exemple à des textes importants de Catherine Kintzler, comme La République en quest ... 14 En opposition, d’ailleurs, aux avis rendus par la cour de cassation. Le cycle jurisprudentiel des a ... 15 À vrai dire, la réponse à une telle question engage une prise de position quant aux ambivalences du ... 16 Comme l’a bien rappelé Jean Baubérot Une scolarité plus longue, un âge de mariage plus tardif, ... 27C’est même là , au vrai, que réside un des arguments les plus forts de ceux qui, dès les années 1990, soulignant que les mineurs ne sont pas encore en pleine possession des aptitudes intellectuelles et psychologiques nécessaires à l’exercice du libre examen13, ont été partisans d’une interdiction stricte du port de signes religieux à l’école14. Certes, après que, en 2004, une loi a statué en ce sens, faisant ainsi porter l’interdiction non plus seulement sur le port ostentatoire de signes religieux comme le préconisait la circulaire Bayrou du 20 septembre 1994 mais sur le port de signes religieux ostensibles, la contradiction guettant cette argumentation apparaît nécessairement c’est que, comme l’écrit Jean-Claude Monod, est prônée, en dernière instance, l’exclusion, hors de ce lieu d’émancipation [l’école publique], des mineurs qu’il s’agirait d’émanciper » Monod, 2007, p. 131. La contradiction touche bien à la chose même » l’attachement, constitutif de la laïcité, à l’autonomie du sujet. Que les conditions intellectuelles, psychologiques, voire morales de celle-ci ne soient encore qu’ébauchées chez les individus mineurs, on l’admettra aisément. Mais cela même suppose qu’il existe déjà quelque chose comme un sujet capable de recevoir les contenus qui précisément doivent lui permettre de former de telles aptitudes – et par là de transformer le regard qu’il porte sur les conduites, pratiques et convictions dont il a d’abord hérité. Or c’est bien, en fin de compte, la possibilité d’une telle dynamique, certes nullement garantie ni quant à son déclenchement, ni quant à son issue décrète-t-on l’ émancipation » d’autrui15 ? qu’efface le glissement du curseur, en matière d’interdiction, de l’ostentatoire à l’ostensible. Jean Baubérot, membre de la commission Stasi, a bien relevé ce point lorsqu’il s’est expliqué sur son refus de voter la proposition qui devait devenir le contenu essentiel de la loi du 15 mars 2004 interdire, sous peine d’exclusion, le port de signes religieux ostensibles à l’école, c’est en réalité fixer a priori leur sens, et du même coup nier la pluralité de significations dont les porteurs » sont susceptibles de les investir. Ostensible », un signe religieux ne sera donc jamais, à la lettre, inoffensif, mais signifiera toujours l’intention d’offenser – mais si la volonté de montrer un signe en vue de provoquer, voire de nuire à autrui est ainsi littéralement pré-jugée, quelle consistance une distinction comme celle de l’ostensible et de l’ostentatoire peut-elle encore détenir ? Qu’est-ce donc que cette volonté de personne ? À cet égard, le fait que la loi encadrant le port des signes religieux à l’école ait été si rapidement connue sous le nom de loi sur le voile » délivre sa troublante vérité les jeunes filles musulmanes, qu’on dit tant vouloir émanciper, ne sauraient être des sujets et dans ce présupposé se répète la logique même de la domination, en particulier de la domination masculine, qu’on prétend combattre. Elles sont, semble-t-il, destinées à être moins au fait des intentions » qu’elles attachent ou non à leur manière de se vêtir que, manifestement ostensiblement ?, le sont ceux qui savent fixer une fois pour toutes la signification de leur tenue. En fin de compte, les voilà définies par cette rareté un signe clos sur lui-même, dont le sens ne s’établit guère par le rapport avec d’autres signes – c’est-à -dire des attitudes, des comportements, bref, des interactions infiniment diverses dans le jeu desquelles il nous semble quand même un peu téméraire ou malhonnête de ne pas lire aussi des signes » d’émancipation16. 28Aussi, et non pas, certes, seulement l’angélisme n’est pas de mise, et il n’est nullement question d’admettre que, portant ou non, d’ailleurs, des signes religieux ostensibles », des élèves, au nom de leurs convictions et, soit dit en passant, pourquoi ne pas avoir également légiféré sur le port ostensible de signes non religieux ?, enfreignent les règlements intérieurs des écoles ou des établissements, violentent moralement ou physiquement des camarades, voire des personnels, ou encore refusent de suivre certains enseignements. Notre propos est autrement prudent il ne vise qu’à établir les coordonnées conceptuelles d’un problème, tel qu’il commande, par excellence, le sens et la fonction que la loi de 2004 accorde à une mise en œuvre [qui] passe d’abord par le dialogue » circulaire du 18 mai 2004 relative à la mise en œuvre de la loi nº 2004-228 du 15 mars 2004, section III. Ce problème, on peut tenter de le formuler en ces termes si le texte précise que l’exclusion ne doit avoir lieu qu’en dernier recours, et par conséquent préconise le dialogue avec l’élève, il verrouille nécessairement l’objet de ce dialogue même. Car l’échange ne se déroulera jamais que sur le fond d’un présupposé indiscutable la signification du signe religieux ostensible » est le prosélytisme ; on cherchera donc à convaincre avec pédagogie », en sollicitant la médiation de l’équipe pédagogique ou éducative, etc. l’élève de retirer le signe incriminé – mais jamais à discuter du sens que, dans l’espace de ses interactions avec les élèves et adultes qui l’entourent, il ou elle lui est cependant remarquable – et c’est pourquoi il s’agit rigoureusement, ici, d’un problème – que le texte de cette même loi de 2004 signale par endroits des réserves quant à sa propre logique comme en témoignent aussi, du reste, les préconisations du rapport Stasi qui n’ont finalement pas été retenues. Si le terme ostensible » possède encore un minimum de sens, alors il s’oppose à discret ». Mais l’opposition entre signes ostensibles et signes discrets à laquelle il faut alors faire droit de manière plus ou moins explicite trahit précisément le fait qu’il était impossible de dissimuler tout à fait le coup de force sémantique par lequel on a identifié l’ostensible à l’ostentatoire. Car l’ostentation n’a en fin de compte de sens qu’à traduire la manière dont un individu choisit non pas seulement une tenue, mais se choisit lui-même dans le réseau de ses conduites – lesquelles sont en effet susceptibles de conférer à son apparence vestimentaire telle ou telle signification. Comment, dès lors, ne pas accorder que, même discret, un signe religieux et, encore une fois, pourquoi seulement religieux » ?, peut se révéler, selon la manière dont l’individu s’y rapporte, dérangeant ? Quand vient le moment de décrire précisément le Champ d’application de la loi », c’est bien ce que la rédaction, quelque peu contournée, enregistre de façon symptomale La loi ne remet pas en cause le droit des élèves de porter des signes religieux discrets. […] En revanche, la loi interdit à un élève de se prévaloir du caractère religieux qu’il y attacherait, par exemple, pour refuser de se conformer aux règles applicables à la tenue des élèves dans l’établissement circulaire du 18 mai 2004, section II, § 17 C’est là un point que Jean-Claude Monod a très précisément cerné La décision d’interdire les “s ... 29De manière analogue, le texte admettait que les intervenants occasionnels dont, bien entendu, les parents ne soient pas soumis à l’interdiction du port de tout signe religieux, même discret, qui s’impose aux agents du service public d’éducation. Si problème » il y a, donc, dans ce texte, si la rédaction de celui-ci fait parfois symptôme », cela reste précisément à mettre à son crédit la persistance de l’ambiguïté est la trace de l’attention que, des débats menés au sein de la commission Stasi jusqu’à l’élaboration de la loi, on prêta malgré tout à la complexité des choses17. Considérée dans cette perspective, la législation de 2004 fournit un repère à partir duquel on peut faire apparaître le sens des évolutions qui ont eu lieu jusqu’aujourd’hui. Dire que ce sens est celui d’un abaissement intellectuel n’est pas trop fort. 30Expliquons-nous. Pour autant que l’on puisse s’approprier de manière féconde un intitulé comme Agir en fonctionnaire de l’État et de manière éthique et responsable », c’est dans la mesure où l’on identifiera, dans la répétition de la conjonction et », la possibilité insistante de la disjonction celle, précisément, qui peut toujours survenir entre l’adhésion sincère des acteurs ici les personnels d’éducation aux valeurs et aux principes républicains qui fondent leur engagement professionnel et la reconnaissance du fait que, au sein des situations concrètes les plus diverses, ces références-là ne suffisent pas à déterminer la règle de leur pratique. Là commence, si l’on veut, l’ éthique » lorsque, au sein d’interactions complexes, c’est l’attachement même à nos exigences morales qui nous fait éprouver les limites de notre maîtrise, et que l’essentiel tient alors à des choix toujours risqués, mettant notre sagacité herméneutique » selon un mot d’Eirick Prairat au service d’une action dont nous voulons en effet, tant au plan de ses principes qu’au regard de ses conséquences, pouvoir répondre sans jamais en être pleinement assurés le sentiment d’être responsable » n’indique pas autre chose. 31On comprend alors que, confrontés à la difficulté de la tâche, étudiants et enseignants puissent parfois rester, disons, interdits devant la rédaction de la compétence 1 », mélange inédit dans sa forme du moins de rhétorique administrative et de bonnes intentions – quelque chose comme une variante bureaucratique de ce que Jacques Roubaud nomma un jour la langue Muesli ». En l’occurrence, le scepticisme constitue encore le meilleur hommage à rendre aux valeurs que, célébrant les noces du républicanisme bon teint et de la platitude techniciste, un tel jargon défigure. Il y va à la fois d’un réflexe de protection et d’une forme de résistance opposés à l’agression que représentent, désormais, des injonctions si troubles et contradictoires que ceux qui les reçoivent se demandent comment, et combien de temps, ils pourront les supporter sans rompre. Entendons sans rester béants, étourdis par la honte de se sentir inexorablement enrôlés au service d’une option politique déterminée. Respecter les familles », nous assène-t-on. Certes. Mais qu’est-ce que cela signifie lorsque le parti présidentiel, suivi en cela, on l’a vu, par le ministre de l’Éducation nationale, propose, en vue de réaffirmer le principe de laïcité dans le cadre des services publics », d’interdire désormais aux femmes portant un foulard d’accompagner la classe de manière occasionnelle ou régulière, ou encore de participer à divers conseils et réunions d’école ou d’établissement ? Pourquoi, il est vrai, attendre d’elles qu’elles puissent ne pas être une menace pour la laïcité puisque, se plaçant explicitement dans la lignée du rapport Baroin de 2003, celui de 2011 a retenu, n’est-ce pas, qu’il n’y a pas d’individus musulmans, seulement des échantillons de certaines populations immigrées » qui, en particulier dans le monde musulman », sont issues d’une culture non laïque et non démocratique » et ne sauraient, dès lors, [percevoir] le sens [du] principe de laïcité ». Assurément, les parlementaires UMP qui intitulent très sérieusement leur rapport Laïcité. Pour mieux vivre ensemble et, pour faire bonne mesure, le placent sous l’égide du pacte républicain » s’emploient sans trêve ni repos à réaliser cette vision fort inspirée d’une laïcité culturelle et identitaire » qui, étayée par des considérations socio-anthropologiques de haut vol sur la culture musulmane », faisait le sel inimitable du moins osait-on l’espérer de la prose de M. Baroin. In fine, le tout donne la recette de l’abêtissement en politique d’un côté, là où il faudrait penser à partir d’eux, de leurs expériences, de leurs inventions, de leurs incertitudes aussi, les individus sont effacés derrière la référence incantatoire aux cultures » et aux communautés » ou déniés les personnels d’éducation, comme au reste bien des acteurs des milieux de la santé, de la culture, du travail social, entendent d’autant plus résonner les appels à la responsabilité » que le cadre normatif censé guider leur action se disloque, les laissant assujettis à des accès d’anxiété, sinon de mépris de soi, confinant parfois à la pathologie. De l’autre, quelque individu dont les hautes charges impliquent pourtant un souci exemplaire de l’intérêt général se complaît dans l’hypertrophie de la subjectivité. Un président de la République qui, en octroyant un statut d’exception à la chrétienté » dans la détermination de l’identité de la France », affirme le principe de ce fractionnement communautaire de la société qu’il affecte cependant de dénoncer, celui-là ne se contente pas de déduire la physionomie de la sphère publique de ses préférences confessionnelles ce faisant, il va jusqu’à récuser l’attachement à la préséance du bien de l’état sur le sien propre – cette vertu dont Montesquieu a dit combien elle est indispensable au gouvernement républicain Montesquieu, 1979 [1748], p. 143 sq..Aussi devient-il impossible, aux yeux du fonctionnaire de l’État » qui, sachant l’importance d’un tel principe, en reconnaît une traduction précieuse dans la neutralité laïque, d’esquiver ce constat Agir de manière éthique et responsable » constitue la formule d’une ambition bien intrépide à une époque où, dans les allées du pouvoir et jusque sous les ors de la République, on ne recule guère devant les conduites partiales et irresponsables. Elèves institutrices dans la salle d’étude de l’Ecole normale Eckmühl, Oran, 1940 archives familiales de Gilles Moutot.Peu de temps après que cette photographie a été prise, les deux jeunes filles assises au premier plan furent victimes de la politique d’exclusion menée par le régime de Vichy à l’encontre des Juifs. Grâce au soutien de la directrice de l’Ecole, Mme Tubiana, et aux contributions matérielles de quelques familles de pensionnaires, elles purent néanmoins poursuivre leur scolarité pendant quelques mois – avant que l’Etat français ne procède, à partir du 1er octobre 1941, à la fermeture des Ecoles normales.
Après quatre mois d'un travail mêlant harmonieusement danse, art pictural, littérature, musique et histoire, les 162 élèves des classes pré-school à partir de 3 ans, primaire et Ulis de l'ensemble scolaire Saint-Régis\Saint-Michel étaient fiers de présenter leur spectacle, aboutissement d'un projet pédagogique original. Comme l'expliquait la directrice, Aurélie Alcaraz, dans son propos d'accueil, tout est parti de la découverte par les élèves de l'exposition Picasso venue enchanter les salles de l'Hôtel-Dieu il y a quelques mois. La curiosité et l'enthousiasme suscités chez les enfants ont fait germer au sein de l'équipe enseignante ce projet de mise en vie » de tableaux de grands peintres, spontanément soutenu par l'Ogec, la Direction diocésaine, la Ville du Puy - Michel Chapuis, Catherine Chalaye et Pierre Robert assistaient au spectacle -, sans oublier la précieuse association des parents d'élèves talentueusement investie dans la réalisation des costumes. » Les enfants, sensibilisés en classe aux créations de nombreux artistes, ont arrêté leur choix sur six peintres aussi emblématiques et éclectiques que sont Picasso, Paul Klee, Miro, Piet Mondrian, Andy Warhol et Eugène Delacroix. Après une réflexion collégiale transcrite dans le projet global, les enseignants ont su conjuguer harmonieusement la thématique et les disciplines enseignées chaque tableau a fait l'objet d'acquisition de connaissances et d'échanges lors des cours de français, histoire, arts plastiques, culture musicale et expression corporelle. Pour que la mise en scène soit parfaite, il a été fait appel à Alice Burlet, professeur chorégraphe de danse classique, jazz et contemporaine, spécialisée dans le milieu scolaire. Chaque chorégraphie, précédée d'un court exposé rédigé et présenté par les élèves situait l'œuvre dans son contexte historique et artistique et, à peine le rideau levé plongeait le spectateur au cœur de la peinture, les couleurs des costumes et des accessoires ainsi que les postures se fondant dans celles du tableau original, projeté en arrière-plan du décor… Recevez par mail notre newsletter loisirs et retrouvez les idées de sorties et d'activités dans votre région. L'émerveillement visuel allait de pair avec le plaisir de l'oreille, servi par un accompagnement musical pleinement en phase avec l'ensemble extraits de Carmen pour La corrida de Picasso, Petite musique de nuit de Mozart autour du Senecio de Paul Klee… Par leurs applaudissements nourris, les 400 spectateurs ont remercié les enfants et l'équipe enseignante pour ce voyage de rêve aux frontières d'un imaginaire où les tableaux apprennent à danser !
Situation géographique en savoir plus Situé au sud-est du Massif - Central, le Collège St Régis – St Michel se trouve dans le bassin du Puy–en–Velay, point de départ du chemin vers St Jacques de Compostelle en Espagne. Implanté dans un secteur sauvegardé de 35 hectares où sont protégés les éléments architecturaux des anciennes demeures de la haute – ville et où les rénovations de quartiers entiers sont fréquentes, notre établissement scolaire se trouve à quelques pas de la cathédrale inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Fière de son passé, la ville du Puy, préfecture de la Haute – Loire, compte, avec son agglomération, 60 000 habitants. De par sa position, elle est un carrefour commercial, administratif, culturel, sportif et scolaire. Le Collège St Régis – St Michel est un établissement privé catholique sous contrat d’association avec l’Etat. Reconnu par l’Eglise, il contribue à sa mission éducative; associé à l’Etat, il est aussi et simultanément au service de la Nation. Comme son nom composé le laisse penser, le Collège St Régis – St Michel est issu de la fusion de 2 établissements possédant chacun son histoire. Ecole St Régis, qui es-tu ? L’Ecole St Régis se dresse sur les flancs du Mont Anis depuis 1914, date à laquelle elle fut construite sur une partie des terrains de l’ancien couvent de La Visitation. Ces terrains avaient été achetés par Mme Fay, mère de l’ancien adjoint au maire du Puy, et par Mme Vialet, mère de l’entrepreneur de maçonnerie dont cette construction fut l’une des premières. La société immobilière alors constituée fit édifier une école populaire gratuite pour laquelle Monseigneur Boutry, évêque du Puy, fit appel aux religieuses de Ste Croix. Placée sous le vocable de saint Régis 1597 – 1640, apôtre du Velay et du Vivarais qui avait eu le souci des plus pauvres, l’école ouvrit ses portes en janvier 1915 pour accueillir, en mai, 90 enfants. Le nombre d’élèves ne cessait d’augmenter et l’école devenait bientôt cours complémentaire école et collège ; en 1951, les cours secondaires lycée étaient reconnus et habilités à recevoir des élèves titulaires de bourses nationales. Les locaux du 2, Rue Abbé-de-L’Epée étant insuffisants, d’autres bâtiments devenaient nécessaires pour recevoir tous les élèves dans de bonnes conditions, tant au niveau de la pédagogie que de leur sécurité. Ainsi, l’établissement acquit, en 1961 et en 1971, les 24 et 26 Rue Cardinal de Polignac bâtiment des 6ème et de l’Internat. En 1967, les anciennes Archives Départementales furent occupées après d’importants travaux Bâtiment Lycée. En 1978, le bâtiment Place St Pierre Latour fut mis à la disposition de l’établissement par l’Association de l’Ange Gardien. Il s’agit du bâtiment qui dispose de la plus longue histoire parmi tous ceux de l’ensemble scolaire. D’abord abbaye de 876 à la Révolution, il deviendra la propriété des Dames de la Miséricorde en 1842. Laïques, appartenant pour la plupart à la Noblesse ou à la Bourgeoisie, elles consacraient leur temps à soulager les nécessiteux ». Elles rattachaient leur oeuvre à saint Régis, qu’elles considéraient volontiers comme leur patron et fondateur. Vers 1636, saint Régis avaient en effet sollicité des dames qui s’occupaient des pauvres. En 1843, les Dames de la Miséricorde –issue de l’Oeuvre de Charité dite du Bouillon, fondée au XVIème siècle - fondèrent un orphelinat où l’enseignement scolaire était donné sur place. La première institutrice venait de l’Ange, maison située Rue Vanneau et accueillant des sourds et muets, d’où le nom donné au bâtiment de la Place St Pierre Latour. En 1920, l’orphelinat fut confié aux Sœurs de Ste Croix tout en restant sous la responsabilité des Dames de la Miséricorde. Il sera fermé en 1977. Après avoir abrité des classes, le restaurant-self fut implanté dans le Bâtiment de l’Ange Gardien en 1994. En 1981, le gymnase de la Place St Pierre Latour fut aménagé. La première directrice fut Melle Chapuis, de 1915 à 1929. Lui succéda Melle Pestre, de 1929 à 1951. Melle Reynaud Sœur Marie Noël prit ensuite la direction de l’établissement avec Melle Delorme Sœur Aimée comme directrice adjointe, de 1951 à 1963, puis Melle Lyotard Sœur Marie de Gonzague, de 1963 à 1987. Ecole St Michel, qui es-tu ? Au début du 18ème siècle, plusieurs tentatives eurent lieu pour confier les garçons du Puy aux Frères de Ecoles Chrétiennes, auprès de St Jean-Baptiste de la Salle leur fondateur 1681. Elles furent l’initiative des Sulpiciens du Grand Séminaire et de Monseigneur de la Roche-Aymon. Ce fut probablement vers 1734 qu’ils arrivèrent au Puy. Ils logèrent dans différents quartiers de la ville. A partir de 1738, Madame Pinot envisagea de leur céder sa maison de Gouteyron, aujourd’hui Place Monseigneur de Galard, face à l’Hotel du Département. Les Frères des Ecoles Chrétiennes prirent possession de Gouteyron du 24 avril 1744 au 6 avril 1792. Au lendemain de la Révolution, à la demande du Préfet, des curés de la ville, du curé de Notre- Dame et du Vicaire Général, les Frères des Ecoles Chrétiennes reviennent à Gouteyron, et ce jusqu’en 1888. C’est de Gouteyron qu’ils dirigeaient diverses écoles dont celle du Bessat. Après la loi du 30 octobre 1886 interdisant aux congréganistes l’enseignement public, ils sont obligés de trouver un nouveau site la propriété de Madame Celle et de Mademoiselle Lacombe sa sœur est alors achetée par M. de Causans au nom de la Société Civile Immobilière d’Education Chrétienne. En 1888, 300 élèves rejoignirent les Frères des Ecoles Chrétiennes dans leur nouvelle école sauf 3 qui restèrent à Gouteyron, laïcisé. On prit le nom de St Michel en souvenir de Gouteyron face au fameux Rocher d’Aiguilhe sur lequel repose la Chapelle St Michel. En 1939, on ajouta à l’école un cours complémentaire » qui devint collège avec la réforme Haby de 1975. A la suite des projets de Carte Scolaire sur Le Puy, l’Ecole St Michel se rapproche de l’Ecole St Régis en septembre 1972 et le Collège en septembre 1974. Il ne s’agissait pas encore de fusion administrative mais de mise en commun d’effectifs au moment de la mixité. L’influence de cet ensemble scolaire auprès des classes populaires de la ville du Puy fut renforcée par le patronage de Gouteyron fondé en 1884 et dont le siège était à St Valère puis transféré à St Michel en 1888. De 1918 à 1961, Le Frère Lahondès fonde au sein de ce patronage une section de préparation militaire, de musique, de football, un groupe de théâtre…M. Pébellier, député-maire du Puy, dira vers 1961, que St Michel a contribué largement à garder au Puy son caractère de ville chrétienne et mariale. M. Assezat fut Directeur du collège St Régis St Michel de 1987 à 2013 Le Collège St Régis – St Michel M. Emmanuel Belledent est Directeur du Collège St Régis – St Michel. Il a pris la direction de l’établissement en 2013. Il est l’inspirateur du projet d’établissement actuel, qui s’insère dans la tradition des fondateurs. Il vous présente l'Etablissement au travers du diaporama du Centenaire. Voir le diaporama Le jeudi 8 octobre 2020, les Religieuses de Ste Croix - Jésus Serviteur ont fait dévolution de Tutelle à Don Bosco Don Bosco Aujourd'hui - Actualité La dévolution de Tutelle du 8 octobre en images Découvrir saint Jean Bosco