Catalogue- BibliothĂšque Sonore de Fresnes. download Plainte . Transcription . Catalogue - BibliothĂšque Sonore de Fresnes Commeun vol de gerfauts hors du charnier natal, FatiguĂ©s de porter leurs misĂšres hautaines, De Palos de Moguer, routiers et capitaines Partaient, ivres d’un rĂȘve hĂ©roĂŻque et brutal. Enpure prose, mais discursive, du « gerfaut » que hors du charnier natal rassure, Ă  dĂ©faut de fondre « sur l’infortunĂ© rongeur [] repĂ©rĂ© Ă  un mouvement suspect, une sorte de frĂ©missement du tapis de feuilles mortes qu’il survolait », de « prĂ©senter au contrĂŽleur d’un train qui va par les [mĂȘmes] vastes plaines un billet dĂ»ment compostĂ© », un tissu tour Ă  tour Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal "(JosĂ© Maria-de-HĂ©rĂ©dia).Un peu de poĂ©sie dans ce monde de brutes RĂ©pondre TRUITE66 Il y a 1 annĂ©e Le 28/03/2019 Ă  09:23 Signaler un abus Le 1er site d’information sur l’actualitĂ©. Retrouvez ici une archive du 03 janvier 1983 sur le sujet Comme un vol de gerfauts Fraiscomme des gardons sortis du ru, les garçons - ça, ça fait remarque de mijaurĂ©e Ă  la coule ; en mieux. Boaaf. Et pour une derniĂšre sortie d'essai hors du, gn a, gna, gna : Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal, fatiguĂ©s de porter leurs misĂšres hautaines, De Palos de Moguer, routiers et capitaines Partaient, ivres d'un rĂȘve hĂ©roĂŻque et brutal. Ils allaient conquĂ©rir Lhorlogerie est en train de quitter les rivages du fabuleux Eldorado exotique qu’elle avait su se construire au cours du dernier quart de siĂšcle. C’était la terre promise. Il faut maintenant revenir ï»żCommeun vol de gerfauts hors du charnier natal, - FatiguĂ©s de porter leurs misĂšres hautaines, - De Palos de Moguer, routiers et capitaines - Partaient, ivres d'un rĂȘve hĂ©roĂŻque et brutal. Les TrophĂ©es (1893), Les conquĂ©rants de Commeun vol de gerfauts hors du charnier natal, FatiguĂ©s de porter leurs misĂšres hautaines, De Palos de Moguer, routiers et capitaines Partaient, ivres d'un rĂȘve hĂ©roĂŻque et brutal. Ils allaient conquĂ©rir le fabuleux mĂ©tal Que Cipango mĂ»rit dans ses mines lointaines, Et les vents alizĂ©s inclinaient leurs antennes Aux bords mystĂ©rieux du monde Occidental. Chaque soir, espĂ©rant Commeun vol de gerfauts hors du charnier natal Nous partons ivres d’un rĂȘve hĂ©roĂŻque et brutal EspĂ©rant des lendemains Ă©piques Un avenir glorieux et magique Souhaitant que le fruit de nos efforts fournis Jour et nuit, nous mĂšnera vers le bonheur fleuri Aujourd’hui, ici rassemblĂ©s auprĂšs des jurys, Nous prions dieu que cette soutenance Fera signe de persĂ©vĂ©rance Et que nous iJudRw. Mis Ă  jour mardi 26 octobre 2021 1627 Écrit par ArkĂ©oTopia Imprimer E-mail Afin de faciliter l’accĂšs Ă  des poĂšmes traitant des diffĂ©rentes pĂ©riodes de la prĂ©histoire et de l’histoire, la bande Ă  Augustin a Ă©tabli une brĂšve sĂ©lection allant du prĂ©-palĂ©olithique Ă  la pĂ©riode contemporaine. De quoi alimenter les cours de poĂ©sie pour les jeunes de 6 Ă  11 ans ou de se faire plaisir entre amis. PoĂ©sies sur la prĂ©histoire et l’histoire Les poĂšmes qui suivent ont Ă©tĂ© choisis selon quatre critĂšres leur relation avec l’archĂ©ologie, c’est-Ă -dire avec les compĂ©tences techniques de l’ĂȘtre humain Ă  travers le temps, leur relation avec une pĂ©riode dĂ©finie du temps recouvrant autant la prĂ©histoire que l’histoire, leur justesse scientifique c’est-Ă -dire du point de vue archĂ©ologique dans la limite de nos connaissances actuelles, leur accessibilitĂ© pour des jeunes d’aujourd’hui. Le public ciblĂ© concerne les professeurs des Ă©coles enseignant en fin de cycle 1 CP, de cycle 2 CE1-CE2 et en cycle 3 CM1, CM2 et 6e ainsi que les passionnĂ©s d’archĂ©ologie et de poĂ©sie quel que soit leur poĂšmes sĂ©lectionnĂ©s peuvent ĂȘtre utilisĂ©s en cours de poĂ©sie, mais Ă©galement en relation avec les cours de science pour l’Histoire, la gĂ©ographie et la dĂ©marche d’investigation ainsi que pour l’enseignement du numĂ©rique et des arts visuels en plus du français lexique. Une diversitĂ© de styles poĂ©tiques est recherchĂ©e avec alexandrins, sonnets, haĂŻkus, vers libres, etc. Les auteurs peuvent ĂȘtre de grands classiques comme des auteurs contemporains voire des jeunes ayant rĂ©alisĂ© une production dans le cadre d'un cours Ă  l'Ă©cole ou au collĂšge. Sommaire La prĂ©histoire PrĂ©-PalĂ©olithique PalĂ©olithique MĂ©solithique NĂ©olithique L'histoire AntiquitĂ© Moyen Âge PĂ©riode Moderne PĂ©riode Contemporaine La prĂ©histoire du PrĂ©-PalĂ©olithique au NĂ©olithique Rares sont les poĂšmes prĂ©sentant les diffĂ©rentes pĂ©riodes de la PrĂ©histoire. En voici un. Histoire de la PrĂ©histoire Comme un tout jeune enfant,Qui fait ses premiers pas,Au PrĂ©-PalĂ©olithique, tu te fier de toi, encore poursuivant,Tu dĂ©couvres le feu et tout en finesse,Au PalĂ©olithique, tu es un expert du de pertes de matiĂšre, il faut d'intelligence, tu vas MĂ©solithique, c'est la gloire des nous sommes, nous voilĂ  dĂ©jĂ  cosmopolites,Animaux et plantes sont NĂ©olithique, nous devenons Gransard-Desmond 1975- / CC BY NC SA, FĂ©vrier 2020 PrĂ©-PalĂ©olithique Faire du feu Prendre deux silex, Ce n’est pas le bon rĂ©flexe. Prendre un champignon ! On commence Ă  ĂȘtre bon. On tape sur une pyrite Ca fait l'effet d'une dynamite. VoilĂ  une belle Ă©tincelle ! Ajouter des brindilles pĂȘle-mĂȘle, On obtient un grand feu Qui fera des envieux !AurĂ©lie Pettoello, extrait de Comptines prĂ©historiques, Édition L'hydre jeunesse, mai 2008Avec l'aimable autorisation de l'auteurPoĂšme adaptĂ© Ă  des enfants de Cycle 2 CP-CE1-CE2 Retour au sommaire PalĂ©olithique Les Cro-Magnon L'un derriĂšre l'autre nous la recherche des lancerons les pierres qui tuentPour nourrir toute la nous appelle prĂ©historique,Mais nous inventons la dans nos grottes vĂ©nĂ©rĂ©es,Naissent les premiers artistes et l' cent, dans mille, dans dix mille ans,Dans le regard d'un enfant savant,Nos animaux reprendront de nouveaux dans nos esprits,Mammouths et bisons danseront,GrĂące aux hommes de Lamblin Merci le renne ! Je tanne une peau de rennePour en faire une robe d'hiver,J'y accrocherai des perles par centaines,Elle sera vraiment super !Je tanne un peau de rennePour en faire des chaussures,Avec un peu d'ocre et trois poils de hyĂšne,Elles auront fiĂšre allure !Je tanne un peau de rennePour en faire une sacoche,Pour ranger mes fruits et mes grainesEt ne plus en avoir plein les poches !Je tanne un peau de rennePour en faire une toile de tente,Elle me protĂ©gera sans peine,Il y fera toujours trente !Merci le renne !AurĂ©lie Pettoello, extrait de Comptines prĂ©historiques, Édition L'hydre jeunesse, mai 2008Avec l'aimable autorisation de l'auteurPoĂšme adaptĂ© Ă  des enfants de Cycle 2 CE1-CE2 Homme de la préhistoire Avec tes dessins d’un autre âge,Vestiges de ton passage,Tu as nourri notre imagination,Depuis tant de espoir quand tu as fait le feu !Combien tu as dû être heureux !Puis, tu as élevé des as dressé des as travaillé la terreEt découvert le as gravé la pierreEt nous as laissé tes inconnu L’homme de Lascaux Dans la grotte de Lascaux,Courent des centaines d' bisons, des rennes, des chevaux,Des cerfs, des vaches et des taureaux...Mais les artistes gĂ©niauxQui ont peint ces animaux,N'ont laissĂ©, sur les parois de Lascaux,Qu'un seul homme et qu'un seul scĂšne pathĂ©tiqueDe chasse au palĂ©olithique Un homme de Cro-MagnonRenversĂ© par un ce qui est Ă©tonnant,Pour ne pas dire renversant,C'est que le seul homme de LascauxAit une tĂȘte d' inconnu Retour au sommaire MĂ©solithique En attente d'un texte adaptĂ© Retour au sommaire NĂ©olithique RĂ©volution NĂ©olithique J’étais nomade et je vagabondais voici sĂ©dentaire, fixĂ© depuis lors. Dans ma hutte de paille, d’argile et de bois,J’ai trouvĂ© le plaisir d’ĂȘtre en un seul bien aprĂšs le feu, les outils et les arts,Le jour s’est relevĂ© sur de nouveaux savoirs. Plus que lassĂ© de ces techniques aguerries,Je m’amuse et je crĂ©e de tout nouveaux et puis je stocke tous les grains de blĂ©,Que chĂšvres et moutons n’ont pas voulu nos armes en cuivre et nos innovations, Faisons vivre alentour cette Gransard-Desmond 1975- / CC BY NC SA, Mai 2020 Nouvelle Ăšre Un jour je me suis dis j’arrĂȘte de courir ! » Et je me suis posĂ© au bord de la riviĂšre. J’ai choisi de changer, j’ai choisi de construire, Et de rendre pour moi la terre nourriciĂšre. Le jour s’est relevĂ© sur de nouveaux savoirs Mes anciennes techniques sont amĂ©liorĂ©es, Je ne voulais plus rien qui soit alĂ©atoire J’ai semĂ©, engrangĂ©, cultivĂ©, Ă©levĂ© ! Dans ma hutte de paille, d’argile et de bois, Le foyer allumĂ© et la couche moĂ«lleuse J’ai trouvĂ© le plaisir d’ĂȘtre Ă  un seul endroit. Alors je dis VoilĂ  ! La vie est prodigieuse ! » Ils diront bien plus tard C’est le NĂ©olithique. Ils ont fait des outils plus affinĂ©s qu’avant, Ils ont creusĂ© les champs, ont rendu domestiques Les animaux sauvages, sont devenus marchands. » Christiane Angibous-Esnault 1947- / CC BY NC SA, Mai 2020 Retour au sommaire Renku tirĂ© de Alsace ViĂȘt-Nam, l'escapade d'un rĂȘve L'histoire de l'AntiquitĂ© Ă  la pĂ©riode contemporaine AntiquitĂ© Les Gaulois Rendus célèbres par Goscinny et Uderzo Qui racontent les aventures de deux héros, L’un petit et mince, et l’autre un peu plus gros Ce sont les Gaulois, ce sont les Gaulois. Arrivés en Gaule vers moins huit cents, Celtes et Grecs ont cohabité pacifiquement. Leurs voisins ont alors dit d’eux, naturellement, Ce sont des Gaulois, ce sont des Gaulois. Excellents agriculteurs et forgerons, Amateurs de cervoise, est alors apparue une question. Inventer le tonneau fut la solution. Ce sont les Gaulois, ce sont les Gaulois ! Et si un jour dans la rue vous croisez Un homme portant moustache, tunique et braies, Alors vous aussi vous pourrez clamer C’est un Gaulois, c’est un Gaulois ! Romain Bernaud Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage, Ou comme cestuy-lĂ  qui conquit la toison, Et puis est retournĂ©, plein d'usage et raison, Vivre entre ses parents le reste de son Ăąge ! Quand reverrai-je, hĂ©las, de mon petit village Fumer la cheminĂ©e, et en quelle saison Reverrai-je le clos de ma pauvre maison, Qui m'est une province, et beaucoup davantage ? Plus me plaĂźt le sĂ©jour qu'ont bĂąti mes aĂŻeux, Que des palais Romains le front audacieux, Plus que le marbre dur me plaĂźt l'ardoise fine Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin, Plus mon petit LirĂ©, que le mont Palatin, Et plus que l'air marin la doulceur du Bellay 1522-1560, Les Regrets, sonnet XXXI, Janvier 1558 Retour au sommaire Moyen Âge Chant du chevalier Il Ă©tait noble, il Ă©tait fort. Il se battait pour une reine. Il Ă©tait noble, il Ă©tait fort Et fidĂšle jusqu’à la mort. Il la prit par la main un soir. C’était la plus pauvre des reines Il la prit par la main un soir Et la fit sur le trĂŽne asseoir. Il posa la couronne d’or C’était la plus humble des reines Il posa la couronne d’or Sur sa tĂȘte comme un trĂ©sor. Haut l’épĂ©e, il se tenait droit C’était la plus faible des reines Haut l’épĂ©e, il se tenait droit Pour la dĂ©fendre, elle et son droit. À ses pieds tristes, en vainqueur, C’était la plus triste des reines À ses pieds tristes, en vainqueur, Il mit le monde
 Hors son cƓur. Il mourut pour sa reine un jour. C’était la plus pauvre des reines Il mourut pour sa reine un jour
 Il aimait une autre d’amour. Marie NoĂ«l 1883-1967, Chants d’arriĂšre-saison, 1961 La gargouille Ouille ouille ouille, s’écrie la gargouille ! Si c’est la fête à la grenouille, C’est la fête à mes cervicales, Je n’vous parle pas de mes dorsales, Bref, pas moyen d’aller au bal ! Tout en haut de la cathédrale, J’éloigne les mauvais esprits, Je n’suis pas d’une beauté fatale Mais c’est le rôle de ma vie. D’ailleurs on aime photographier Mon sourire un peu crispé. L’hiver me pose des cheveux blancs Et une barbichette au menton, Sans demander ma permission, C’est vraiment pas du tout marrant. J’adore les giboulées de mars, C’est le moment de faire des farces Une goutte sur le professeur, Une goutte sur Monsieur le curé, Une goutte sur le p’tit facteur, Une goutte sur le gros boucher. Je n’y peux rien si mon sculpteur M’a donné l’envie de rigoler ! Tout l’été à se dessécher Et même pas moyen de bronzer ! Mais je ne suis pas amère Car ma voisine c’est la chimère. On papote comme des commères On ragote comme des vipères En vous regardant passer. Pascal Genneret Retour au sommaire PĂ©riode Moderne Les ConquĂ©rants Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal, FatiguĂ©s de porter leurs misĂšres hautaines, De Palos de Moguer, routiers et capitaines Partaient, ivres d’un rĂȘve hĂ©roĂŻque et brutal. Ils allaient conquĂ©rir le fabuleux mĂ©tal Que Cipango mĂ»rit dans ses mines lointaines, Et les vents alizĂ©s inclinaient leurs antennes Aux bord mystĂ©rieux du monde Occidental. Chaque soir, espĂ©rant des lendemains Ă©piques, L’azur phosphorescent de la mer des Tropiques Enchantait leur sommeil d’un mirage dorĂ© ; Ou, penchĂ©s Ă  l’avant des blanches caravelles, Ils regardaient monter en un ciel ignorĂ©s, Du fond de l’OcĂ©an des Ă©toiles nouvelles. JosĂ© Maria de HĂ©rĂ©dia 1842-1905, Les TrophĂ©es, Alphonse Lemerre, 1893, p. 111 Retour au sommaire PĂ©riode Contemporaine Rhin romantique, croisiĂšre en haĂŻkus, extrait La maison du berger, extrait Que Dieu guide Ă  son but la vapeur foudroyante Sur le fer des chemins qui traversent les monts, Qu’un ange soit debout sur sa forge bruyante, Quand elle va sous terre ou fait trembler les ponts Et, de ses dents de feu, dĂ©vorant ses chaudiĂšres, Transperce les citĂ©s et saute les riviĂšres, Plus vite que le cerf dans l’ardeur de ses bonds! Oui, si l’ange aux yeux bleus ne veille sur sa route, Et le glaive Ă  la main ne plane et la dĂ©fend, S’il n’a comptĂ© les coups du levier, s’il n’écoute Chaque tour de la roue en son cours triomphant, S’il n’a l’Ɠil sur les eaux et la main sur la braise, Pour jeter en Ă©clats la magique fournaise, Il suffira toujours du caillou d’un enfant. Sur le taureau de fer qui fume, souffle et beugle, L’homme a montĂ© trop tĂŽt. Nul ne connaĂźt encor Quels orages en lui porte ce rude aveugle, Et le gai voyageur lui livre son trĂ©sor!; Son vieux pĂšre et ses fils, il les jette en otage Dans le ventre brĂ»lant du taureau de Carthage, Qui les rejette en cendre aux pieds du dieu de l’or. Alfred de Vigny 1797-1863, recueil Les DestinĂ©es, 1864, p. 17-42 / extrait du poĂšme La maison du berger », I, p. 22-23 Renku extrait de Paris, ma romance Usine de campagne Usine ourlant de laideur grise un champ de blĂ© si honteuse dans sa logique de dresser lĂ  ses murs de briques qu’on la prendrait pour un grand vaisseau naufragĂ©. Sa cheminĂ©e trop haute et qui semble vĂ©tuste distille une fumĂ©e d’hiver que le vent aussitĂŽt conquiert pour tracer dans le ciel un fin chemin d’arbustes. Le lierre et les orties cernent les alentours et la mousse attendrit ses tuiles en leur donnant un air fertile de jachĂšre attendant l’époque des labours. Mais dans l’étĂ© qui dort son haleine est trop forte pour les papillons audacieux et les blĂ©s ont pris l’air soucieux des arbres quand ils voient tomber leurs feuilles mortes. Pierre BĂ©arn 1902-2004, recueil Couleurs d'usine, 1951 Retour au sommaire La fusĂ©e Participer Ă  cette page vous connaissez ou vous avez Ă©crit un poĂšme qui pourrait trouver sa place dans cette liste, n'hĂ©sitez pas Ă  nous le faire savoir en nous Ă©crivant via le formulaire d'ArkĂ©oTopia. Merci de prĂ©ciser le titre du poĂšme, son contenu ainsi que la rĂ©fĂ©rence de sa publication. Si vous en ĂȘtes l'auteur, merci de prĂ©ciser votre nom d'auteur, le titre du poĂšme et son contenu ainsi que l'espace de sa publication. 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Cette Ɠuvre, La controverse de Valladolid, est tout Ă  la fois un document historique, puisque cette controverse, cet Ă©vĂ©nement, s’est rĂ©ellement dĂ©roulĂ© Ă  Valladolid, et en mĂȘme temps un roman historique, avec des dialogues imaginĂ©s par l’auteur. La mĂȘme annĂ©e, La controverse de Valladolid sort en tĂ©lĂ©film Ă  la tĂ©lĂ©vision. On voit, on sent dĂ©jĂ  tout au long de l’Ɠuvre qu’elle est construite avec une mise en scĂšne, un dĂ©cor pour une dramatique, des personnages puissants. L’objet de cette controverse ou disputation, l’état d’esprit, les conceptions et les valeurs morales d’alors, peuvent nous surprendre. L’auteur lui-mĂȘme dĂ©clare La vĂ©ritĂ© que je cherche n’est pas historique mais dramatique. » Afin de situer l’histoire, pour ceux qui n’auraient eu le temps de lire le livre, en voici le rĂ©sumĂ© Dans un couvent de Valladolid, quelque soixante ans aprĂšs la dĂ©couverte du Nouveau Monde, deux hommes s’affrontent dans un dĂ©bat passionnĂ© les Indiens sont-ils des hommes comme les autres ? Pour le dominicain Las Casas, ardent dĂ©fenseur de la cause indienne, cela ne fait aucun doute les Espagnols, avides de conquĂȘte, ont niĂ© l’évidence, assujettissant et massacrant les indigĂšnes par millions. Face Ă  lui, le philosophe SepĂčlveda affirme que certains peuples sont nĂ©s pour ĂȘtre dominĂ©s. Vont s’affronter alors le droit divin et le prĂ©dĂ©terminisme contre les droits de l’homme. L’empire d’Espagne est devenu l’empire oĂč le soleil ne se couche jamais ». Des Nouvelles Indes arrivent de l’or, de l’argent, des Ă©pices ; c’est la richesse pour beaucoup, mais le roi Charles Quint a des informations sur la maltraitance des indiens qui l’inquiĂštent, et son souci de justice, sa conscience, lui commandent des Ă©claircissements Ă  ce sujet. C’est pourquoi il va dĂ©cider d’arrĂȘter les expĂ©ditions de conquĂȘte et demander ce dĂ©bat Ces grandes disputes oĂč s’établissent durablement les certitudes. » Page 25 Cette disputation devra dire Jusqu’à quel point les guerres indiennes sont justifiĂ©es. » Page 25. Pour chacun de nous, au long de cette lecture, qu’avons-nous ressenti ? Quels sont les passages qui nous ont particuliĂšrement marquĂ©s ? Quels messages pour notre sociĂ©tĂ© aujourd’hui ? DĂ©bat G L’auteur nous dit dans la note de prĂ©face page 9 que la controverse n’a pas eu lieu sous cette forme, en un seul dĂ©bat La controverse est un Ă©vĂ©nement historique. [
] Il n’est pas sĂ»r qu’ils se rencontrĂšrent et dĂ©battirent en public. [
] Las Casas parla longuement au point de fatiguer son auditoire. [
] Les conclusions ne furent jamais officiellement proclamĂ©es. »Par ailleurs, cette Ɠuvre a Ă©tĂ© reprise au théùtre, avec, Ă  un moment donnĂ©, cette forme théùtrale qu’on appelle, la mise en abĂźme »*, telle que la scĂšne des fous.* ReprĂ©sentation d’une Ɠuvre Ă  l’intĂ©rieur d’une Ɠuvre. G La Bible, bien sĂ»r, ne parlait pas des Indiens, mais la malĂ©diction de Cham », suivant certaines exĂ©gĂšses, fera des noirs une race maudite ». Texte biblique Maudit soit Canaan, qu’il soit l’esclave des esclaves de ses frĂšres ». Des interprĂ©tations en feraient des sous-hommes et justifieraient leur utilisation comme esclaves. Des Grecs aux Romains, puis, Ă  leur tour, les Maures, tous feront perdre leur statut Ă  ceux qu’ils vont mettre en est aussi un moyen d’avoir de la main d’Ɠuvre bon marchĂ© ; nous avons aussi nos esclaves. G La controverse, comme il a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© prĂ©cisĂ©, a eu lieu, mĂȘme si ce n’est pas sous cette forme romancĂ©e. Elle a eu lieu dans des couvents et aurait durĂ© deux fois un mois, Ă  une annĂ©e d’intervalle. Apparemment le sujet de la controverse n’était pas de savoir si les Indiens avaient une Ăąme », cela Ă©tait dĂ©jĂ  acquis par la papautĂ©, ce qui justifiait qu’il fallait les Ă©vangĂ©liser. Le rĂ©el sujet Ă©tait y a-t-il des civilisations qui mĂ©ritent d’ĂȘtre Ă©radiquĂ©es ou pas ? Et, pour cela, a-t-on le droit d’utiliser la violence ? Donc, le sujet Ă©tait dĂ©jĂ  autour de l’inĂ©galitĂ© entre les civilisations. Est-ce qu’il y a, est-ce qu’il y avait une civilisation occidentale supĂ©rieure devant s’imposer aux autres ?Lors de son voyage au BrĂ©sil en 2007, le pape Benoit XVI dĂ©clarait L’annonce de JĂ©sus et de son Ă©vangile n’a supposĂ© Ă  aucun moment une aliĂ©nation des cultures prĂ©colombiennes, ni ne fut une imposition d’une culture extĂ©rieure. » Source A ceux qui voudraient ne pas laisser s’éteindre l’hĂ©ritage de ce qui avait prĂ©cĂ©dĂ© la conquĂȘte », le pape exprime mĂȘme une mise en garde inquiĂ©tante qui sent encore le soufre et les fumĂ©es de l’Inquisition. L’utopie de redonner vie aux religions prĂ©colombiennes, les sĂ©parant du Christ et de l’Eglise universelle, ne serait pas un progrĂšs, mais une rĂ©gression. Source Ce qui est plus choquant, c’est la justification qui suit Mais, qu’a signifiĂ© l’acceptation de la foi chrĂ©tienne par les peuples de l’AmĂ©rique latine et de la CaraĂŻbe? Pour eux, cela a signifiĂ©, accueillir le Christ, le Dieu inconnu que leurs ancĂȘtres, sans le rĂ©aliser, cherchaient dans leurs riches traditions religieuses ». Ibid.. La controverse n’est donc pas close de nos jours. G La controverse de Valladolid est d’abord un problĂšme interne Ă  l’Eglise catholique, c’est-Ă -dire que tout qui ce qui est RĂ©forme, Bouddhisme, Orthodoxie, Islam, etc., n’est pas immĂ©diatement concernĂ© et reconnu comme la vraie religion », comme le considĂ©raient les catholiques de l’époque. Il y a toujours eu dans l’Eglise un dĂ©bat entre une logique identitaire avec les tenants des dogmes qui permettent aux gens de se reconnaĂźtre comme faisant partie d’un mĂȘme groupe humain et une logique plus prosĂ©lyte, faite pour l’ouverture, la charitĂ© et la relation avec d’autres, dont les Gentils ». MĂȘme au sein du judaĂŻsme les tendances identitaires et prosĂ©lytes coexistent. Donc, depuis que les religions existent et en particulier dans le christianisme, les deux tendances que l’on voit dans la controverse sont Ă  l’ que j’ai aimĂ© dans ce livre, c’est qu’il y a une quantitĂ© d’arguments pour l’un comme pour l’autre, et un dĂ©bat contradictoire, c’est-Ă -dire que l’un donne son point de vue et l’autre donne le sien. MĂȘme si dans la conclusion on botte un peu en touche », en trouvant des remplaçants aux Indiens dans l’esclavage des Noirs, le dĂ©bat n’est pas nombre de sujets qui sont abordĂ©s dans la controverse est impressionnant. Il y est question des rapports dominants-dominĂ©s, de la dialectique maĂźtre-esclave, des traitements inhumains et dĂ©gradants, de la peine de mort, de la torture, de la soumission les pacifiques doivent ĂȘtre obligatoirement soumis.Le livre repose le problĂšme des fĂ©odalitĂ©s, du catholicisme tout-puissant, de la dĂ©finition de l’homme qu’est-ce que l’homme ? – voir aussi le livre de Vercors Les animaux dĂ©naturĂ©s, du comportement de l’ĂȘtre humain face Ă  la diffĂ©rence, de l’ y est aussi question du profit, de la ruĂ©e vers l’or, de la perversion par les richesses matĂ©rielles. On peut aussi noter cette façon bien connue de rĂ©cupĂ©rer Dieu Dieu est Ă  nos cĂŽtĂ©s » et d’annexer le message chrĂ©tien, alors que s’il y a quelque chose qu’on ne peut pas annexer, c’est bien le message chrĂ©tien. On trouve une accusation de dĂ©mence en cas de dĂ©saccord avec quelqu’un, dans le passage oĂč, Ă  un moment donnĂ©, Las Casas est accusĂ© de folie parce qu’il dit un certain nombre de choses qui ne sont pas religieusement correctes. Une rĂ©flexion sur l’Eglise et le pouvoir temporel de la Couronne est abordĂ©e. On repĂšre aussi un hiatus entre la raison de SepĂčlveda et l’humanitĂ© de Las Casas, la morale et puis la livre me renvoie aussi Ă  quelque chose que j’avais lu dans un autre livre qui s’appelait L’antisĂ©mitisme dans la littĂ©rature populaire » de Marie-France Rouart. On y trouvait tous les arguments de l’antisĂ©mitisme dans la littĂ©rature populaire. En effet, quand on a un adversaire Ă  abattre, c’est toujours avec les mĂȘmes arguments mesquins l’anthropophagie, les sacrifices humains, l’art primitif et frustre, la fornication. Ce sont toujours les mĂȘmes pauvres petits arguments qui font qu’on va dĂ©molir des hommes qui ne sont plus alors des hommes mais des rats », des poux », ou tout ce qu’on veut, mais le mot homme » va disparaĂźtre du vocabulaire. Ensuite, une autre partie sur la dĂ©sespĂ©rance des pauvres m’a plu. A un moment, on dit que, quand l’on prend le pain des pauvres, c’est leur vie qu’on prend. Le pain, c’est leur vie, contrairement aux riches pour qui il y a des tas d’autres solutions, ils n’ont pas que le pain. Pour l’un, c’est le nĂ©cessaire et pour l’autre, le superflu. D’oĂč, une rĂ©flexion sur la pauvretĂ©, qui me fait dire, Ă  l’instar de Jean-Paul Sartre, que quand ça va mal Il ne faut pas dĂ©sespĂ©rer Billancourt. » Le livre pose aussi la question des guerres justes ou pas justes. Il fait rĂ©flĂ©chir sur le danger des certitudes, notamment des hommes d’appareil, que ce soit des catholiques ou autres, car elles se retrouvent partout, dans toutes les religions, tous les partis politiques, toutes les idĂ©ologies, toutes les revendications
 Une chose m’a aussi particuliĂšrement interpellĂ©e, c’est la perversion du discours quand la victime est dĂ©signĂ©e comme coupable, quand la victime est accusĂ©e de s’ĂȘtre mise dans la situation d’ĂȘtre coupable des agressions qu’elle subit ; je trouve cela pervers. Une autre chose est Ă  noter, c’est un moment oĂč on comprend que nous ne sommes pas les pompiers », que nous ne sommes pas lĂ  pour sauver l’univers. Il y a des tas de doctrines qui se veulent universelles, mais il n’y a ni idĂ©ologie, ni peuple qui puisse prĂ©tendre rĂ©soudre tous les problĂšmes de l’univers, comme le pensait cette Eglise de l’Inquisition. Le livre pose aussi la question de la civilisation et de la barbarie, du choc des cultures particuliĂšrement d’actualitĂ© pour nous, et de l’idĂ©e qu’il faudrait sauver les meilleurs, quitte Ă  sacrifier des populations entiĂšres pour que l’élite puisse Ă©merger. Page 249 Sauvons les meilleurs. »Pour toutes ces questions, j’ai beaucoup aimĂ© lire ce livre. G J’ai trouvĂ© que Las Casas Ă©tait en avance de plusieurs siĂšcles. Il nous renvoie aux droits des plus faibles, de la femme, et Ă  la domination possible, cela au-delĂ  des Indiens. Quant Ă  SepĂčlveda, il utilise un langage de technocrate ». J’ai relevĂ© aussi ce passage qui reprend l’idĂ©e que seuls les ĂȘtres humains rient. Mais, devant la reprĂ©sentation théùtrale, les Indiens ne rient pas ; l’auteur nous montre l’absurditĂ© du raisonnement, de cette logique perverse qui cherche Ă  manipuler. G Un regard sur les trois personnages principaux Las Casas BartholomĂ© de, le prĂȘtre dominicain, est celui qui dĂ©fend les Indiens, qui veut qu’ils soient considĂ©rĂ©s comme des ĂȘtres humains Ă  part entiĂšre et que cessent les actions les rendant esclaves des Espagnols, qu’on cesse de les exploiter, de prendre leurs terres, qu’on cesse de vouloir les convertir par l’épĂ©e plus que par la parole. Son attachement Ă  cette cause humanitaire l’anime d’une fougue qui peut ĂȘtre sa faiblesse, car il s’échauffe, ce qui peut servir son adversaire. Lorsqu’il va terminer sa plaidoirie », Las Casas commence par ces paroles qui sont souvent citĂ©es J’ai appris une chose, c’est que la vĂ©ritĂ© s’avance toute seule, fragile, toujours attaquĂ©e par mille ennemis. Le mensonge au contraire a beaucoup d’auxiliaires
 »SepĂčlveda GinĂšs de, dĂ©fini comme le philosophe, est un homme froid sans Ă©motion, qui attend que son adversaire perde son calme. Il n’est jamais allĂ© aux Nouvelles Indes, n’a jamais vu d’Indien de prĂšs. Il dĂ©fend et la doctrine religieuse et les intĂ©rĂȘts des grands d’Espagne et des colons. C’est un spĂ©cialiste de la rhĂ©torique d’alors avec une logique manichĂ©enne, des constructions sophistiques empreintes du discours de l’époque, oĂč la premiĂšre prĂ©misse est toujours biaisĂ©e. Page 61, il dit N’est-il pas Ă©tabli, n’est-il pas parfaitement certain que tous les peuples de la terre, sans exception, ont Ă©tĂ© créés pour ĂȘtre chrĂ©tiens un jour ? ». Comme il ne s’adresse qu’à des moines, la cause est entendue d’office. Cette prĂ©misse acceptĂ©e, tout le reste ne peut ĂȘtre cardinal Salvatore Roncieri, le lĂ©gat du pape, est celui qui dĂ©finit ce que sera le dĂ©bat et celui qui au final jugera. Sa quĂȘte de la vĂ©ritĂ© l’amĂšne parfois Ă  beaucoup de tolĂ©rance. Avant que le roi ne lui fasse savoir par une lettre, il sait dĂ©jĂ , ou pressent, ce qu’il lui faut concilier satisfaire la conscience et satisfaire les intĂ©rĂȘts A la fin de notre dĂ©bat, la dĂ©cision que je prendrai sera ipso facto confirmĂ©e par le Saint pĂšre et deviendra par consĂ©quent irrĂ©vocable ». G Dans l’exposĂ© de Las Casas sur la situation des Indiens, on voit que, pour les conquĂ©rants espagnols, l’Indien ne vaut mĂȘme pas l’animal ; ainsi, page 17 A Cuba par exemple, on Ă©change quatre-vingts individus contre une jument. » Un animal n’a pas d’ñme ; ce sujet revient souvent, mais est abordĂ© diffĂ©remment ; ainsi, page 43 J’ai vu un soldat, en riant, planter sa dague dans le ventre d’un enfant, et cet enfant allait de-ci de-lĂ  en tenant Ă  deux mains ses entrailles qui s’échappaient ». Qu’avez-vous fait ? », lui demandera le cardinal. Je lui ai parlĂ© de Dieu, il est mort dans mes bras ; j’ai voulu sauver son Ăąme, je ne pouvais rien faire d’autre. », va-t-il Ă  SepĂčlveda, finalement, il admettra que les Indiens ont une Ăąme page 174 SepĂčlveda – VoilĂ  pourquoi les vrais chrĂ©tiens se pressent [
] Ă  porter dans les terres nouvelles la parole de vĂ©ritĂ© [
] pour les sauver ! Pour sauver leur Ăąme ! [
] C’est le dominicain qui lĂšve la main dans le silence et qui demande avant mĂȘme qu’on l’y autorise Vous admettez donc qu’ils ont une Ăąme ? SepĂčlveda a changĂ© de tactique et Las Casas se demande oĂč il veut en venir. G Les deux protagonistes Las Casas et SepĂčlveda sont deux hommes d’Eglise. Le premier fait partie d’un ordre monastique ; c’est un dominicain. Le second est un chanoine ; il est plus un homme d’appareil ecclĂ©sial. Ces deux tendances du clergĂ© rĂ©gulier et du clergĂ© sĂ©culier ont toujours cohabitĂ© et dialoguĂ© dans l’Eglise catholique. G Le sujet de la controverse est trĂšs vivant, particuliĂšrement en ce qui concerne les lois qui protĂ©geaient les Indiens tout en laissant les colons les exploiter. Des contradictions existaient entre la loi et la rĂ©alitĂ©. Nous avons lĂ  le rappel du gĂ©nocide* et dĂ©jĂ  l’argument des bienfaits de la colonisation ». C’est la diffĂ©rence aussi entre les hommes de terrain et les hommes dans leurs Ă©glises, loin de la rĂ©alitĂ© du Casas vient Ă  cette controverse avec le dĂ©sir que soient prononcĂ©es des lois pour protĂ©ger les Indiens et en mĂȘme temps nous voyons les colons s’inquiĂ©ter pour leurs possessions.*C’est peut-ĂȘtre le plus grand gĂ©nocide de l’histoire de 25 millions d’indiens dans ces contrĂ©es d’AmĂ©rique lors de l’arrivĂ©e de Christophe Colomb et d’AmĂ©rigo Vespucci, deux cents ans aprĂšs, il n’en restera qu’un million. Source Arte, le 3 fĂ©vrier 2012 Ă  15 h. Mayas, AztĂšques, Incas. G Il y a des enjeux psychologiques et politiques dans cette controverse. Elle fait aujourd’hui rĂ©flĂ©chir sur la persistance des prĂ©jugĂ©s et des idĂ©ologies en divisant le genre humain en catĂ©gories dites infĂ©rieures et en catĂ©gories dites supĂ©rieures. C’est sans doute pourquoi Jean-Claude CarriĂšre a eu le souci de traduire La controverse de Valladolid », d’abord en film, puis en livre, puis en piĂšce de théùtre. Ce qui se joue dans la controverse s’est rĂ©pĂ©tĂ© plusieurs fois dans l’histoire. Vingt siĂšcles avant la controverse, les Grecs appelaient barbares ceux qui ne parlaient pas leur langue ; l’empire chinois pendant des siĂšcles s’est dĂ©fini comme l’Empire du milieu » et rejetait Ă  la pĂ©riphĂ©rie, dans des banlieues », toutes les autres cultures ; au vingtiĂšme siĂšcle l’idĂ©ologie nazie a traitĂ© les juifs comme des non-humains, et enfin plus prĂšs de nous, l’Etat soviĂ©tique, puis l’Etat russe traite les TchĂ©chĂšnes comme des sous-hommes. Ça, c’est une premiĂšre remarque. La deuxiĂšme remarque, c’est la maniĂšre dont la question est posĂ©e. Ce qui traduit le fait pour le pouvoir en place de valider et de dĂ©velopper une idĂ©ologie dominante qui permet de justifier la maltraitance des populations jugĂ©es infĂ©rieures ou reprends en ce sens cette partie du texte, oĂč le lĂ©gat du pape introduit les dĂ©bats Mes chers frĂšres, depuis que par la grĂące de Dieu, le royaume d’Espagne a dĂ©couvert les Indes de l’ouest, que certains appellent dĂ©jĂ  le Nouveau Monde, nous avons vu s’élever un grand nombre de questions difficiles que rien, dans l’histoire, ne laissait prĂ©voir. Une de ces questions qui est de premiĂšre importance, n’a jamais eu de rĂ©ponse claire et complĂšte. [
] Ces terres nouvelles ont des habitants, qui ont Ă©tĂ© vaincus et soumis au nom du vrai Dieu. Cependant, des rumeurs se sont rĂ©pandues en Europe disant que les indigĂšnes de Mexico et des Ăźles de la Nouvelle Espagne ont Ă©tĂ© injustement maltraitĂ©s par les conquĂ©rants espagnols. » Page 36 Plus loin, il poursuit Aujourd’ hui, le Saint PĂšre m’a envoyĂ© jusqu’à vous avec une mission prĂ©cise dĂ©cider, avec votre aide, si ces indigĂšnes sont des ĂȘtres humains achevĂ©s et vĂ©ritables, des crĂ©atures de Dieu et nos frĂšres dans la descendance d’Adam. Ou si au contraire, comme on l’a soutenu, ils sont des ĂȘtres d’une catĂ©gorie distincte, ou mĂȘme les sujets de l’empire du Diable. » Page 37 Donc la dispute commence par cette question du prĂ©lat, question liĂ©e Ă  la colonisation, voulant justifier en argumentant que la maltraitance Ă  l’égard des AmĂ©rindiens est juste. Enfin, il s’agit d’une question politique qui concerne la citĂ©, la citĂ© chrĂ©tienne, transformĂ©e en question finalement, la controverse de Valladolid, quand on la lit, quand on va voir le spectacle, nous fait profondĂ©ment rĂ©flĂ©chir aux questions comme elles sont posĂ©es, pour et dans l’opinion publique, par les reprĂ©sentants du pouvoir. G Il y a les TchĂ©tchĂšnes et aussi les dictatures latino-amĂ©ricaines, car, quel que soit le bord considĂ©rĂ©, on constate des violences et des atteintes aux droits de l’homme. Tous les groupes humains ont leurs pages noires; chacun a Ă©galement sa part obscure. Il n’y a pas les bons et les mauvais, les forts et les un mĂȘme peuple au cours de son histoire peut ĂȘtre ou dominĂ© ou dominant, ce n’est pas inhĂ©rent Ă  une civilisation ou Ă  une certaine culture. Il n’y a pas de systĂšme pervers, il y a des perversions des livre, Ă  partir d’un exemple singulier, Ă©lĂšve le dĂ©bat Ă  sa dimension universelle. G La premiĂšre partie de l’argumentation de la controverse n’est pas contestable ; en revanche, la seconde partie est une rhĂ©torique qui a Ă©tĂ© utilisĂ©e pour relativiser les plus horribles des actions. G On parle de l’Inquisition, du colonialisme et de ses conquĂȘtes, mais il y a peu ou pas de rĂ©flexion sur le traitement des femmes par les groupes humains ; or, ce sont souvent les femmes les premiĂšres victimes des violences et des totalitarismes. A l’époque de la controverse, la question du statut des femmes, et mĂȘme de leur Ăąme, n’est pas abordĂ©e, et elles n’ont pas voix au chapitre. Les protagonistes de la controverse s’adressent Ă  une assemblĂ©e d’hommes, mais tous les ĂȘtres humains ont une Ă©gale importance en tant que tels. G Le poĂšme de Florence Fatras Comme un vol de gerfautsHors du charnier natalComme un vol de gerfautsAutour de l’échafaudFier et occidentalPosĂ© en porte Ă  fauxSur les universauxD’un rĂȘve si brutalMais gouvernementalLa violence est un motUn mot fondamentalQui ne fait pas dĂ©fautHors du charnier natal Hors du charnier natalComme un vol de gerfautsHors du charnier natalJe crois bien c’est fatalLes affaires
 il le fautUn loup de carnavalPour donner son avalJustifier le monceauDe cadavres lĂ©gauxLe festin si banalDe tous les commensauxQui bouffent de l’idĂ©alComme un vol de gerfauts Florence nous rĂ©cite alors le poĂšme qui l’a inspirĂ©e Les conquĂ©rants » de JosĂ© Maria, poĂšme qui fut traduit en français avec le titre » Comme un vol de gerfauts » G J’ai prĂ©fĂ©rĂ© lire le livre avant de voir le film. Je me suis fait dĂ©jĂ  mes images des personnages, du dĂ©cor. Au fur et Ă  mesure de la lecture, compte tenu du style trĂšs organisĂ©, trĂšs structurĂ©, on sent le travail de rĂ©alisateur, on a dĂ©jĂ  les plans. Puis je me laissĂ© guidĂ©e, et je me suis mĂȘme surprise Ă  rĂ©pondre Ă  haute voix Ă  des questions posĂ©es dans le livre, j’étais dans l’action. Et j’ai retenu, qu’en fait, SepĂčlveda est surtout lĂ  pour obtenir l’autorisation de publier un livre* qu’il a Ă©crit.* Democrates alter », livre qui Ă©tait mis Ă  l’Index » et qui justifiait la guerre de conquĂȘte et ce qui en cherche comment dĂ©truire l’argumentation de Las Casas et tout lui est bon, comme Le propre de l’erreur, c’est de se prendre pour la vĂ©ritĂ© » ; ensuite, il en appelle Ă  Aristote dans sa Politique Certaines espĂšces mĂ©ritent d’ĂȘtre des esclaves. » ou L’esclave n’atteint pas Ă  la dignitĂ© humaine, il est un instrument animĂ©, une sorte de machine vivante faite pour exĂ©cuter les ordres du maĂźtre » ; toujours avec cette mĂȘme rĂ©fĂ©rence, il dit 
que la nature n’est pas infaillible dans la distribution des qualitĂ©s. La noblesse peut parfois s’égarer dans un cƓur populaire et la bassesse dans un aristocrate. » Page 88 G De nos jours encore, le PrĂ©sident de la RĂ©publique française a dit Ă  Dakar le 26 juillet 2007 que l’homme africain a toujours eu des difficultĂ©s Ă  entrer dans l’Histoire », ce qui supposerait qu’il y a une bonne Histoire oĂč il faut entrer. On peut penser aux statuts des anciens colonisĂ©s qui sont toujours trĂšs infĂ©rieurs Ă  ceux des anciens colons. Le problĂšme reste liĂ© Ă  la suprĂ©matie supposĂ©e de l’ il y a dĂ©rive quand on pense qu’il y a des individus trĂšs infĂ©rieurs ou trĂšs partir du livre de CarriĂšre, on a affaire Ă  deux visions du monde et Ă  une controverse radicale de l’éthique contemporaine. Les rapports que tous les humanistes doivent vivre ensemble sont une barriĂšre contre les barbaries et on peut rappeler Ă  ce propos les philosophies de Montaigne, Montesquieu, Voltaire, LĂ©vi-Strauss
 G Souvent les religions ont voulu et aujourd’hui encore veulent dominer le monde. Il y a quelques annĂ©es, je me souviens d’avoir vu au Liban des grandes banderoles qui disait Un jour l’Islam dominera le monde »  G Le style L’auteur est Ă©crivain et scĂ©nariste, ce qui n’exclut pas un style clair, plaisant, qui nous met dans l’époque. Les personnages sont bien campĂ©s, dĂ©crits. Des scĂšnes, des rĂ©pliques comportent des messages implicites ; on peut ainsi interprĂ©ter l’incident de la marche de l’escalier cela veut-il nous dire que pour celui qui va trancher, qui va accĂ©der Ă  l’endroit d’oĂč viendra le verdict, et oĂč va ĂȘtre arrĂȘtĂ©e une vĂ©ritĂ©, cette vĂ©ritĂ© est fragile, fragilisĂ©e comme la marche ? Nous avons dans le style une belle figure d’un message une belle passe entre le lĂ©gat du pape et Las Casas Le cardinal s’adressant Ă  Las casas – Si les indigĂšnes sont nos semblables, ils sont aussi des dĂ©mons ?– Pardonnez-moi Eminence, je ne peux pas recevoir cet argument, il est mal cardinal – Et bien ! Redressez-le !– De part et d’autre ils sont des hommes, mais la soif de l’or les a transformĂ©s en dĂ©mons. G Le rythme On sent que les plans sont dĂ©finis et s’enchaĂźnent, ce qui nous faire vivre le dĂ©bat. Au dĂ©but du livre, on a dĂ©jĂ  la scĂšne vivante sous les yeux. Je cite Un jeune moine au regard brillant se tient assis sur un tabouret, prĂšs d’une porte, le dos au mur. Ses mains sont dissimulĂ©es dans ses larges manches. On entend sonner une cloche ; le bruit d’un loquet ; la porte s’ouvre. Le jeune moine se dresse. Un grand claquoir en bois verni jaillit de ses manches. Il le fait claquer, car il est lĂ  pour la salle capitulaire, tous s’immobilisent, se taisent et les regards se tournent vers la porte
 » Avec ce dĂ©but, cette mise en scĂšne, nous sommes nous aussi dans la chapelle, avec les moines, spectateurs et auditeurs, et nous voulons la suite, le fin mot de cette controverse. G La syntaxe Sans trop d’artifice pour faire 16Ăšme siĂšcle, nous trouvons dans le propos toute l’influence, jusqu’à la domination totale, de la pensĂ©e religieuse sur les esprits. Toute la dialectique se rĂ©fĂšre obligatoirement Ă  des postulats indĂ©passables, avec des Ă©noncĂ©s qui peuvent paraĂźtre curieux si on ne connaĂźt pas le vocabulaire de cette religion. Dans les disputations tout au long du Moyen-Ăąge, nous retrouvons lĂ  l’utilisation d’une logique sophistique, basĂ©es sur des syllogismes. C’est le discours spĂ©cieux. Page 128, SepĂčlveda veut faire une dĂ©monstration logique. Il Ă©nonce d’abord – J’énonce d’abord un principe de logique, auquel, je pense, nous devons tous souscrire. [
]De deux chose l’une, et une bien ils sont pareils Ă  nous. Dieu les a créés Ă  son image et rĂ©demptĂ©s par le sang de son fils, et dans ce cas ils n’ont aucune raison de refuser la bien ils sont d’une autre bout d’un moment Las Casas rĂ©agit Ă  ce propos – Mais tout cela n’est qu’un jeu de parole ! Nous mangeons du sophisme ici. On ne peut pas dĂ©cider de leur nature avec des finesses de logicien ! G L’article 1 de la DĂ©claration des droits de l’homme nous dit Tous les ĂȘtres humains naissent et demeurent libres et Ă©gaux en dignitĂ© et en droit. Ils sont douĂ©s de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternitĂ©. » G Pour justifier le fait que les Indiens sont des ĂȘtres infĂ©rieurs, SepĂčlveda Ă©voque les sacrifices humains La preuve de cette barbarie, c’est qu’ils sacrifiaient des hommes Ă  leurs dieux » page 165.Las Casas rĂ©pond Ă  cela [
] Si nous revenions un peu sur nous-mĂȘmes ? Nous tenons la Bible pour un livre sacrĂ©. Et nous y lisons qu’Abraham s’apprĂȘtait Ă  sacrifier son fils Ă  Dieu. [
] La notion de sacrifice est partout prĂ©sente dans les livres sacrĂ©s. Rappelez-vous IphigĂ©nie et tant d’autres, et pourtant nous ne tenons pas les Grecs pour des barbares, j’imagine ? [
] Notre dieu, le vrai Dieu, n’a pas toujours dĂ©testĂ© qu’on lui sacrifiĂąt des vies humaines. » Page 164 G Toutes les civilisations ont pensĂ© ĂȘtre nĂ©es pour dominer, mĂȘme la civilisation chrĂ©tienne, ainsi que le reprĂ©sente une carte postale des fresques de Gargilesse, montrant le Christ avec un glaive entre les dents. G Aristote n’était pas scandalisĂ© par l’esclavage ; il disait en effet Il existe une diffĂ©rence entre les Grecs et les barbares, les premiers sont nĂ©s pour la libertĂ© et les seconds pour l’esclavage. » Les esclaves sont des outils animĂ©s. »Les thĂ©ories d’Aristote, dont celle de l’espĂšce supĂ©rieure, de ceux qui sont nĂ©s pour commander, ceux qui sont nĂ©s pour ĂȘtre esclaves », ce racisme avant la lettre, sont utilisĂ©es par SepĂčlveda, qui s’y rĂ©fĂšre Pour la bonne ordonnance du monde. Il est juste et normal que [
] l’animal obĂ©isse Ă  l’homme, que l’épouse obĂ©isse Ă  l’époux, l’enfant au pĂšre
 » Page 79 Cela nous remet en mĂ©moire que parmi les textes issus des philosophies grecques, puis traduits, nous dit l’Histoire, par des savants arabo-andalous, c’est Aristote qui est en premier retenu et Ă©tudiĂ©. Quand SepĂčlveda en appelle Ă  Aristote pour justifier l’esclavage, Las Casas, intervient vivement Le rĂšgne d’Aristote est aboli. Aristote est un paĂŻen qui brĂ»le dans les feux de l’enfer. [
] La parole d’Aristote Ă©tait une erreur terrible, tyrannique, infernale. Toute la philosophie chrĂ©tienne la condamne. » Avec cette phrase, peut-ĂȘtre s’avance-t-il un peu, car jamais l’Eglise ne reniera Aristote. G Dans ces gĂ©nocides, les hommes ont tuĂ© plus qu’une ethnie. Ils se sont privĂ©s de richesses utiles Ă  toute l’humanitĂ©, comme le montre Las Casas Dans certaines branches de la mĂ©decine, ils Ă©taient en avance sur nous. Ils savaient lutter contre la douleur, au point que nous commençons Ă  leur emprunter la quinine. Ils connaissaient des milliers de remĂšdes, pris des plantes et des rochers. » Page 93 Nous avons Ă  apprendre de toutes les cultures. Le massacre des peuples vivant plus prĂšs de la Nature nous a peut-ĂȘtre Ă©loignĂ©s de cette Nature qui nous fait dĂ©faut aujourd’hui. G Au final, on pense un instant que la cause dĂ©fendue par Las Casas l’a emportĂ©, jusqu’au moment oĂč, vĂ©ritable retournement de situation, le cardinal, accorde en contrepartie aux esclavagistes espagnols, le droit, et de fait le consentement papal, pour l’esclavage des Africains. C’est pour Las Casas comme une victoire Ă  la Pyrrhus, dont on sait, dont on connaĂźt les horreurs qui vont en style manƓuvrier du lĂ©gat du pape se retrouve dans ces propos qui vont clore la controverse – S’il est clair que les Indiens sont nos frĂšres en JĂ©sus-Christ, douĂ©s d’une Ăąme raisonnable comme nous, [
] en revanche il est bien vrai que les habitants des contrĂ©es africaines sont beaucoup plus proches de l’animal. Ces habitants sont noirs. [
] Aristote dirait que comme le veut la nature de l’esclave, ils sont des ĂȘtre totalement privĂ©s de la partie dĂ©libĂ©rative de l’esprit. Page 185 Ces considĂ©rations ne soulĂšvent dans la salle aucun Ă©tonnement marquĂ© ». Plus loin SepĂčlveda enchaĂźne – L’esclavage est une institution ancienne et salutaire, qui rĂ©pond aux classifications de la nature. [
] Les esclaves sont un rĂ©servoir de vie. Leur immense apport, constamment renouvelĂ©, permet la sauvegarde de l’espĂšce humaine de catĂ©gorie supĂ©rieure, la seule qui compte aux yeux du Casas veut dĂ©fendre les Africains, disant qu’eux aussi sont des hommes comme les autres.– FrĂšre BartholomĂ©, dit le cardinal, nous n’allons pas recommencer. Nous ne sommes pas ici pour ça. Allons ! Et se retournant vers l’un des assesseurs – Vous ajouterez un codicille. PrĂ©parez-moi une rĂ©daction. Si le Vatican dĂ©tenait les textes liĂ©s Ă  cette controverse, il serait intĂ©ressant de pouvoir les consulter. On ne peut que recommander le film La controverse de Valladolid », avec trois gĂ©ants » du cinĂ©ma français Jean-Pierre Marielle dans le rĂŽle de Las Casas, Jean-Louis Trintignant dans le rĂŽle de SepĂčlveda et Jean Carmet dans celui du lĂ©gat du pape. Nota bene L’édition retenue Ă  laquelle renvoient les rĂ©fĂ©rences de pagination est l’édition Pocket 1993. Une anthologie des plus beaux poĂšmes en françaisCette liste reprend en partie l’anthologie Ă©tablie par Jean a le mĂ©rite d’ĂȘtre plus courte que celle Georges Pompidou. Elle va Ă  l’essentiel. Les textes prĂ©sentĂ©s ne sont pas tous des poĂšmes. Certains sont des fables, des chansons ou des extraits de piĂšce de théùtre dont la beautĂ© les a Ă©rigĂ©s en vĂ©ritables modĂšles poĂšme prĂ©fĂ©rĂ© pourrait manquer. Catastrophe ! Cette liste est bien sĂ»r subjective. N’hĂ©sitez pas, alors, Ă  signaler une absence scandaleuse dans les commentaires !PoĂšmes français du Moyen ÂgePoĂšme de Marie de FranceNi vous sans moi, ni moi sans vous Belle amie ainsi est de nous Ni vous sans moi, ni moi sans vous. »Lire la suitePoĂšmes de RutebeufDe la Griesche d’YverContre le tenz qu’aubres def­fuelle, Qu’il ne remaint en branche fuelle Qui n’aut a terre, Por povre­tei qui moi aterre,Lire la suiteLa complainteLi mal ne sevent seul venir Tout ce m’estoit Ă  avenir S’est la suitePoĂšmes de Charles d’OrlĂ©ansRondeauxLe temps a laissĂ© son manteau De vent, de froidure et de pluie, Et s’est vĂȘtu de broderie, De soleil luisant, clair et la suitePoĂšmes François VillonBallade des dames du temps jadisMais ou sont les neiges d’antan ?Lire le poĂšmeBallade des pendusFrĂšres humains, qui aprĂšs nous vivez, N’ayez les coeurs contre nous endurcis, Car, si pitiĂ© de nous pauvres avez, Dieu en aura plus tĂŽt de vous la suitePoĂšmes français de la RenaissancePoĂšmes de ClĂ©ment MarotPlus ne suis que j’ai Ă©tĂ©Plus ne suis ce que j’ai Ă©tĂ©, Et plus ne saurais jamais l’ĂȘtre Mon beau printemps et mon Ă©tĂ© Ont fait le saut par la la suiteDe sa grande amieDedans Paris, ville jolie, Un jour, passant mĂ©lancolie, Je pris alliance nouvelle A la plus gaie demoiselle Qui soit d’ici en la suiteDizain de neigeAnne, par jeu, me jeta de la neige, Que je cuidais froide certainement; Mais c’était feu; l’expĂ©rience en ai-je, Car embrasĂ© je fus la suitePetite Ă©pĂźtre au roiEn m’esbatant je faiz Rondeaux en rime, Et en rimant bien souvent je m’enrime Brief, c’est pitiĂ© d’entre nous Rimailleurs, Car vous trouvez assez de rime ailleurs,Lire la suitePoĂšmes de Joachim du Bellay Heureux qui, comme Ulysse
 »Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage, Ou comme cestuy-lĂ  qui conquit la toison, Et puis est retournĂ©, plein d’usage et raison, Vivre entre ses parents le reste de son Ăąge !Lire la suiteFrance, mĂšre des arts, des armes et des loisFrance, mĂšre des arts, des armes et des lois, Tu m’as nourri longtemps du lait de ta mamelle Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle, Je remplis de ton nom les antres et les la suiteNouveau venu, qui cherches Rome en RomeNouveau venu, qui cherches Rome en Rome Et rien de Rome en Rome n’aperçois, Ces vieux palais, ces vieux arcs que tu vois, Et ces vieux murs, c’est ce que Rome on la suiteÀ VĂ©nusAyant aprĂšs long dĂ©sir Pris de ma douce ennemie Quelques arrhes du plaisir, Que sa rigueur me dĂ©nie,Lire la suitePoĂšmes de Pierre de RonsardMignonne, allons voir si la rose
Mignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avait dĂ©close Sa robe de pourpre au Soleil, A point perdu cette vĂȘprĂ©eLire la suiteQuand vous serez bien vieille
Quand vous serez bien vieille, au soir Ă  la chandelle, Assise auprĂšs du feu, dĂ©vidant et filant, Direz chantant mes vers, en vous Ă©merveillant Ronsard me cĂ©lĂ©brait du temps que j’étais belle. »Lire la suitePoĂšme de Louise LabĂ©Je vis, je meurs ; je me brĂ»le et me noieJe vis, je meurs ; je me brĂ»le et me noie ; J’ai chaud extrĂȘme en endurant froidure La vie m’est et trop molle et trop dure. J’ai grands ennuis entremĂȘlĂ©s de la suitePoĂšmes de François de MalherbeConsolation Ă  Monsieur du PĂ©rier sur la mort de sa filleTa douleur, Du PĂ©rier, sera donc Ă©ternelle, Et les tristes discours Que te met en l’esprit l’amitiĂ© paternelle L’augmenteront toujours !Lire la suiteDessein de quitter une dame qui ne le contentait que de promesseBeautĂ©, mon beau souci, de qui l’ñme incertaine A, comme l’ocĂ©an, son flux et son reflux, Pensez de vous rĂ©soudre Ă  soulager ma peine, Ou je me vais rĂ©soudre Ă  ne la souffrir la suitePoĂšmes français du XVIIe siĂšcleThéùtre de Pierre CorneilleStances Ă  la MarquiseMarquise, si mon visage À quelques traits un peu vieux, Souvenez-vous qu’à mon Ăąge Vous ne vaudrez guĂšre la suiteLes imprĂ©cations de CamilleRome, l’unique objet de mon ressentiment ! Rome, Ă  qui vient ton bras d’immoler mon amant ! Rome qui t’a vu naĂźtre, et que ton cƓur adore ! Rome enfin que je hais parce qu’elle t’honore !Lire la suiteRĂ©cit de RodrigueSous moi donc cette troupe s’avance, Et porte sur le front une mĂąle assurance. Nous partĂźmes cinq cents ; mais par un prompt renfort Nous nous vĂźmes trois mille en arrivant au port,Lire la suiteStances du CidPercĂ© jusques au fond du cƓur D’une atteinte imprĂ©vue aussi bien que mortelle, MisĂ©rable vengeur d’une juste querelle, Et malheureux objet d’une injuste rigueur, Je demeure immobile, et mon Ăąme abattue CĂšde au coup qui me tue. Si prĂšs de voir mon feu rĂ©compensĂ©, Ô Dieu, l’étrange peine ! En cet affront mon pĂšre est l’offensĂ©, Et l’offenseur le pĂšre de ChimĂšne !Lire la suiteFables de Jean de la FontaineLa cigale et la fourmiLa Cigale, ayant chantĂ© Tout l’étĂ©, Se trouva fort dĂ©pourvue Quand la bise fut venue Lire la suiteLe corbeau et le renardMaĂźtre Corbeau, sur un arbre perchĂ©, Tenait en son bec un fromage. MaĂźtre Renard, par l’odeur allĂ©chĂ©, Lui tint Ă  peu prĂšs ce langage Lire la suiteLe liĂšvre et la tortueRien ne sert de courir ; il faut partir Ă  point. Le liĂšvre et la tortue en sont un tĂ©moignage. Gageons, dit celle-ci, que vous n’atteindrez point SitĂŽt que moi ce but. – SitĂŽt ? Etes-vous sage ?Lire la suitePoĂšmes de Nicolas BoileauAmitiĂ© fidĂšleIris, tu fus alors moins Ă  plaindre que moi Et, bien qu’un triste solrt t’ait fait perdre la vie, HĂ©las ! en te perdant j’ai perdu plus que le poĂšmeLes embarras de ParisQui frappe l’air, bon Dieu ! de ces lugubres cris ? Est-ce donc pour veiller qu’on se couche Ă  Paris ? Lire la suiteThéùtre de Jean RacineLe rĂ©cit ThĂ©ramĂšneÀ peine nous sortions des portes de TrĂ©zĂšne, Il Ă©tait sur son char. Ses gardes affligĂ©s Imitaient son silence, autour de lui rangĂ©s ; Il suivait tout pensif le chemin de MycĂšnes ;Lire la suiteLe songe d’AthalieC’était pendant l’horreur d’une profonde nuit. Ma mĂšre JĂ©zabel devant moi s’est montrĂ©e, Comme au jour de sa mort pompeusement parĂ©e. Ses malheurs n’avaient point abattu sa fiertĂ© ;Lire la suitePoĂšmes français du XVIIIe siĂšclePoĂšmes de VoltaireÀ Madame du ChĂąteletSi vous voulez que j’aime encore, Rendez-moi l’ñge des amours ; Au crĂ©puscule de mes jours Rejoignez, s’il se peut, l’ la suiteÉpigramme – Sur FrĂ©ronL’autre jour, au fond d’un vallon, Un serpent piqua Jean FrĂ©ron ; Que pensez-vous qu’il arriva ?Lire la suitePoĂšme de Jean-Jacques RousseauDaphnis et ChloĂ©Dans un nouveau parentage, Te souviendras-tu de moi ? Ah ! je te laisse pour gage Mon serment, mon cƓur, ma la suiteOpĂ©ra de Philippe Fabre d’ÉglantineL’hospitalitĂ© Il pleut, il pleut, bergĂšreIl pleut, il pleut bergĂšre Rentre tes blancs moutons Allons sous ma chaumiĂšre BergĂšre, vite allons J’entends sous le feuillage L’eau qui tombe Ă  grand bruit. Voici, venir l’orage, Voici l’éclair qui la suitePoĂšmes de Jean-Pierre Claris de FlorianPlaisir d’amourPlaisir d’amour ne dure qu’un moment, Chagrin d’amour dure toute la la suiteLe voyagePartir avant le jour, Ă  tĂątons, sans voir goutte, Sans songer seulement Ă  demander sa route ; Aller de chute en chute, et, se traĂźnant ainsi, Faire un tiers du chemin jusqu’à prĂšs de midi ;Lire la suiteLa guenon, le singe et la noixUne jeune guenon cueillit Une noix dans sa coque verte ; Elle y porte la dent, fait la grimace
 ah ! Certes, Dit-elle, ma mĂšre mentitLire la suiteLe grillonOh ! oh ! dit le grillon, je ne suis plus fĂąchĂ© ; Il en coĂ»te trop cher pour briller dans le monde. Combien je vais aimer ma retraite profonde ! Pour vivre heureux, vivons la suitePoĂšmes d’AndrĂ© ChĂ©nierLa jeune captiveL’épi naissant mĂ»rit de la faux respectĂ© ; Sans crainte du pressoir, le pampre tout l’étĂ© Boit les doux prĂ©sents de l’aurore ; Et moi, comme lui belle, et jeune comme lui, Quoi que l’heure prĂ©sente ait de trouble et d’ennui, Je ne veux point mourir la suiteLa jeune tarentinePleurez, doux alcyons ! ĂŽ vous, oiseaux sacrĂ©s, Oiseaux chers Ă  ThĂ©tis, doux alcyons, pleurez ! Elle a vĂ©cu, Myrto, la jeune Tarentine !Lire la suitePoĂšmes français du XIXe siĂšcle PoĂšmes de Marceline Desbordes-ValmoreLes roses de SaadiJ’ai voulu ce matin te rapporter des roses ; Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes Que les noeuds trop serrĂ©s n’ont pu les la suiteLes sĂ©parĂ©sN’écris pas. Je suis triste, et je voudrais m’éteindre. les beaux Ă©tĂ©s sans toi, c’est la nuit sans flambeau. J’ai refermĂ© mes bras qui ne peuvent t’atteindre, Et frapper Ă  mon cƓur, c’est frapper au tombeau. N’écris pas !Lire la suitePoĂšmes d’Alphonse de LamartineL’isolementQue me font ces vallons, ces palais, ces chaumiĂšres, Vains objets dont pour moi le charme est envolĂ© ? Fleuves, rochers, forĂȘts, solitudes si chĂšres, Un seul ĂȘtre vous manque, et tout est la suiteL’automneSalut, bois couronnĂ©s d’un reste de verdure ! Feuillages jaunissants sur les gazons Ă©pars ! Salut, derniers beaux jours ! le deuil de la nature Convient Ă  la douleur, et plaĂźt Ă  mes la suiteLes voilesQuand j’étais jeune et fier et que j’ouvrais mes ailes, Les ailes de mon Ăąme Ă  tous les vents des mers, Les voiles emportaient ma pensĂ©e avec elles, Et mes rĂȘves flottaient sur tous les flots amers. Lire la suiteLe lacÔ temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices ! Suspendez votre cours Laissez-nous savourer les rapides dĂ©lices Des plus beaux de nos jours !Lire le poĂšmePoĂšmes d’Alfred de VignyLe CorJ’aime le son du Cor, le soir, au fond des bois, Soit qu’il chante les pleurs de la biche aux abois, Ou l’adieu du chasseur que l’écho faible accueille, Et que le vent du nord porte de feuille en la suiteLa mort du loupLes nuages couraient sur la lune enflammĂ©e Comme sur l’incendie on voit fuir la fumĂ©e, Et les bois Ă©taient noirs jusques Ă  l’horizon. Nous marchions, sans parler, dans l’humide gazon,Lire la suitePoĂšmes de Victor HugoLorsque l’enfant paraĂźtLorsque l’enfant paraĂźt, le cercle de famille Applaudit Ă  grands cris. Son doux regard qui brille Fait briller tous les yeux, Et les plus tristes fronts, les plus souillĂ©s peut-ĂȘtre, Se dĂ©rident soudain Ă  voir l’enfant paraĂźtre, Innocent et la suiteOceano noxOh ! combien de marins, combien de capitaines Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines, Dans ce morne horizon se sont Ă©vanouis ? Lire la suiteDemain, dĂšs l’aubeDemain, dĂšs l’aube, Ă  l’heure oĂč blanchit la campagne, Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’ la suiteAprĂšs la batailleMon pĂšre, ce hĂ©ros au sourire si doux, Suivi d’un seul housard qu’il aimait entre tous Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille, Parcourait Ă  cheval, le soir d’une bataille,Lire la suiteJeanne au pain secJeanne Ă©tait au pain sec dans le cabinet noir, Pour un crime quelconque, et, manquant au devoir, J’allai voir la proscrite en pleine forfaiture, Et lui glissai dans l’ombre un pot de confitureLire la suiteCe siĂšcle avait deux ansCe siĂšcle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte, DĂ©jĂ  NapolĂ©on perçait sous Bonaparte, Et du premier consul, dĂ©jĂ , par maint endroit, Le front de l’empereur brisait le masque Ă©troit. Lire la suiteBooz endormiBooz s’était couchĂ© de fatigue accablĂ© ; Il avait tout le jour travaillĂ© dans son aire ; Puis avait fait son lit Ă  sa place ordinaire ; Booz dormait auprĂšs des boisseaux pleins de la suitePoĂšme de FĂ©lix ArversSonnet d’Arvers Mon Ăąme a son secret, ma vie a son mystĂšre Un amour Ă©ternel en un moment conçu. Le mal est sans espoir, aussi j’ai dĂ» le taire, Et celle qui l’a fait n’en a jamais rien la suitePoĂšmes de GĂ©rard de NervalFantaisieIl est un air pour qui je donnerais Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber Un air trĂšs vieux, languissant et funĂšbre, Qui pour moi seul a des charmes la suiteUne allĂ©e du LuxembourgElle a passĂ©, la jeune fille Vive et preste comme un oiseau À la main une fleur qui brille, À la bouche un refrain la suiteLe relaisEn voyage, on s’arrĂȘte, on descend de voiture ; Puis entre deux maisons on passe Ă  l’aventure, Des chevaux, de la route et des fouets Ă©tourdi, L’oeil fatiguĂ© de voir et le corps la suiteEl desdichadoJe suis le tĂ©nĂ©breux, – le veuf, – l’inconsolĂ©, Le prince d’Aquitaine Ă  la tour abolie Ma seule Ă©toile est morte, – et mon luth constellĂ© Porte le soleil noir de la la suitePoĂšmes d’Alfred de MussetTristesseJ’ai perdu ma force et ma vie, Et mes amis et ma gaietĂ©; J’ai perdu jusqu’à la fiertĂ© Qui faisait croire Ă  mon la suiteLa nuit de maiPartons, dans un baiser, pour un monde inconnu, Éveillons au hasard les Ă©chos de ta vie, Parlons-nous de bonheur, de gloire et de folie, Et que ce soit un rĂȘve, et le premier venu. Lire la suiteVeniseDans Venise la rouge, Pas un bateau qui bouge ; Pas un pĂȘcheur dans l’eau, Pas un la suitePoĂšme de Sophie d’ArbouvilleLa grand-mĂšreDansez, fillettes du village, Chantez vos doux refrains d’amour Trop vite, hĂ©las ! un ciel d’orage Vient obscurcir le plus beau la suitePoĂšmes de ThĂ©ophile GautierPremier sourire de printempsTandis qu’à leurs oeuvres perverses Les hommes courent haletants, Mars qui rit, malgrĂ© les averses, PrĂ©pare en secret le la suiteCe qui disent les hirondellesDĂ©jĂ  plus d’une feuille sĂšche ParsĂšme les gazons jaunis ; Soir et matin, la brise est fraĂźche HĂ©las ! les beaux jours sont finis !On voit s’ouvrir les fleurs que garde Le jardin, pour dernier trĂ©sor Le dahlia met sa cocarde, Et le souci sa toque d’ la suitePoĂšmes Charles-Marie Leconte de LisleMidiMidi, roi des Ă©tĂ©s, Ă©pandu sur la plaine, Tombe en nappes d’argent des hauteurs du ciel bleu. Tout se tait. L’air flamboie et brĂ»le sans haleine ; La terre est assoupie en sa robe de la suiteLe rĂȘve du jaguarSous les noirs acajous, les lianes en fleur, Dans l’air lourd, immobile et saturĂ© de mouches, Pendent, et, s’enroulant en bas parmi les souches, Bercent le perroquet splendide et querelleur, L’araignĂ©e au dos jaune et les singes la suitePoĂšmes de Charles BaudelaireÀ une passanteÔ toi que j’eusse aimĂ©e, ĂŽ toi qui le savais !Lire le poĂšmeAu lecteurLa sottise, l’erreur, le pĂ©chĂ©, la lĂ©sine, Occupent nos esprits et travaillent nos corps, Et nous alimentons nos aimables remords, Comme les mendiants nourrissent leur la suiteL’albatrosSouvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers, Qui suivent, indolents compagnons de voyage, Le navire glissant sur les gouffres la suiteL’homme et la merHomme libre, toujours tu chĂ©riras la mer !Lire la suiteSpleenQuand le ciel bas et lourd pĂšse comme un couvercle Sur l’esprit gĂ©missant en proie aux longs ennuis, Et que de l’horizon embrassant tout le cercle II nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;Lire la suiteL’invitation au voyageLĂ , tout n’est qu’ordre et beautĂ©, Luxe, calme et le poĂšmePoĂšme de ThĂ©odore de BanvilleLe salut du tremplinClown admirable, en vĂ©ritĂ© ! Je crois que la postĂ©ritĂ©, Dont sans cesse l’horizon bouge, Le reverra, sa plaie au la suiteChanson d’AndrĂ© TheurietLa chanson du vannierBrins d’osier, brins d’osier, Courbez-vous assouplis sous les doigts du d’osier, vous serez le lit frĂȘle oĂč la mĂšre Berce un petit enfant aux sons d’un vieux couplet L’enfant, la lĂšvre encor toute blanche de lait, S’endort en souriant dans sa couche la suitePoĂšme de Jean-Baptiste ClĂ©mentLe temps des cerisesQuand nous chanterons le temps des cerises, Et gai rossignol, et merle moqueur Seront tous en fĂȘte !Lire la suitePoĂšmes de Sully PrudhommeLes yeuxBleus ou noirs, tous aimĂ©s, tous beaux, Des yeux sans nombre ont vu l’aurore ; Ils dorment au fond des tombeaux, Et le soleil se lĂšve la suiteLe cygneSans bruit, sous le miroir des lacs profonds et calmes, Le cygne chasse l’onde avec ses larges palmes, Et glisse. Le duvet de ses flancs est pareil A des neiges d’avril qui croulent au soleil ;Lire la suitePoĂšmes de StĂ©phane MallarmĂ©L’azurDe l’éternel azur la sereine ironie Accable, belle indolemment comme les fleurs Le poĂšte impuissant qui maudit son gĂ©nie A travers un dĂ©sert stĂ©rile de la suiteBrise marineLa chair est triste, hĂ©las ! et j’ai lu tous les livres. Fuir ! lĂ -bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres D’ĂȘtre parmi l’écume inconnue et les cieux !Lire la suitePoĂšmes de JosĂ© Maria de HerediaLes conquĂ©rantsComme un vol de gerfauts hors du charnier natal, FatiguĂ©s de porter leurs misĂšres hautaines, De Palos de Moguer, routiers et capitaines Partaient, ivres d’un rĂȘve hĂ©roĂŻque et la suiteLa TrebbiaL’aube d’un jour sinistre a blanchi les hauteurs. Le camp s’éveille. En bas roule et gronde le fleuve OĂč l’escadron lĂ©ger des Numides s’abreuve. Partout sonne l’appel clair des la suitePoĂšmes de Paul VerlaineChanson d’automneEt je m’en vais Au vent mauvais Qui m’emporte Deçà, delĂ , Pareil Ă  la Feuille le poĂšmeMon rĂȘve familierJe fais souvent ce rĂȘve Ă©trange et pĂ©nĂ©trant D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime Et qui n’est, chaque fois, ni tout Ă  fait la mĂȘme Ni tout Ă  fait une autre, et m’aime et me la suiteIl pleure dans mon cƓurIl pleure dans mon coeur Comme il pleut sur la ville ; Quelle est cette langueur Qui pĂ©nĂštre mon coeur ?Lire la suitePoĂšme de Tristan CorbiĂšreRondelIl fait noir, enfant, voleur d’étincelles ! Il n’est plus de nuits, il n’est plus de jours ; Dors
 en attendant venir toutes celles Qui disaient Jamais ! Qui disaient Toujours !Lire la suitePoĂšme de Maurice RollinatLa bicheLa biche brame au clair de lune Et pleure Ă  se fondre les yeux Son petit faon dĂ©licieux A disparu dans la nuit la suitePoĂšmes d’Arthur RimbaudLe dormeur du valC’est un trou de verdure oĂč chante une riviĂšre, Accrochant follement aux herbes des haillons D’argent ; oĂč le soleil, de la montagne fiĂšre, Luit c’est un petit val qui mousse de la suiteMa bohĂšmeJe m’en allais, les poings dans mes poches crevĂ©es ; Mon paletot aussi devenait idĂ©al J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton fĂ©al ; Oh ! lĂ  lĂ  ! que d’amours splendides j’ai rĂȘvĂ©es!Lire la suiteLe bateau ivreComme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidĂ© par les haleurs Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles Les ayant clouĂ©s nus aux poteaux de la suiteMauvais sangJ’ai de mes ancĂȘtres gaulois l’oeil bleu blanc, la cervelle Ă©troite, et la maladresse dans la lutte. Je trouve mon habillement aussi barbare que le leur. Mais je ne beurre pas ma la suitePoĂšme d’Émile VerhaerenLes usinesSe regardant avec les yeux cassĂ©s de leurs fenĂȘtres Et se mirant dans l’eau de poix et de salpĂȘtre D’un canal droit, marquant sa barre Ă  l’ la suitePoĂšme de Jules LaforgueL’hiver qui vientBlocus sentimental ! Messageries du Levant !
 Oh, tombĂ©e de la pluie ! Oh ! tombĂ©e de la nuit, Oh ! le vent !
 La Toussaint, la NoĂ«l et la Nouvelle AnnĂ©e, Oh, dans les bruines, toutes mes cheminĂ©es !
 D’usines
Lire la suiteSpleenTout m’ennuie aujourd’hui. J’écarte mon rideau, En haut ciel gris rayĂ© d’une Ă©ternelle pluie, En bas la rue oĂč dans une brume de suie Des ombres vont, glissant parmi les flaques d’ la suitePoĂšme d’Henri de RĂ©gnierOdeletteUn petit roseau m’a suffi Pour faire frĂ©mir l’herbe haute Et tout le prĂ© Et les doux saulesLire la suitePoĂšme de Paul-Jean TouletEn ArlesDans Arles, oĂč sont les Aliscans, Quand l’ombre est rouge, sous les roses, Et clair le temps,Lire la suiteThéùtre d’Edmond RostandTirade des nezDescriptif C’est un roc ! 
 c’est un pic ! 
 c’est un cap ! Que dis-je, c’est un cap ? 
 C’est une pĂ©ninsule ! »Lire la suitePoĂšmes français du XXe siĂšclePoĂšme de Francis JammesLe village Ă  midiLe village Ă  midi. La mouche d’or bourdonne entre les cornes des bƓufs. Nous irons, si tu le veux, Si tu le veux, dans la campagne la suitePoĂšme d’AndrĂ© SuarĂšsÂme de la nuitMol et sans voix, le couperet de l’ombre descend du ciel et le jour tombe, la face contre terre, dans le fatal Ă©tang ; et les yeux s’enfoncent dans la fosse. Long crĂ©puscule. Lire la suitePoĂšme de Paul ValĂ©ryLe cimetiĂšre marinCe toit tranquille, oĂč marchent des colombes, Entre les pins palpite, entre les tombes ; Midi le juste y compose de feux La mer, la mer, toujours recommencĂ©e ! Ô rĂ©compense aprĂšs une pensĂ©e Qu’un long regard sur le calme des dieux !Lire la suitePoĂšme de Paul FortLe bonheurLe bonheur est dans le prĂ©. Cours-y vite, cours-y vite. Le bonheur est dans le prĂ©. Cours-y vite. Il va la suitePoĂšme de Charles PĂ©guyAdieu Ă  la MeuseAdieu, Meuse endormeuse et douce Ă  mon enfance, Qui demeures aux prĂ©s, oĂč tu coules tout bas. Meuse, adieu j’ai dĂ©jĂ  commencĂ© ma partance En des pays nouveaux oĂč tu ne coules la suitePoĂšmes de Guillaume ApollinaireLe pont MirabeauSous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours Faut-il qu’il m’en souvienne La joie venait toujours aprĂšs la peineLire la suiteL’AdieuJ’ai cueilli ce brin de bruyĂšre L’automne est morte souviens-t’en Nous ne nous verrons plus sur terreLire la suiteAutomne maladeAutomne malade et adorĂ© Tu mourras quand l’ouragan soufflera dans les roseraies Quand il aura neigĂ© Dans les vergersLire la suitePoĂšme de Jules SupervielleLes amis inconnusIl vous naĂźt un poisson qui se met Ă  tourner Tout de suite au plus noir d’une lame profonde, Il vous naĂźt une Ă©toile au-dessus de la tĂȘte, Elle voudrait chanter mais ne peut faire mieux Que ses sƓurs de la nuit, les Ă©toiles la suiteChanson de Francis CarcoLe doux caboulotLe doux caboulot Fleuri sous les branches Est tous les dimanches Plein de la suitePoĂšme de Blaise CendrarsTu es plus belle que le ciel et la merQuand tu aimes il faut partir Quitte ta femme quitte ton enfant Quitte ton ami quitte ton amie Quitte ton amante quitte ton amant Quand tu aimes il faut partirLire la suitePoĂšme de Saint-John PerseAzur !Azur! nos bĂȘtes sont bondĂ©es d’un cri !Lire la suitePoĂšmes de Paul EluardCouvre-feuQue voulez-vous la porte Ă©tait gardĂ©eQue voulez-vous nous Ă©tions enfermĂ©sQue voulez-vous la rue Ă©tait barrĂ©eLire la suiteLibertĂ©Sur mes cahiers d’écolier Sur mon pupitre et les arbres Sur le sable sur la neige J’écris ton nomLire la suiteLa courbe de tes yeuxLa courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur, Un rond de danse et de douceur, AurĂ©ole du temps, berceau nocturne et sĂ»r, Et si je ne sais plus tout ce que j’ai vĂ©cu C’est que tes yeux ne m’ont pas toujours la suitePoĂšmes Louis AragonLes yeux d’ElsaTes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire J’ai vu tous les soleils y venir se mirer S’y jeter Ă  mourir tous les dĂ©sespĂ©rĂ©s Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mĂ©moireLire la suiteIl n’y a pas d’amour heureuxRien n’est jamais acquis Ă  l’homme Ni sa force Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit Ouvrir ses bras son ombre est celle d’une croix Et quand il croit serrer son bonheur il le broie Sa vie est un Ă©trange et douloureux divorce Il n’y a pas d’amour heureuxLire la suitePoĂšme de Robert DesnosJ’ai tant rĂȘvĂ© de toiJ’ai tant rĂȘvĂ© de toi que tu perds ta rĂ©alitĂ©. Est-il encore temps d’atteindre ce corps vivant et de baiser sur cette bouche la naissance de la voix qui m’est chĂšre ?Lire la suiteChanson de Joseph Kessel et Maurice de DruonLe chant des partisansAmi, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines? Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaĂźne? OhĂ©, partisans, ouvriers et paysans, c’est l’alarme. Lire la suitePoĂšmes de Jacques PrĂ©vertBarbaraRappelle-toi Barbara Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-lĂ  Et tu marchais souriante Épanouie ravie ruisselante Sous la pluie Rappelle-toi BarbaraLire la suiteLe cancreIl dit non avec la tĂȘte mais il dit oui avec le coeur il dit oui Ă  ce qu’il aime il dit non au professeur il est deboutLire la suitePoĂšme de Birago DiopViatiqueDans un des trois canaris des trois canaris oĂč reviennent certains soirs les Ăąmes satisfaites et sereines, les souffles des ancĂȘtres, des ancĂȘtres qui furent des hommes des aĂŻeux qui furent des sages, MĂšre a trempĂ© trois doigts, trois doigts de sa main gauche le pouce, l’index et le majeur ;Lire la suitePoĂšmes de LĂ©opold SĂ©dar SenghorJe ne saisJe ne sais en quel temps c’était, je confonds toujours l’enfance et l’Éden Comme je mêle la Mort et la Vie – un pont de douceur les la suiteIn memoriamC’est dimanche j’ai peur de la foule de mes semblables au visage de pierre De ma tour de verre qu’habitent les migraines, les AncĂȘtres impatients. je contemple toits et collines dans la brume. Dans la paix – les cheminĂ©es sont graves et nues. Lire la suiteFemme noireFemme nue, femme noire VĂ©tue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beautĂ© J’ai grandi Ă  ton ombre ; la douceur de tes mains bandait mes yeux Et voilĂ  qu’au cƓur de l’EtĂ© et de Midi, Je te dĂ©couvre, Terre promise, du haut d’un haut col calcinĂ© Et ta beautĂ© me foudroie en plein cƓur, comme l’éclair d’un aigleLire la suitePoĂšme de RenĂ© Guy CadouPourquoi n’allez-vous pas Ă  Paris ?– Pourquoi n’allez-vous pas Ă  Paris ? – Mais l’odeur des lys ! Mais l’odeur des lys !Lire la suitePoĂšme d’AimĂ© CĂ©saireProphĂ©tieLĂ  oĂč l’aventure garde les yeux clairs lĂ  oĂč les femmes rayonnent de langage lĂ  oĂč la mort est belle dans la main comme un oiseau saison de lait lĂ  oĂč le souterrain cueille de sa propre gĂ©nuflexion un luxe de prunelles plus violent que des chenilles lĂ  oĂč la merveille agile fait flĂšche et feu de tout bois Lire la suitePoĂšme d’Édouard GlissantBƓuf Ă©corchĂ©C’est de la viande oĂč passait le sang, de la viande OĂč tremblait la miraculeuse, L’incomprĂ©hensible chaleur des la suite