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Commeun vol de gerfauts hors du charnier natal, FatiguĂ©s de porter leurs misĂšres hautaines, De Palos de Moguer, routiers et capitaines Partaient, ivres dâun rĂȘve hĂ©roĂŻque et brutal.
Enpure prose, mais discursive, du « gerfaut » que hors du charnier natal rassure, Ă dĂ©faut de fondre « sur lâinfortunĂ© rongeur [] repĂ©rĂ© Ă un mouvement suspect, une sorte de frĂ©missement du tapis de feuilles mortes quâil survolait », de « prĂ©senter au contrĂŽleur dâun train qui va par les [mĂȘmes] vastes plaines un billet dĂ»ment compostĂ© », un tissu tour Ă tour
Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal "(José Maria-de-Hérédia).Un peu de poésie dans ce monde de brutes Répondre TRUITE66 Il y a 1 année Le 28/03/2019 à 09:23 Signaler un abus
Le 1er site dâinformation sur lâactualitĂ©. Retrouvez ici une archive du 03 janvier 1983 sur le sujet Comme un vol de gerfauts
Fraiscomme des gardons sortis du ru, les garçons - ça, ça fait remarque de mijaurĂ©e Ă la coule ; en mieux. Boaaf. Et pour une derniĂšre sortie d'essai hors du, gn a, gna, gna : Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal, fatiguĂ©s de porter leurs misĂšres hautaines, De Palos de Moguer, routiers et capitaines Partaient, ivres d'un rĂȘve hĂ©roĂŻque et brutal. Ils allaient conquĂ©rir
Lhorlogerie est en train de quitter les rivages du fabuleux Eldorado exotique quâelle avait su se construire au cours du dernier quart de siĂšcle. CâĂ©tait la terre promise. Il faut maintenant revenir
ï»żCommeun vol de gerfauts hors du charnier natal, - FatiguĂ©s de porter leurs misĂšres hautaines, - De Palos de Moguer, routiers et capitaines - Partaient, ivres d'un rĂȘve hĂ©roĂŻque et brutal. Les TrophĂ©es (1893), Les conquĂ©rants de
Commeun vol de gerfauts hors du charnier natal, FatiguĂ©s de porter leurs misĂšres hautaines, De Palos de Moguer, routiers et capitaines Partaient, ivres d'un rĂȘve hĂ©roĂŻque et brutal. Ils allaient conquĂ©rir le fabuleux mĂ©tal Que Cipango mĂ»rit dans ses mines lointaines, Et les vents alizĂ©s inclinaient leurs antennes Aux bords mystĂ©rieux du monde Occidental. Chaque soir, espĂ©rant
Commeun vol de gerfauts hors du charnier natal Nous partons ivres dâun rĂȘve hĂ©roĂŻque et brutal EspĂ©rant des lendemains Ă©piques Un avenir glorieux et magique Souhaitant que le fruit de nos efforts fournis Jour et nuit, nous mĂšnera vers le bonheur fleuri Aujourdâhui, ici rassemblĂ©s auprĂšs des jurys, Nous prions dieu que cette soutenance Fera signe de persĂ©vĂ©rance Et que nous
iJudRw. Mis Ă jour mardi 26 octobre 2021 1627 Ăcrit par ArkĂ©oTopia Imprimer E-mail Afin de faciliter lâaccĂšs Ă des poĂšmes traitant des diffĂ©rentes pĂ©riodes de la prĂ©histoire et de lâhistoire, la bande Ă Augustin a Ă©tabli une brĂšve sĂ©lection allant du prĂ©-palĂ©olithique Ă la pĂ©riode contemporaine. De quoi alimenter les cours de poĂ©sie pour les jeunes de 6 Ă 11 ans ou de se faire plaisir entre amis. PoĂ©sies sur la prĂ©histoire et lâhistoire Les poĂšmes qui suivent ont Ă©tĂ© choisis selon quatre critĂšres leur relation avec lâarchĂ©ologie, câest-Ă -dire avec les compĂ©tences techniques de lâĂȘtre humain Ă travers le temps, leur relation avec une pĂ©riode dĂ©finie du temps recouvrant autant la prĂ©histoire que lâhistoire, leur justesse scientifique câest-Ă -dire du point de vue archĂ©ologique dans la limite de nos connaissances actuelles, leur accessibilitĂ© pour des jeunes dâaujourdâhui. Le public ciblĂ© concerne les professeurs des Ă©coles enseignant en fin de cycle 1 CP, de cycle 2 CE1-CE2 et en cycle 3 CM1, CM2 et 6e ainsi que les passionnĂ©s dâarchĂ©ologie et de poĂ©sie quel que soit leur poĂšmes sĂ©lectionnĂ©s peuvent ĂȘtre utilisĂ©s en cours de poĂ©sie, mais Ă©galement en relation avec les cours de science pour lâHistoire, la gĂ©ographie et la dĂ©marche dâinvestigation ainsi que pour lâenseignement du numĂ©rique et des arts visuels en plus du français lexique. Une diversitĂ© de styles poĂ©tiques est recherchĂ©e avec alexandrins, sonnets, haĂŻkus, vers libres, etc. Les auteurs peuvent ĂȘtre de grands classiques comme des auteurs contemporains voire des jeunes ayant rĂ©alisĂ© une production dans le cadre d'un cours Ă l'Ă©cole ou au collĂšge. Sommaire La prĂ©histoire PrĂ©-PalĂ©olithique PalĂ©olithique MĂ©solithique NĂ©olithique L'histoire AntiquitĂ© Moyen Ăge PĂ©riode Moderne PĂ©riode Contemporaine La prĂ©histoire du PrĂ©-PalĂ©olithique au NĂ©olithique Rares sont les poĂšmes prĂ©sentant les diffĂ©rentes pĂ©riodes de la PrĂ©histoire. En voici un. Histoire de la PrĂ©histoire Comme un tout jeune enfant,Qui fait ses premiers pas,Au PrĂ©-PalĂ©olithique, tu te fier de toi, encore poursuivant,Tu dĂ©couvres le feu et tout en finesse,Au PalĂ©olithique, tu es un expert du de pertes de matiĂšre, il faut d'intelligence, tu vas MĂ©solithique, c'est la gloire des nous sommes, nous voilĂ dĂ©jĂ cosmopolites,Animaux et plantes sont NĂ©olithique, nous devenons Gransard-Desmond 1975- / CC BY NC SA, FĂ©vrier 2020 PrĂ©-PalĂ©olithique Faire du feu Prendre deux silex, Ce nâest pas le bon rĂ©flexe. Prendre un champignon ! On commence Ă ĂȘtre bon. On tape sur une pyrite Ca fait l'effet d'une dynamite. VoilĂ une belle Ă©tincelle ! Ajouter des brindilles pĂȘle-mĂȘle, On obtient un grand feu Qui fera des envieux !AurĂ©lie Pettoello, extrait de Comptines prĂ©historiques, Ădition L'hydre jeunesse, mai 2008Avec l'aimable autorisation de l'auteurPoĂšme adaptĂ© Ă des enfants de Cycle 2 CP-CE1-CE2 Retour au sommaire PalĂ©olithique Les Cro-Magnon L'un derriĂšre l'autre nous la recherche des lancerons les pierres qui tuentPour nourrir toute la nous appelle prĂ©historique,Mais nous inventons la dans nos grottes vĂ©nĂ©rĂ©es,Naissent les premiers artistes et l' cent, dans mille, dans dix mille ans,Dans le regard d'un enfant savant,Nos animaux reprendront de nouveaux dans nos esprits,Mammouths et bisons danseront,GrĂące aux hommes de Lamblin Merci le renne ! Je tanne une peau de rennePour en faire une robe d'hiver,J'y accrocherai des perles par centaines,Elle sera vraiment super !Je tanne un peau de rennePour en faire des chaussures,Avec un peu d'ocre et trois poils de hyĂšne,Elles auront fiĂšre allure !Je tanne un peau de rennePour en faire une sacoche,Pour ranger mes fruits et mes grainesEt ne plus en avoir plein les poches !Je tanne un peau de rennePour en faire une toile de tente,Elle me protĂ©gera sans peine,Il y fera toujours trente !Merci le renne !AurĂ©lie Pettoello, extrait de Comptines prĂ©historiques, Ădition L'hydre jeunesse, mai 2008Avec l'aimable autorisation de l'auteurPoĂšme adaptĂ© Ă des enfants de Cycle 2 CE1-CE2 Homme de la preÌhistoire Avec tes dessins dâun autre aÌge,Vestiges de ton passage,Tu as nourri notre imagination,Depuis tant de espoir quand tu as fait le feu !Combien tu as duÌ eÌtre heureux !Puis, tu as eÌleveÌ des as dresseÌ des as travailleÌ la terreEt deÌcouvert le as graveÌ la pierreEt nous as laisseÌ tes inconnu Lâhomme de Lascaux Dans la grotte de Lascaux,Courent des centaines d' bisons, des rennes, des chevaux,Des cerfs, des vaches et des taureaux...Mais les artistes gĂ©niauxQui ont peint ces animaux,N'ont laissĂ©, sur les parois de Lascaux,Qu'un seul homme et qu'un seul scĂšne pathĂ©tiqueDe chasse au palĂ©olithique Un homme de Cro-MagnonRenversĂ© par un ce qui est Ă©tonnant,Pour ne pas dire renversant,C'est que le seul homme de LascauxAit une tĂȘte d' inconnu Retour au sommaire MĂ©solithique En attente d'un texte adaptĂ© Retour au sommaire NĂ©olithique RĂ©volution NĂ©olithique JâĂ©tais nomade et je vagabondais voici sĂ©dentaire, fixĂ© depuis lors. Dans ma hutte de paille, dâargile et de bois,Jâai trouvĂ© le plaisir dâĂȘtre en un seul bien aprĂšs le feu, les outils et les arts,Le jour sâest relevĂ© sur de nouveaux savoirs. Plus que lassĂ© de ces techniques aguerries,Je mâamuse et je crĂ©e de tout nouveaux et puis je stocke tous les grains de blĂ©,Que chĂšvres et moutons nâont pas voulu nos armes en cuivre et nos innovations, Faisons vivre alentour cette Gransard-Desmond 1975- / CC BY NC SA, Mai 2020 Nouvelle Ăšre Un jour je me suis dis jâarrĂȘte de courir ! » Et je me suis posĂ© au bord de la riviĂšre. Jâai choisi de changer, jâai choisi de construire, Et de rendre pour moi la terre nourriciĂšre. Le jour sâest relevĂ© sur de nouveaux savoirs Mes anciennes techniques sont amĂ©liorĂ©es, Je ne voulais plus rien qui soit alĂ©atoire Jâai semĂ©, engrangĂ©, cultivĂ©, Ă©levĂ© ! Dans ma hutte de paille, dâargile et de bois, Le foyer allumĂ© et la couche moĂ«lleuse Jâai trouvĂ© le plaisir dâĂȘtre Ă un seul endroit. Alors je dis VoilĂ ! La vie est prodigieuse ! » Ils diront bien plus tard Câest le NĂ©olithique. Ils ont fait des outils plus affinĂ©s quâavant, Ils ont creusĂ© les champs, ont rendu domestiques Les animaux sauvages, sont devenus marchands. » Christiane Angibous-Esnault 1947- / CC BY NC SA, Mai 2020 Retour au sommaire Renku tirĂ© de Alsace ViĂȘt-Nam, l'escapade d'un rĂȘve L'histoire de l'AntiquitĂ© Ă la pĂ©riode contemporaine AntiquitĂ© Les Gaulois Rendus ceÌleÌbres par Goscinny et Uderzo Qui racontent les aventures de deux heÌros, Lâun petit et mince, et lâautre un peu plus gros Ce sont les Gaulois, ce sont les Gaulois. ArriveÌs en Gaule vers moins huit cents, Celtes et Grecs ont cohabiteÌ pacifiquement. Leurs voisins ont alors dit dâeux, naturellement, Ce sont des Gaulois, ce sont des Gaulois. Excellents agriculteurs et forgerons, Amateurs de cervoise, est alors apparue une question. Inventer le tonneau fut la solution. Ce sont les Gaulois, ce sont les Gaulois ! Et si un jour dans la rue vous croisez Un homme portant moustache, tunique et braies, Alors vous aussi vous pourrez clamer Câest un Gaulois, câest un Gaulois ! Romain Bernaud Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage, Ou comme cestuy-lĂ qui conquit la toison, Et puis est retournĂ©, plein d'usage et raison, Vivre entre ses parents le reste de son Ăąge ! Quand reverrai-je, hĂ©las, de mon petit village Fumer la cheminĂ©e, et en quelle saison Reverrai-je le clos de ma pauvre maison, Qui m'est une province, et beaucoup davantage ? Plus me plaĂźt le sĂ©jour qu'ont bĂąti mes aĂŻeux, Que des palais Romains le front audacieux, Plus que le marbre dur me plaĂźt l'ardoise fine Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin, Plus mon petit LirĂ©, que le mont Palatin, Et plus que l'air marin la doulceur du Bellay 1522-1560, Les Regrets, sonnet XXXI, Janvier 1558 Retour au sommaire Moyen Ăge Chant du chevalier Il Ă©tait noble, il Ă©tait fort. Il se battait pour une reine. Il Ă©tait noble, il Ă©tait fort Et fidĂšle jusquâĂ la mort. Il la prit par la main un soir. CâĂ©tait la plus pauvre des reines Il la prit par la main un soir Et la fit sur le trĂŽne asseoir. Il posa la couronne dâor CâĂ©tait la plus humble des reines Il posa la couronne dâor Sur sa tĂȘte comme un trĂ©sor. Haut lâĂ©pĂ©e, il se tenait droit CâĂ©tait la plus faible des reines Haut lâĂ©pĂ©e, il se tenait droit Pour la dĂ©fendre, elle et son droit. Ă ses pieds tristes, en vainqueur, CâĂ©tait la plus triste des reines Ă ses pieds tristes, en vainqueur, Il mit le monde⊠Hors son cĆur. Il mourut pour sa reine un jour. CâĂ©tait la plus pauvre des reines Il mourut pour sa reine un jour⊠Il aimait une autre dâamour. Marie NoĂ«l 1883-1967, Chants dâarriĂšre-saison, 1961 La gargouille Ouille ouille ouille, sâeÌcrie la gargouille ! Si câest la feÌte aÌ la grenouille, Câest la feÌte aÌ mes cervicales, Je nâvous parle pas de mes dorsales, Bref, pas moyen dâaller au bal ! Tout en haut de la catheÌdrale, JâĂ©loigne les mauvais esprits, Je nâsuis pas dâune beauteÌ fatale Mais câest le roÌle de ma vie. Dâailleurs on aime photographier Mon sourire un peu crispeÌ. Lâhiver me pose des cheveux blancs Et une barbichette au menton, Sans demander ma permission, Câest vraiment pas du tout marrant. Jâadore les gibouleÌes de mars, Câest le moment de faire des farces Une goutte sur le professeur, Une goutte sur Monsieur le cureÌ, Une goutte sur le pâtit facteur, Une goutte sur le gros boucher. Je nây peux rien si mon sculpteur Mâa donneÌ lâenvie de rigoler ! Tout lâeÌteÌ aÌ se desseÌcher Et meÌme pas moyen de bronzer ! Mais je ne suis pas ameÌre Car ma voisine câest la chimeÌre. On papote comme des commeÌres On ragote comme des vipeÌres En vous regardant passer. Pascal Genneret Retour au sommaire PĂ©riode Moderne Les ConquĂ©rants Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal, FatiguĂ©s de porter leurs misĂšres hautaines, De Palos de Moguer, routiers et capitaines Partaient, ivres dâun rĂȘve hĂ©roĂŻque et brutal. Ils allaient conquĂ©rir le fabuleux mĂ©tal Que Cipango mĂ»rit dans ses mines lointaines, Et les vents alizĂ©s inclinaient leurs antennes Aux bord mystĂ©rieux du monde Occidental. Chaque soir, espĂ©rant des lendemains Ă©piques, Lâazur phosphorescent de la mer des Tropiques Enchantait leur sommeil dâun mirage dorĂ© ; Ou, penchĂ©s Ă lâavant des blanches caravelles, Ils regardaient monter en un ciel ignorĂ©s, Du fond de lâOcĂ©an des Ă©toiles nouvelles. JosĂ© Maria de HĂ©rĂ©dia 1842-1905, Les TrophĂ©es, Alphonse Lemerre, 1893, p. 111 Retour au sommaire PĂ©riode Contemporaine Rhin romantique, croisiĂšre en haĂŻkus, extrait La maison du berger, extrait Que Dieu guide Ă son but la vapeur foudroyante Sur le fer des chemins qui traversent les monts, Quâun ange soit debout sur sa forge bruyante, Quand elle va sous terre ou fait trembler les ponts Et, de ses dents de feu, dĂ©vorant ses chaudiĂšres, Transperce les citĂ©s et saute les riviĂšres, Plus vite que le cerf dans lâardeur de ses bonds! Oui, si lâange aux yeux bleus ne veille sur sa route, Et le glaive Ă la main ne plane et la dĂ©fend, Sâil nâa comptĂ© les coups du levier, sâil nâĂ©coute Chaque tour de la roue en son cours triomphant, Sâil nâa lâĆil sur les eaux et la main sur la braise, Pour jeter en Ă©clats la magique fournaise, Il suffira toujours du caillou dâun enfant. Sur le taureau de fer qui fume, souffle et beugle, Lâhomme a montĂ© trop tĂŽt. Nul ne connaĂźt encor Quels orages en lui porte ce rude aveugle, Et le gai voyageur lui livre son trĂ©sor!; Son vieux pĂšre et ses fils, il les jette en otage Dans le ventre brĂ»lant du taureau de Carthage, Qui les rejette en cendre aux pieds du dieu de lâor. Alfred de Vigny 1797-1863, recueil Les DestinĂ©es, 1864, p. 17-42 / extrait du poĂšme La maison du berger », I, p. 22-23 Renku extrait de Paris, ma romance Usine de campagne Usine ourlant de laideur grise un champ de blĂ© si honteuse dans sa logique de dresser lĂ ses murs de briques quâon la prendrait pour un grand vaisseau naufragĂ©. Sa cheminĂ©e trop haute et qui semble vĂ©tuste distille une fumĂ©e dâhiver que le vent aussitĂŽt conquiert pour tracer dans le ciel un fin chemin dâarbustes. Le lierre et les orties cernent les alentours et la mousse attendrit ses tuiles en leur donnant un air fertile de jachĂšre attendant lâĂ©poque des labours. Mais dans lâĂ©tĂ© qui dort son haleine est trop forte pour les papillons audacieux et les blĂ©s ont pris lâair soucieux des arbres quand ils voient tomber leurs feuilles mortes. Pierre BĂ©arn 1902-2004, recueil Couleurs d'usine, 1951 Retour au sommaire La fusĂ©e Participer Ă cette page vous connaissez ou vous avez Ă©crit un poĂšme qui pourrait trouver sa place dans cette liste, n'hĂ©sitez pas Ă nous le faire savoir en nous Ă©crivant via le formulaire d'ArkĂ©oTopia. Merci de prĂ©ciser le titre du poĂšme, son contenu ainsi que la rĂ©fĂ©rence de sa publication. Si vous en ĂȘtes l'auteur, merci de prĂ©ciser votre nom d'auteur, le titre du poĂšme et son contenu ainsi que l'espace de sa publication. 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Restitution du dĂ©bat du CafĂ©-philo de Chevilly-Larue 15 fĂ©vrier 2012 BartolomĂ© de las Casas Animateurs Guy Pannetier. Guy Philippon. Danielle Michelle Lalanne. Introduction PrĂ©sentation de lâĆuvre Elle paraĂźt en 1992. Lâauteur, Jean-Claude CarriĂšre, nĂ© en 1931, est scĂ©nariste et Ă©crivain. Il est lâauteur dâĆuvres dont beaucoup seront reprises au cinĂ©ma, comme Les vacances de Monsieur Hulot â Mon oncle â Viva MarĂa â Le retour de Martin GuerreâŠCette Ćuvre, La controverse de Valladolid, est tout Ă la fois un document historique, puisque cette controverse, cet Ă©vĂ©nement, sâest rĂ©ellement dĂ©roulĂ© Ă Valladolid, et en mĂȘme temps un roman historique, avec des dialogues imaginĂ©s par lâauteur. La mĂȘme annĂ©e, La controverse de Valladolid sort en tĂ©lĂ©film Ă la tĂ©lĂ©vision. On voit, on sent dĂ©jĂ tout au long de lâĆuvre quâelle est construite avec une mise en scĂšne, un dĂ©cor pour une dramatique, des personnages puissants. Lâobjet de cette controverse ou disputation, lâĂ©tat dâesprit, les conceptions et les valeurs morales dâalors, peuvent nous surprendre. Lâauteur lui-mĂȘme dĂ©clare La vĂ©ritĂ© que je cherche nâest pas historique mais dramatique. » Afin de situer lâhistoire, pour ceux qui nâauraient eu le temps de lire le livre, en voici le rĂ©sumĂ© Dans un couvent de Valladolid, quelque soixante ans aprĂšs la dĂ©couverte du Nouveau Monde, deux hommes sâaffrontent dans un dĂ©bat passionnĂ© les Indiens sont-ils des hommes comme les autres ? Pour le dominicain Las Casas, ardent dĂ©fenseur de la cause indienne, cela ne fait aucun doute les Espagnols, avides de conquĂȘte, ont niĂ© lâĂ©vidence, assujettissant et massacrant les indigĂšnes par millions. Face Ă lui, le philosophe SepĂčlveda affirme que certains peuples sont nĂ©s pour ĂȘtre dominĂ©s. Vont sâaffronter alors le droit divin et le prĂ©dĂ©terminisme contre les droits de lâhomme. Lâempire dâEspagne est devenu lâempire oĂč le soleil ne se couche jamais ». Des Nouvelles Indes arrivent de lâor, de lâargent, des Ă©pices ; câest la richesse pour beaucoup, mais le roi Charles Quint a des informations sur la maltraitance des indiens qui lâinquiĂštent, et son souci de justice, sa conscience, lui commandent des Ă©claircissements Ă ce sujet. Câest pourquoi il va dĂ©cider dâarrĂȘter les expĂ©ditions de conquĂȘte et demander ce dĂ©bat Ces grandes disputes oĂč sâĂ©tablissent durablement les certitudes. » Page 25 Cette disputation devra dire JusquâĂ quel point les guerres indiennes sont justifiĂ©es. » Page 25. Pour chacun de nous, au long de cette lecture, quâavons-nous ressenti ? Quels sont les passages qui nous ont particuliĂšrement marquĂ©s ? Quels messages pour notre sociĂ©tĂ© aujourdâhui ? DĂ©bat G Lâauteur nous dit dans la note de prĂ©face page 9 que la controverse nâa pas eu lieu sous cette forme, en un seul dĂ©bat La controverse est un Ă©vĂ©nement historique. [âŠ] Il nâest pas sĂ»r quâils se rencontrĂšrent et dĂ©battirent en public. [âŠ] Las Casas parla longuement au point de fatiguer son auditoire. [âŠ] Les conclusions ne furent jamais officiellement proclamĂ©es. »Par ailleurs, cette Ćuvre a Ă©tĂ© reprise au théùtre, avec, Ă un moment donnĂ©, cette forme théùtrale quâon appelle, la mise en abĂźme »*, telle que la scĂšne des fous.* ReprĂ©sentation dâune Ćuvre Ă lâintĂ©rieur dâune Ćuvre. G La Bible, bien sĂ»r, ne parlait pas des Indiens, mais la malĂ©diction de Cham », suivant certaines exĂ©gĂšses, fera des noirs une race maudite ». Texte biblique Maudit soit Canaan, quâil soit lâesclave des esclaves de ses frĂšres ». Des interprĂ©tations en feraient des sous-hommes et justifieraient leur utilisation comme esclaves. Des Grecs aux Romains, puis, Ă leur tour, les Maures, tous feront perdre leur statut Ă ceux quâils vont mettre en est aussi un moyen dâavoir de la main dâĆuvre bon marchĂ© ; nous avons aussi nos esclaves. G La controverse, comme il a dĂ©jĂ Ă©tĂ© prĂ©cisĂ©, a eu lieu, mĂȘme si ce nâest pas sous cette forme romancĂ©e. Elle a eu lieu dans des couvents et aurait durĂ© deux fois un mois, Ă une annĂ©e dâintervalle. Apparemment le sujet de la controverse nâĂ©tait pas de savoir si les Indiens avaient une Ăąme », cela Ă©tait dĂ©jĂ acquis par la papautĂ©, ce qui justifiait quâil fallait les Ă©vangĂ©liser. Le rĂ©el sujet Ă©tait y a-t-il des civilisations qui mĂ©ritent dâĂȘtre Ă©radiquĂ©es ou pas ? Et, pour cela, a-t-on le droit dâutiliser la violence ? Donc, le sujet Ă©tait dĂ©jĂ autour de lâinĂ©galitĂ© entre les civilisations. Est-ce quâil y a, est-ce quâil y avait une civilisation occidentale supĂ©rieure devant sâimposer aux autres ?Lors de son voyage au BrĂ©sil en 2007, le pape Benoit XVI dĂ©clarait Lâannonce de JĂ©sus et de son Ă©vangile nâa supposĂ© Ă aucun moment une aliĂ©nation des cultures prĂ©colombiennes, ni ne fut une imposition dâune culture extĂ©rieure. » Source A ceux qui voudraient ne pas laisser sâĂ©teindre lâhĂ©ritage de ce qui avait prĂ©cĂ©dĂ© la conquĂȘte », le pape exprime mĂȘme une mise en garde inquiĂ©tante qui sent encore le soufre et les fumĂ©es de lâInquisition. Lâutopie de redonner vie aux religions prĂ©colombiennes, les sĂ©parant du Christ et de lâEglise universelle, ne serait pas un progrĂšs, mais une rĂ©gression. Source Ce qui est plus choquant, câest la justification qui suit Mais, quâa signifiĂ© lâacceptation de la foi chrĂ©tienne par les peuples de lâAmĂ©rique latine et de la CaraĂŻbe? Pour eux, cela a signifiĂ©, accueillir le Christ, le Dieu inconnu que leurs ancĂȘtres, sans le rĂ©aliser, cherchaient dans leurs riches traditions religieuses ». Ibid.. La controverse nâest donc pas close de nos jours. G La controverse de Valladolid est dâabord un problĂšme interne Ă lâEglise catholique, câest-Ă -dire que tout qui ce qui est RĂ©forme, Bouddhisme, Orthodoxie, Islam, etc., nâest pas immĂ©diatement concernĂ© et reconnu comme la vraie religion », comme le considĂ©raient les catholiques de lâĂ©poque. Il y a toujours eu dans lâEglise un dĂ©bat entre une logique identitaire avec les tenants des dogmes qui permettent aux gens de se reconnaĂźtre comme faisant partie dâun mĂȘme groupe humain et une logique plus prosĂ©lyte, faite pour lâouverture, la charitĂ© et la relation avec dâautres, dont les Gentils ». MĂȘme au sein du judaĂŻsme les tendances identitaires et prosĂ©lytes coexistent. Donc, depuis que les religions existent et en particulier dans le christianisme, les deux tendances que lâon voit dans la controverse sont Ă lâ que jâai aimĂ© dans ce livre, câest quâil y a une quantitĂ© dâarguments pour lâun comme pour lâautre, et un dĂ©bat contradictoire, câest-Ă -dire que lâun donne son point de vue et lâautre donne le sien. MĂȘme si dans la conclusion on botte un peu en touche », en trouvant des remplaçants aux Indiens dans lâesclavage des Noirs, le dĂ©bat nâest pas nombre de sujets qui sont abordĂ©s dans la controverse est impressionnant. Il y est question des rapports dominants-dominĂ©s, de la dialectique maĂźtre-esclave, des traitements inhumains et dĂ©gradants, de la peine de mort, de la torture, de la soumission les pacifiques doivent ĂȘtre obligatoirement soumis.Le livre repose le problĂšme des fĂ©odalitĂ©s, du catholicisme tout-puissant, de la dĂ©finition de lâhomme quâest-ce que lâhomme ? â voir aussi le livre de Vercors Les animaux dĂ©naturĂ©s, du comportement de lâĂȘtre humain face Ă la diffĂ©rence, de lâ y est aussi question du profit, de la ruĂ©e vers lâor, de la perversion par les richesses matĂ©rielles. On peut aussi noter cette façon bien connue de rĂ©cupĂ©rer Dieu Dieu est Ă nos cĂŽtĂ©s » et dâannexer le message chrĂ©tien, alors que sâil y a quelque chose quâon ne peut pas annexer, câest bien le message chrĂ©tien. On trouve une accusation de dĂ©mence en cas de dĂ©saccord avec quelquâun, dans le passage oĂč, Ă un moment donnĂ©, Las Casas est accusĂ© de folie parce quâil dit un certain nombre de choses qui ne sont pas religieusement correctes. Une rĂ©flexion sur lâEglise et le pouvoir temporel de la Couronne est abordĂ©e. On repĂšre aussi un hiatus entre la raison de SepĂčlveda et lâhumanitĂ© de Las Casas, la morale et puis la livre me renvoie aussi Ă quelque chose que jâavais lu dans un autre livre qui sâappelait LâantisĂ©mitisme dans la littĂ©rature populaire » de Marie-France Rouart. On y trouvait tous les arguments de lâantisĂ©mitisme dans la littĂ©rature populaire. En effet, quand on a un adversaire Ă abattre, câest toujours avec les mĂȘmes arguments mesquins lâanthropophagie, les sacrifices humains, lâart primitif et frustre, la fornication. Ce sont toujours les mĂȘmes pauvres petits arguments qui font quâon va dĂ©molir des hommes qui ne sont plus alors des hommes mais des rats », des poux », ou tout ce quâon veut, mais le mot homme » va disparaĂźtre du vocabulaire. Ensuite, une autre partie sur la dĂ©sespĂ©rance des pauvres mâa plu. A un moment, on dit que, quand lâon prend le pain des pauvres, câest leur vie quâon prend. Le pain, câest leur vie, contrairement aux riches pour qui il y a des tas dâautres solutions, ils nâont pas que le pain. Pour lâun, câest le nĂ©cessaire et pour lâautre, le superflu. DâoĂč, une rĂ©flexion sur la pauvretĂ©, qui me fait dire, Ă lâinstar de Jean-Paul Sartre, que quand ça va mal Il ne faut pas dĂ©sespĂ©rer Billancourt. » Le livre pose aussi la question des guerres justes ou pas justes. Il fait rĂ©flĂ©chir sur le danger des certitudes, notamment des hommes dâappareil, que ce soit des catholiques ou autres, car elles se retrouvent partout, dans toutes les religions, tous les partis politiques, toutes les idĂ©ologies, toutes les revendications⊠Une chose mâa aussi particuliĂšrement interpellĂ©e, câest la perversion du discours quand la victime est dĂ©signĂ©e comme coupable, quand la victime est accusĂ©e de sâĂȘtre mise dans la situation dâĂȘtre coupable des agressions quâelle subit ; je trouve cela pervers. Une autre chose est Ă noter, câest un moment oĂč on comprend que nous ne sommes pas les pompiers », que nous ne sommes pas lĂ pour sauver lâunivers. Il y a des tas de doctrines qui se veulent universelles, mais il nây a ni idĂ©ologie, ni peuple qui puisse prĂ©tendre rĂ©soudre tous les problĂšmes de lâunivers, comme le pensait cette Eglise de lâInquisition. Le livre pose aussi la question de la civilisation et de la barbarie, du choc des cultures particuliĂšrement dâactualitĂ© pour nous, et de lâidĂ©e quâil faudrait sauver les meilleurs, quitte Ă sacrifier des populations entiĂšres pour que lâĂ©lite puisse Ă©merger. Page 249 Sauvons les meilleurs. »Pour toutes ces questions, jâai beaucoup aimĂ© lire ce livre. G Jâai trouvĂ© que Las Casas Ă©tait en avance de plusieurs siĂšcles. Il nous renvoie aux droits des plus faibles, de la femme, et Ă la domination possible, cela au-delĂ des Indiens. Quant Ă SepĂčlveda, il utilise un langage de technocrate ». Jâai relevĂ© aussi ce passage qui reprend lâidĂ©e que seuls les ĂȘtres humains rient. Mais, devant la reprĂ©sentation théùtrale, les Indiens ne rient pas ; lâauteur nous montre lâabsurditĂ© du raisonnement, de cette logique perverse qui cherche Ă manipuler. G Un regard sur les trois personnages principaux Las Casas BartholomĂ© de, le prĂȘtre dominicain, est celui qui dĂ©fend les Indiens, qui veut quâils soient considĂ©rĂ©s comme des ĂȘtres humains Ă part entiĂšre et que cessent les actions les rendant esclaves des Espagnols, quâon cesse de les exploiter, de prendre leurs terres, quâon cesse de vouloir les convertir par lâĂ©pĂ©e plus que par la parole. Son attachement Ă cette cause humanitaire lâanime dâune fougue qui peut ĂȘtre sa faiblesse, car il sâĂ©chauffe, ce qui peut servir son adversaire. Lorsquâil va terminer sa plaidoirie », Las Casas commence par ces paroles qui sont souvent citĂ©es Jâai appris une chose, câest que la vĂ©ritĂ© sâavance toute seule, fragile, toujours attaquĂ©e par mille ennemis. Le mensonge au contraire a beaucoup dâauxiliaires⊠»SepĂčlveda GinĂšs de, dĂ©fini comme le philosophe, est un homme froid sans Ă©motion, qui attend que son adversaire perde son calme. Il nâest jamais allĂ© aux Nouvelles Indes, nâa jamais vu dâIndien de prĂšs. Il dĂ©fend et la doctrine religieuse et les intĂ©rĂȘts des grands dâEspagne et des colons. Câest un spĂ©cialiste de la rhĂ©torique dâalors avec une logique manichĂ©enne, des constructions sophistiques empreintes du discours de lâĂ©poque, oĂč la premiĂšre prĂ©misse est toujours biaisĂ©e. Page 61, il dit Nâest-il pas Ă©tabli, nâest-il pas parfaitement certain que tous les peuples de la terre, sans exception, ont Ă©tĂ© créés pour ĂȘtre chrĂ©tiens un jour ? ». Comme il ne sâadresse quâĂ des moines, la cause est entendue dâoffice. Cette prĂ©misse acceptĂ©e, tout le reste ne peut ĂȘtre cardinal Salvatore Roncieri, le lĂ©gat du pape, est celui qui dĂ©finit ce que sera le dĂ©bat et celui qui au final jugera. Sa quĂȘte de la vĂ©ritĂ© lâamĂšne parfois Ă beaucoup de tolĂ©rance. Avant que le roi ne lui fasse savoir par une lettre, il sait dĂ©jĂ , ou pressent, ce quâil lui faut concilier satisfaire la conscience et satisfaire les intĂ©rĂȘts A la fin de notre dĂ©bat, la dĂ©cision que je prendrai sera ipso facto confirmĂ©e par le Saint pĂšre et deviendra par consĂ©quent irrĂ©vocable ». G Dans lâexposĂ© de Las Casas sur la situation des Indiens, on voit que, pour les conquĂ©rants espagnols, lâIndien ne vaut mĂȘme pas lâanimal ; ainsi, page 17 A Cuba par exemple, on Ă©change quatre-vingts individus contre une jument. » Un animal nâa pas dâĂąme ; ce sujet revient souvent, mais est abordĂ© diffĂ©remment ; ainsi, page 43 Jâai vu un soldat, en riant, planter sa dague dans le ventre dâun enfant, et cet enfant allait de-ci de-lĂ en tenant Ă deux mains ses entrailles qui sâĂ©chappaient ». Quâavez-vous fait ? », lui demandera le cardinal. Je lui ai parlĂ© de Dieu, il est mort dans mes bras ; jâai voulu sauver son Ăąme, je ne pouvais rien faire dâautre. », va-t-il Ă SepĂčlveda, finalement, il admettra que les Indiens ont une Ăąme page 174 SepĂčlveda â VoilĂ pourquoi les vrais chrĂ©tiens se pressent [âŠ] Ă porter dans les terres nouvelles la parole de vĂ©ritĂ© [âŠ] pour les sauver ! Pour sauver leur Ăąme ! [âŠ] Câest le dominicain qui lĂšve la main dans le silence et qui demande avant mĂȘme quâon lây autorise Vous admettez donc quâils ont une Ăąme ? SepĂčlveda a changĂ© de tactique et Las Casas se demande oĂč il veut en venir. G Les deux protagonistes Las Casas et SepĂčlveda sont deux hommes dâEglise. Le premier fait partie dâun ordre monastique ; câest un dominicain. Le second est un chanoine ; il est plus un homme dâappareil ecclĂ©sial. Ces deux tendances du clergĂ© rĂ©gulier et du clergĂ© sĂ©culier ont toujours cohabitĂ© et dialoguĂ© dans lâEglise catholique. G Le sujet de la controverse est trĂšs vivant, particuliĂšrement en ce qui concerne les lois qui protĂ©geaient les Indiens tout en laissant les colons les exploiter. Des contradictions existaient entre la loi et la rĂ©alitĂ©. Nous avons lĂ le rappel du gĂ©nocide* et dĂ©jĂ lâargument des bienfaits de la colonisation ». Câest la diffĂ©rence aussi entre les hommes de terrain et les hommes dans leurs Ă©glises, loin de la rĂ©alitĂ© du Casas vient Ă cette controverse avec le dĂ©sir que soient prononcĂ©es des lois pour protĂ©ger les Indiens et en mĂȘme temps nous voyons les colons sâinquiĂ©ter pour leurs possessions.*Câest peut-ĂȘtre le plus grand gĂ©nocide de lâhistoire de 25 millions dâindiens dans ces contrĂ©es dâAmĂ©rique lors de lâarrivĂ©e de Christophe Colomb et dâAmĂ©rigo Vespucci, deux cents ans aprĂšs, il nâen restera quâun million. Source Arte, le 3 fĂ©vrier 2012 Ă 15 h. Mayas, AztĂšques, Incas. G Il y a des enjeux psychologiques et politiques dans cette controverse. Elle fait aujourdâhui rĂ©flĂ©chir sur la persistance des prĂ©jugĂ©s et des idĂ©ologies en divisant le genre humain en catĂ©gories dites infĂ©rieures et en catĂ©gories dites supĂ©rieures. Câest sans doute pourquoi Jean-Claude CarriĂšre a eu le souci de traduire La controverse de Valladolid », dâabord en film, puis en livre, puis en piĂšce de théùtre. Ce qui se joue dans la controverse sâest rĂ©pĂ©tĂ© plusieurs fois dans lâhistoire. Vingt siĂšcles avant la controverse, les Grecs appelaient barbares ceux qui ne parlaient pas leur langue ; lâempire chinois pendant des siĂšcles sâest dĂ©fini comme lâEmpire du milieu » et rejetait Ă la pĂ©riphĂ©rie, dans des banlieues », toutes les autres cultures ; au vingtiĂšme siĂšcle lâidĂ©ologie nazie a traitĂ© les juifs comme des non-humains, et enfin plus prĂšs de nous, lâEtat soviĂ©tique, puis lâEtat russe traite les TchĂ©chĂšnes comme des sous-hommes. Ăa, câest une premiĂšre remarque. La deuxiĂšme remarque, câest la maniĂšre dont la question est posĂ©e. Ce qui traduit le fait pour le pouvoir en place de valider et de dĂ©velopper une idĂ©ologie dominante qui permet de justifier la maltraitance des populations jugĂ©es infĂ©rieures ou reprends en ce sens cette partie du texte, oĂč le lĂ©gat du pape introduit les dĂ©bats Mes chers frĂšres, depuis que par la grĂące de Dieu, le royaume dâEspagne a dĂ©couvert les Indes de lâouest, que certains appellent dĂ©jĂ le Nouveau Monde, nous avons vu sâĂ©lever un grand nombre de questions difficiles que rien, dans lâhistoire, ne laissait prĂ©voir. Une de ces questions qui est de premiĂšre importance, nâa jamais eu de rĂ©ponse claire et complĂšte. [âŠ] Ces terres nouvelles ont des habitants, qui ont Ă©tĂ© vaincus et soumis au nom du vrai Dieu. Cependant, des rumeurs se sont rĂ©pandues en Europe disant que les indigĂšnes de Mexico et des Ăźles de la Nouvelle Espagne ont Ă©tĂ© injustement maltraitĂ©s par les conquĂ©rants espagnols. » Page 36 Plus loin, il poursuit Aujourdâ hui, le Saint PĂšre mâa envoyĂ© jusquâĂ vous avec une mission prĂ©cise dĂ©cider, avec votre aide, si ces indigĂšnes sont des ĂȘtres humains achevĂ©s et vĂ©ritables, des crĂ©atures de Dieu et nos frĂšres dans la descendance dâAdam. Ou si au contraire, comme on lâa soutenu, ils sont des ĂȘtres dâune catĂ©gorie distincte, ou mĂȘme les sujets de lâempire du Diable. » Page 37 Donc la dispute commence par cette question du prĂ©lat, question liĂ©e Ă la colonisation, voulant justifier en argumentant que la maltraitance Ă lâĂ©gard des AmĂ©rindiens est juste. Enfin, il sâagit dâune question politique qui concerne la citĂ©, la citĂ© chrĂ©tienne, transformĂ©e en question finalement, la controverse de Valladolid, quand on la lit, quand on va voir le spectacle, nous fait profondĂ©ment rĂ©flĂ©chir aux questions comme elles sont posĂ©es, pour et dans lâopinion publique, par les reprĂ©sentants du pouvoir. G Il y a les TchĂ©tchĂšnes et aussi les dictatures latino-amĂ©ricaines, car, quel que soit le bord considĂ©rĂ©, on constate des violences et des atteintes aux droits de lâhomme. Tous les groupes humains ont leurs pages noires; chacun a Ă©galement sa part obscure. Il nây a pas les bons et les mauvais, les forts et les un mĂȘme peuple au cours de son histoire peut ĂȘtre ou dominĂ© ou dominant, ce nâest pas inhĂ©rent Ă une civilisation ou Ă une certaine culture. Il nây a pas de systĂšme pervers, il y a des perversions des livre, Ă partir dâun exemple singulier, Ă©lĂšve le dĂ©bat Ă sa dimension universelle. G La premiĂšre partie de lâargumentation de la controverse nâest pas contestable ; en revanche, la seconde partie est une rhĂ©torique qui a Ă©tĂ© utilisĂ©e pour relativiser les plus horribles des actions. G On parle de lâInquisition, du colonialisme et de ses conquĂȘtes, mais il y a peu ou pas de rĂ©flexion sur le traitement des femmes par les groupes humains ; or, ce sont souvent les femmes les premiĂšres victimes des violences et des totalitarismes. A lâĂ©poque de la controverse, la question du statut des femmes, et mĂȘme de leur Ăąme, nâest pas abordĂ©e, et elles nâont pas voix au chapitre. Les protagonistes de la controverse sâadressent Ă une assemblĂ©e dâhommes, mais tous les ĂȘtres humains ont une Ă©gale importance en tant que tels. G Le poĂšme de Florence Fatras Comme un vol de gerfautsHors du charnier natalComme un vol de gerfautsAutour de lâĂ©chafaudFier et occidentalPosĂ© en porte Ă fauxSur les universauxDâun rĂȘve si brutalMais gouvernementalLa violence est un motUn mot fondamentalQui ne fait pas dĂ©fautHors du charnier natal Hors du charnier natalComme un vol de gerfautsHors du charnier natalJe crois bien câest fatalLes affaires⊠il le fautUn loup de carnavalPour donner son avalJustifier le monceauDe cadavres lĂ©gauxLe festin si banalDe tous les commensauxQui bouffent de lâidĂ©alComme un vol de gerfauts Florence nous rĂ©cite alors le poĂšme qui lâa inspirĂ©e Les conquĂ©rants » de JosĂ© Maria, poĂšme qui fut traduit en français avec le titre » Comme un vol de gerfauts » G Jâai prĂ©fĂ©rĂ© lire le livre avant de voir le film. Je me suis fait dĂ©jĂ mes images des personnages, du dĂ©cor. Au fur et Ă mesure de la lecture, compte tenu du style trĂšs organisĂ©, trĂšs structurĂ©, on sent le travail de rĂ©alisateur, on a dĂ©jĂ les plans. Puis je me laissĂ© guidĂ©e, et je me suis mĂȘme surprise Ă rĂ©pondre Ă haute voix Ă des questions posĂ©es dans le livre, jâĂ©tais dans lâaction. Et jâai retenu, quâen fait, SepĂčlveda est surtout lĂ pour obtenir lâautorisation de publier un livre* quâil a Ă©crit.* Democrates alter », livre qui Ă©tait mis Ă lâIndex » et qui justifiait la guerre de conquĂȘte et ce qui en cherche comment dĂ©truire lâargumentation de Las Casas et tout lui est bon, comme Le propre de lâerreur, câest de se prendre pour la vĂ©ritĂ© » ; ensuite, il en appelle Ă Aristote dans sa Politique Certaines espĂšces mĂ©ritent dâĂȘtre des esclaves. » ou Lâesclave nâatteint pas Ă la dignitĂ© humaine, il est un instrument animĂ©, une sorte de machine vivante faite pour exĂ©cuter les ordres du maĂźtre » ; toujours avec cette mĂȘme rĂ©fĂ©rence, il dit âŠque la nature nâest pas infaillible dans la distribution des qualitĂ©s. La noblesse peut parfois sâĂ©garer dans un cĆur populaire et la bassesse dans un aristocrate. » Page 88 G De nos jours encore, le PrĂ©sident de la RĂ©publique française a dit Ă Dakar le 26 juillet 2007 que lâhomme africain a toujours eu des difficultĂ©s Ă entrer dans lâHistoire », ce qui supposerait quâil y a une bonne Histoire oĂč il faut entrer. On peut penser aux statuts des anciens colonisĂ©s qui sont toujours trĂšs infĂ©rieurs Ă ceux des anciens colons. Le problĂšme reste liĂ© Ă la suprĂ©matie supposĂ©e de lâ il y a dĂ©rive quand on pense quâil y a des individus trĂšs infĂ©rieurs ou trĂšs partir du livre de CarriĂšre, on a affaire Ă deux visions du monde et Ă une controverse radicale de lâĂ©thique contemporaine. Les rapports que tous les humanistes doivent vivre ensemble sont une barriĂšre contre les barbaries et on peut rappeler Ă ce propos les philosophies de Montaigne, Montesquieu, Voltaire, LĂ©vi-Strauss⊠G Souvent les religions ont voulu et aujourdâhui encore veulent dominer le monde. Il y a quelques annĂ©es, je me souviens dâavoir vu au Liban des grandes banderoles qui disait Un jour lâIslam dominera le monde »⊠G Le style Lâauteur est Ă©crivain et scĂ©nariste, ce qui nâexclut pas un style clair, plaisant, qui nous met dans lâĂ©poque. Les personnages sont bien campĂ©s, dĂ©crits. Des scĂšnes, des rĂ©pliques comportent des messages implicites ; on peut ainsi interprĂ©ter lâincident de la marche de lâescalier cela veut-il nous dire que pour celui qui va trancher, qui va accĂ©der Ă lâendroit dâoĂč viendra le verdict, et oĂč va ĂȘtre arrĂȘtĂ©e une vĂ©ritĂ©, cette vĂ©ritĂ© est fragile, fragilisĂ©e comme la marche ? Nous avons dans le style une belle figure dâun message une belle passe entre le lĂ©gat du pape et Las Casas Le cardinal sâadressant Ă Las casas â Si les indigĂšnes sont nos semblables, ils sont aussi des dĂ©mons ?â Pardonnez-moi Eminence, je ne peux pas recevoir cet argument, il est mal cardinal â Et bien ! Redressez-le !â De part et dâautre ils sont des hommes, mais la soif de lâor les a transformĂ©s en dĂ©mons. G Le rythme On sent que les plans sont dĂ©finis et sâenchaĂźnent, ce qui nous faire vivre le dĂ©bat. Au dĂ©but du livre, on a dĂ©jĂ la scĂšne vivante sous les yeux. Je cite Un jeune moine au regard brillant se tient assis sur un tabouret, prĂšs dâune porte, le dos au mur. Ses mains sont dissimulĂ©es dans ses larges manches. On entend sonner une cloche ; le bruit dâun loquet ; la porte sâouvre. Le jeune moine se dresse. Un grand claquoir en bois verni jaillit de ses manches. Il le fait claquer, car il est lĂ pour la salle capitulaire, tous sâimmobilisent, se taisent et les regards se tournent vers la porte⊠» Avec ce dĂ©but, cette mise en scĂšne, nous sommes nous aussi dans la chapelle, avec les moines, spectateurs et auditeurs, et nous voulons la suite, le fin mot de cette controverse. G La syntaxe Sans trop dâartifice pour faire 16Ăšme siĂšcle, nous trouvons dans le propos toute lâinfluence, jusquâĂ la domination totale, de la pensĂ©e religieuse sur les esprits. Toute la dialectique se rĂ©fĂšre obligatoirement Ă des postulats indĂ©passables, avec des Ă©noncĂ©s qui peuvent paraĂźtre curieux si on ne connaĂźt pas le vocabulaire de cette religion. Dans les disputations tout au long du Moyen-Ăąge, nous retrouvons lĂ lâutilisation dâune logique sophistique, basĂ©es sur des syllogismes. Câest le discours spĂ©cieux. Page 128, SepĂčlveda veut faire une dĂ©monstration logique. Il Ă©nonce dâabord â JâĂ©nonce dâabord un principe de logique, auquel, je pense, nous devons tous souscrire. [âŠ]De deux chose lâune, et une bien ils sont pareils Ă nous. Dieu les a créés Ă son image et rĂ©demptĂ©s par le sang de son fils, et dans ce cas ils nâont aucune raison de refuser la bien ils sont dâune autre bout dâun moment Las Casas rĂ©agit Ă ce propos â Mais tout cela nâest quâun jeu de parole ! Nous mangeons du sophisme ici. On ne peut pas dĂ©cider de leur nature avec des finesses de logicien ! G Lâarticle 1 de la DĂ©claration des droits de lâhomme nous dit Tous les ĂȘtres humains naissent et demeurent libres et Ă©gaux en dignitĂ© et en droit. Ils sont douĂ©s de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternitĂ©. » G Pour justifier le fait que les Indiens sont des ĂȘtres infĂ©rieurs, SepĂčlveda Ă©voque les sacrifices humains La preuve de cette barbarie, câest quâils sacrifiaient des hommes Ă leurs dieux » page 165.Las Casas rĂ©pond Ă cela [âŠ] Si nous revenions un peu sur nous-mĂȘmes ? Nous tenons la Bible pour un livre sacrĂ©. Et nous y lisons quâAbraham sâapprĂȘtait Ă sacrifier son fils Ă Dieu. [âŠ] La notion de sacrifice est partout prĂ©sente dans les livres sacrĂ©s. Rappelez-vous IphigĂ©nie et tant dâautres, et pourtant nous ne tenons pas les Grecs pour des barbares, jâimagine ? [âŠ] Notre dieu, le vrai Dieu, nâa pas toujours dĂ©testĂ© quâon lui sacrifiĂąt des vies humaines. » Page 164 G Toutes les civilisations ont pensĂ© ĂȘtre nĂ©es pour dominer, mĂȘme la civilisation chrĂ©tienne, ainsi que le reprĂ©sente une carte postale des fresques de Gargilesse, montrant le Christ avec un glaive entre les dents. G Aristote nâĂ©tait pas scandalisĂ© par lâesclavage ; il disait en effet Il existe une diffĂ©rence entre les Grecs et les barbares, les premiers sont nĂ©s pour la libertĂ© et les seconds pour lâesclavage. » Les esclaves sont des outils animĂ©s. »Les thĂ©ories dâAristote, dont celle de lâespĂšce supĂ©rieure, de ceux qui sont nĂ©s pour commander, ceux qui sont nĂ©s pour ĂȘtre esclaves », ce racisme avant la lettre, sont utilisĂ©es par SepĂčlveda, qui sây rĂ©fĂšre Pour la bonne ordonnance du monde. Il est juste et normal que [âŠ] lâanimal obĂ©isse Ă lâhomme, que lâĂ©pouse obĂ©isse Ă lâĂ©poux, lâenfant au pĂšre⊠» Page 79 Cela nous remet en mĂ©moire que parmi les textes issus des philosophies grecques, puis traduits, nous dit lâHistoire, par des savants arabo-andalous, câest Aristote qui est en premier retenu et Ă©tudiĂ©. Quand SepĂčlveda en appelle Ă Aristote pour justifier lâesclavage, Las Casas, intervient vivement Le rĂšgne dâAristote est aboli. Aristote est un paĂŻen qui brĂ»le dans les feux de lâenfer. [âŠ] La parole dâAristote Ă©tait une erreur terrible, tyrannique, infernale. Toute la philosophie chrĂ©tienne la condamne. » Avec cette phrase, peut-ĂȘtre sâavance-t-il un peu, car jamais lâEglise ne reniera Aristote. G Dans ces gĂ©nocides, les hommes ont tuĂ© plus quâune ethnie. Ils se sont privĂ©s de richesses utiles Ă toute lâhumanitĂ©, comme le montre Las Casas Dans certaines branches de la mĂ©decine, ils Ă©taient en avance sur nous. Ils savaient lutter contre la douleur, au point que nous commençons Ă leur emprunter la quinine. Ils connaissaient des milliers de remĂšdes, pris des plantes et des rochers. » Page 93 Nous avons Ă apprendre de toutes les cultures. Le massacre des peuples vivant plus prĂšs de la Nature nous a peut-ĂȘtre Ă©loignĂ©s de cette Nature qui nous fait dĂ©faut aujourdâhui. G Au final, on pense un instant que la cause dĂ©fendue par Las Casas lâa emportĂ©, jusquâau moment oĂč, vĂ©ritable retournement de situation, le cardinal, accorde en contrepartie aux esclavagistes espagnols, le droit, et de fait le consentement papal, pour lâesclavage des Africains. Câest pour Las Casas comme une victoire Ă la Pyrrhus, dont on sait, dont on connaĂźt les horreurs qui vont en style manĆuvrier du lĂ©gat du pape se retrouve dans ces propos qui vont clore la controverse â Sâil est clair que les Indiens sont nos frĂšres en JĂ©sus-Christ, douĂ©s dâune Ăąme raisonnable comme nous, [âŠ] en revanche il est bien vrai que les habitants des contrĂ©es africaines sont beaucoup plus proches de lâanimal. Ces habitants sont noirs. [âŠ] Aristote dirait que comme le veut la nature de lâesclave, ils sont des ĂȘtre totalement privĂ©s de la partie dĂ©libĂ©rative de lâesprit. Page 185 Ces considĂ©rations ne soulĂšvent dans la salle aucun Ă©tonnement marquĂ© ». Plus loin SepĂčlveda enchaĂźne â Lâesclavage est une institution ancienne et salutaire, qui rĂ©pond aux classifications de la nature. [âŠ] Les esclaves sont un rĂ©servoir de vie. Leur immense apport, constamment renouvelĂ©, permet la sauvegarde de lâespĂšce humaine de catĂ©gorie supĂ©rieure, la seule qui compte aux yeux du Casas veut dĂ©fendre les Africains, disant quâeux aussi sont des hommes comme les autres.â FrĂšre BartholomĂ©, dit le cardinal, nous nâallons pas recommencer. Nous ne sommes pas ici pour ça. Allons ! Et se retournant vers lâun des assesseurs â Vous ajouterez un codicille. PrĂ©parez-moi une rĂ©daction. Si le Vatican dĂ©tenait les textes liĂ©s Ă cette controverse, il serait intĂ©ressant de pouvoir les consulter. On ne peut que recommander le film La controverse de Valladolid », avec trois gĂ©ants » du cinĂ©ma français Jean-Pierre Marielle dans le rĂŽle de Las Casas, Jean-Louis Trintignant dans le rĂŽle de SepĂčlveda et Jean Carmet dans celui du lĂ©gat du pape. Nota bene LâĂ©dition retenue Ă laquelle renvoient les rĂ©fĂ©rences de pagination est lâĂ©dition Pocket 1993.
Une anthologie des plus beaux poĂšmes en françaisCette liste reprend en partie lâanthologie Ă©tablie par Jean a le mĂ©rite dâĂȘtre plus courte que celle Georges Pompidou. Elle va Ă lâessentiel. Les textes prĂ©sentĂ©s ne sont pas tous des poĂšmes. Certains sont des fables, des chansons ou des extraits de piĂšce de théùtre dont la beautĂ© les a Ă©rigĂ©s en vĂ©ritables modĂšles poĂšme prĂ©fĂ©rĂ© pourrait manquer. Catastrophe ! Cette liste est bien sĂ»r subjective. NâhĂ©sitez pas, alors, Ă signaler une absence scandaleuse dans les commentaires !PoĂšmes français du Moyen ĂgePoĂšme de Marie de FranceNi vous sans moi, ni moi sans vous Belle amie ainsi est de nous Ni vous sans moi, ni moi sans vous. »Lire la suitePoĂšmes de RutebeufDe la Griesche dâYverContre le tenz quâaubres defÂfuelle, Quâil ne remaint en branche fuelle Qui nâaut a terre, Por povreÂtei qui moi aterre,Lire la suiteLa complainteLi mal ne sevent seul venir Tout ce mâestoit Ă avenir Sâest la suitePoĂšmes de Charles dâOrlĂ©ansRondeauxLe temps a laissĂ© son manteau De vent, de froidure et de pluie, Et sâest vĂȘtu de broderie, De soleil luisant, clair et la suitePoĂšmes François VillonBallade des dames du temps jadisMais ou sont les neiges dâantan ?Lire le poĂšmeBallade des pendusFrĂšres humains, qui aprĂšs nous vivez, Nâayez les coeurs contre nous endurcis, Car, si pitiĂ© de nous pauvres avez, Dieu en aura plus tĂŽt de vous la suitePoĂšmes français de la RenaissancePoĂšmes de ClĂ©ment MarotPlus ne suis que jâai Ă©tĂ©Plus ne suis ce que jâai Ă©tĂ©, Et plus ne saurais jamais lâĂȘtre Mon beau printemps et mon Ă©tĂ© Ont fait le saut par la la suiteDe sa grande amieDedans Paris, ville jolie, Un jour, passant mĂ©lancolie, Je pris alliance nouvelle A la plus gaie demoiselle Qui soit dâici en la suiteDizain de neigeAnne, par jeu, me jeta de la neige, Que je cuidais froide certainement; Mais câĂ©tait feu; lâexpĂ©rience en ai-je, Car embrasĂ© je fus la suitePetite Ă©pĂźtre au roiEn mâesbatant je faiz Rondeaux en rime, Et en rimant bien souvent je mâenrime Brief, câest pitiĂ© dâentre nous Rimailleurs, Car vous trouvez assez de rime ailleurs,Lire la suitePoĂšmes de Joachim du Bellay Heureux qui, comme Ulysse⊠»Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage, Ou comme cestuy-lĂ qui conquit la toison, Et puis est retournĂ©, plein dâusage et raison, Vivre entre ses parents le reste de son Ăąge !Lire la suiteFrance, mĂšre des arts, des armes et des loisFrance, mĂšre des arts, des armes et des lois, Tu mâas nourri longtemps du lait de ta mamelle Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle, Je remplis de ton nom les antres et les la suiteNouveau venu, qui cherches Rome en RomeNouveau venu, qui cherches Rome en Rome Et rien de Rome en Rome nâaperçois, Ces vieux palais, ces vieux arcs que tu vois, Et ces vieux murs, câest ce que Rome on la suiteĂ VĂ©nusAyant aprĂšs long dĂ©sir Pris de ma douce ennemie Quelques arrhes du plaisir, Que sa rigueur me dĂ©nie,Lire la suitePoĂšmes de Pierre de RonsardMignonne, allons voir si la roseâŠMignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avait dĂ©close Sa robe de pourpre au Soleil, A point perdu cette vĂȘprĂ©eLire la suiteQuand vous serez bien vieilleâŠQuand vous serez bien vieille, au soir Ă la chandelle, Assise auprĂšs du feu, dĂ©vidant et filant, Direz chantant mes vers, en vous Ă©merveillant Ronsard me cĂ©lĂ©brait du temps que jâĂ©tais belle. »Lire la suitePoĂšme de Louise LabĂ©Je vis, je meurs ; je me brĂ»le et me noieJe vis, je meurs ; je me brĂ»le et me noie ; Jâai chaud extrĂȘme en endurant froidure La vie mâest et trop molle et trop dure. Jâai grands ennuis entremĂȘlĂ©s de la suitePoĂšmes de François de MalherbeConsolation Ă Monsieur du PĂ©rier sur la mort de sa filleTa douleur, Du PĂ©rier, sera donc Ă©ternelle, Et les tristes discours Que te met en lâesprit lâamitiĂ© paternelle Lâaugmenteront toujours !Lire la suiteDessein de quitter une dame qui ne le contentait que de promesseBeautĂ©, mon beau souci, de qui lâĂąme incertaine A, comme lâocĂ©an, son flux et son reflux, Pensez de vous rĂ©soudre Ă soulager ma peine, Ou je me vais rĂ©soudre Ă ne la souffrir la suitePoĂšmes français du XVIIe siĂšcleThéùtre de Pierre CorneilleStances Ă la MarquiseMarquise, si mon visage Ă quelques traits un peu vieux, Souvenez-vous quâĂ mon Ăąge Vous ne vaudrez guĂšre la suiteLes imprĂ©cations de CamilleRome, lâunique objet de mon ressentiment ! Rome, Ă qui vient ton bras dâimmoler mon amant ! Rome qui tâa vu naĂźtre, et que ton cĆur adore ! Rome enfin que je hais parce quâelle tâhonore !Lire la suiteRĂ©cit de RodrigueSous moi donc cette troupe sâavance, Et porte sur le front une mĂąle assurance. Nous partĂźmes cinq cents ; mais par un prompt renfort Nous nous vĂźmes trois mille en arrivant au port,Lire la suiteStances du CidPercĂ© jusques au fond du cĆur Dâune atteinte imprĂ©vue aussi bien que mortelle, MisĂ©rable vengeur dâune juste querelle, Et malheureux objet dâune injuste rigueur, Je demeure immobile, et mon Ăąme abattue CĂšde au coup qui me tue. Si prĂšs de voir mon feu rĂ©compensĂ©, Ă Dieu, lâĂ©trange peine ! En cet affront mon pĂšre est lâoffensĂ©, Et lâoffenseur le pĂšre de ChimĂšne !Lire la suiteFables de Jean de la FontaineLa cigale et la fourmiLa Cigale, ayant chantĂ© Tout lâĂ©tĂ©, Se trouva fort dĂ©pourvue Quand la bise fut venue Lire la suiteLe corbeau et le renardMaĂźtre Corbeau, sur un arbre perchĂ©, Tenait en son bec un fromage. MaĂźtre Renard, par lâodeur allĂ©chĂ©, Lui tint Ă peu prĂšs ce langage Lire la suiteLe liĂšvre et la tortueRien ne sert de courir ; il faut partir Ă point. Le liĂšvre et la tortue en sont un tĂ©moignage. Gageons, dit celle-ci, que vous nâatteindrez point SitĂŽt que moi ce but. â SitĂŽt ? Etes-vous sage ?Lire la suitePoĂšmes de Nicolas BoileauAmitiĂ© fidĂšleIris, tu fus alors moins Ă plaindre que moi Et, bien quâun triste solrt tâait fait perdre la vie, HĂ©las ! en te perdant jâai perdu plus que le poĂšmeLes embarras de ParisQui frappe lâair, bon Dieu ! de ces lugubres cris ? Est-ce donc pour veiller quâon se couche Ă Paris ? Lire la suiteThéùtre de Jean RacineLe rĂ©cit ThĂ©ramĂšneĂ peine nous sortions des portes de TrĂ©zĂšne, Il Ă©tait sur son char. Ses gardes affligĂ©s Imitaient son silence, autour de lui rangĂ©s ; Il suivait tout pensif le chemin de MycĂšnes ;Lire la suiteLe songe dâAthalieCâĂ©tait pendant lâhorreur dâune profonde nuit. Ma mĂšre JĂ©zabel devant moi sâest montrĂ©e, Comme au jour de sa mort pompeusement parĂ©e. Ses malheurs nâavaient point abattu sa fiertĂ© ;Lire la suitePoĂšmes français du XVIIIe siĂšclePoĂšmes de VoltaireĂ Madame du ChĂąteletSi vous voulez que jâaime encore, Rendez-moi lâĂąge des amours ; Au crĂ©puscule de mes jours Rejoignez, sâil se peut, lâ la suiteĂpigramme â Sur FrĂ©ronLâautre jour, au fond dâun vallon, Un serpent piqua Jean FrĂ©ron ; Que pensez-vous quâil arriva ?Lire la suitePoĂšme de Jean-Jacques RousseauDaphnis et ChloĂ©Dans un nouveau parentage, Te souviendras-tu de moi ? Ah ! je te laisse pour gage Mon serment, mon cĆur, ma la suiteOpĂ©ra de Philippe Fabre dâĂglantineLâhospitalitĂ© Il pleut, il pleut, bergĂšreIl pleut, il pleut bergĂšre Rentre tes blancs moutons Allons sous ma chaumiĂšre BergĂšre, vite allons Jâentends sous le feuillage Lâeau qui tombe Ă grand bruit. Voici, venir lâorage, Voici lâĂ©clair qui la suitePoĂšmes de Jean-Pierre Claris de FlorianPlaisir dâamourPlaisir dâamour ne dure quâun moment, Chagrin dâamour dure toute la la suiteLe voyagePartir avant le jour, Ă tĂątons, sans voir goutte, Sans songer seulement Ă demander sa route ; Aller de chute en chute, et, se traĂźnant ainsi, Faire un tiers du chemin jusquâĂ prĂšs de midi ;Lire la suiteLa guenon, le singe et la noixUne jeune guenon cueillit Une noix dans sa coque verte ; Elle y porte la dent, fait la grimace⊠ah ! Certes, Dit-elle, ma mĂšre mentitLire la suiteLe grillonOh ! oh ! dit le grillon, je ne suis plus fĂąchĂ© ; Il en coĂ»te trop cher pour briller dans le monde. Combien je vais aimer ma retraite profonde ! Pour vivre heureux, vivons la suitePoĂšmes dâAndrĂ© ChĂ©nierLa jeune captiveLâĂ©pi naissant mĂ»rit de la faux respectĂ© ; Sans crainte du pressoir, le pampre tout lâĂ©tĂ© Boit les doux prĂ©sents de lâaurore ; Et moi, comme lui belle, et jeune comme lui, Quoi que lâheure prĂ©sente ait de trouble et dâennui, Je ne veux point mourir la suiteLa jeune tarentinePleurez, doux alcyons ! ĂŽ vous, oiseaux sacrĂ©s, Oiseaux chers Ă ThĂ©tis, doux alcyons, pleurez ! Elle a vĂ©cu, Myrto, la jeune Tarentine !Lire la suitePoĂšmes français du XIXe siĂšcle PoĂšmes de Marceline Desbordes-ValmoreLes roses de SaadiJâai voulu ce matin te rapporter des roses ; Mais jâen avais tant pris dans mes ceintures closes Que les noeuds trop serrĂ©s nâont pu les la suiteLes sĂ©parĂ©sNâĂ©cris pas. Je suis triste, et je voudrais mâĂ©teindre. les beaux Ă©tĂ©s sans toi, câest la nuit sans flambeau. Jâai refermĂ© mes bras qui ne peuvent tâatteindre, Et frapper Ă mon cĆur, câest frapper au tombeau. NâĂ©cris pas !Lire la suitePoĂšmes dâAlphonse de LamartineLâisolementQue me font ces vallons, ces palais, ces chaumiĂšres, Vains objets dont pour moi le charme est envolĂ© ? Fleuves, rochers, forĂȘts, solitudes si chĂšres, Un seul ĂȘtre vous manque, et tout est la suiteLâautomneSalut, bois couronnĂ©s dâun reste de verdure ! Feuillages jaunissants sur les gazons Ă©pars ! Salut, derniers beaux jours ! le deuil de la nature Convient Ă la douleur, et plaĂźt Ă mes la suiteLes voilesQuand jâĂ©tais jeune et fier et que jâouvrais mes ailes, Les ailes de mon Ăąme Ă tous les vents des mers, Les voiles emportaient ma pensĂ©e avec elles, Et mes rĂȘves flottaient sur tous les flots amers. Lire la suiteLe lacĂ temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices ! Suspendez votre cours Laissez-nous savourer les rapides dĂ©lices Des plus beaux de nos jours !Lire le poĂšmePoĂšmes dâAlfred de VignyLe CorJâaime le son du Cor, le soir, au fond des bois, Soit quâil chante les pleurs de la biche aux abois, Ou lâadieu du chasseur que lâĂ©cho faible accueille, Et que le vent du nord porte de feuille en la suiteLa mort du loupLes nuages couraient sur la lune enflammĂ©e Comme sur lâincendie on voit fuir la fumĂ©e, Et les bois Ă©taient noirs jusques Ă lâhorizon. Nous marchions, sans parler, dans lâhumide gazon,Lire la suitePoĂšmes de Victor HugoLorsque lâenfant paraĂźtLorsque lâenfant paraĂźt, le cercle de famille Applaudit Ă grands cris. Son doux regard qui brille Fait briller tous les yeux, Et les plus tristes fronts, les plus souillĂ©s peut-ĂȘtre, Se dĂ©rident soudain Ă voir lâenfant paraĂźtre, Innocent et la suiteOceano noxOh ! combien de marins, combien de capitaines Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines, Dans ce morne horizon se sont Ă©vanouis ? Lire la suiteDemain, dĂšs lâaubeDemain, dĂšs lâaube, Ă lâheure oĂč blanchit la campagne, Je partirai. Vois-tu, je sais que tu mâ la suiteAprĂšs la batailleMon pĂšre, ce hĂ©ros au sourire si doux, Suivi dâun seul housard quâil aimait entre tous Pour sa grande bravoure et pour sa haute taille, Parcourait Ă cheval, le soir dâune bataille,Lire la suiteJeanne au pain secJeanne Ă©tait au pain sec dans le cabinet noir, Pour un crime quelconque, et, manquant au devoir, Jâallai voir la proscrite en pleine forfaiture, Et lui glissai dans lâombre un pot de confitureLire la suiteCe siĂšcle avait deux ansCe siĂšcle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte, DĂ©jĂ NapolĂ©on perçait sous Bonaparte, Et du premier consul, dĂ©jĂ , par maint endroit, Le front de lâempereur brisait le masque Ă©troit. Lire la suiteBooz endormiBooz sâĂ©tait couchĂ© de fatigue accablĂ© ; Il avait tout le jour travaillĂ© dans son aire ; Puis avait fait son lit Ă sa place ordinaire ; Booz dormait auprĂšs des boisseaux pleins de la suitePoĂšme de FĂ©lix ArversSonnet dâArvers Mon Ăąme a son secret, ma vie a son mystĂšre Un amour Ă©ternel en un moment conçu. Le mal est sans espoir, aussi jâai dĂ» le taire, Et celle qui lâa fait nâen a jamais rien la suitePoĂšmes de GĂ©rard de NervalFantaisieIl est un air pour qui je donnerais Tout Rossini, tout Mozart et tout Weber Un air trĂšs vieux, languissant et funĂšbre, Qui pour moi seul a des charmes la suiteUne allĂ©e du LuxembourgElle a passĂ©, la jeune fille Vive et preste comme un oiseau Ă la main une fleur qui brille, Ă la bouche un refrain la suiteLe relaisEn voyage, on sâarrĂȘte, on descend de voiture ; Puis entre deux maisons on passe Ă lâaventure, Des chevaux, de la route et des fouets Ă©tourdi, Lâoeil fatiguĂ© de voir et le corps la suiteEl desdichadoJe suis le tĂ©nĂ©breux, â le veuf, â lâinconsolĂ©, Le prince dâAquitaine Ă la tour abolie Ma seule Ă©toile est morte, â et mon luth constellĂ© Porte le soleil noir de la la suitePoĂšmes dâAlfred de MussetTristesseJâai perdu ma force et ma vie, Et mes amis et ma gaietĂ©; Jâai perdu jusquâĂ la fiertĂ© Qui faisait croire Ă mon la suiteLa nuit de maiPartons, dans un baiser, pour un monde inconnu, Ăveillons au hasard les Ă©chos de ta vie, Parlons-nous de bonheur, de gloire et de folie, Et que ce soit un rĂȘve, et le premier venu. Lire la suiteVeniseDans Venise la rouge, Pas un bateau qui bouge ; Pas un pĂȘcheur dans lâeau, Pas un la suitePoĂšme de Sophie dâArbouvilleLa grand-mĂšreDansez, fillettes du village, Chantez vos doux refrains dâamour Trop vite, hĂ©las ! un ciel dâorage Vient obscurcir le plus beau la suitePoĂšmes de ThĂ©ophile GautierPremier sourire de printempsTandis quâĂ leurs oeuvres perverses Les hommes courent haletants, Mars qui rit, malgrĂ© les averses, PrĂ©pare en secret le la suiteCe qui disent les hirondellesDĂ©jĂ plus dâune feuille sĂšche ParsĂšme les gazons jaunis ; Soir et matin, la brise est fraĂźche HĂ©las ! les beaux jours sont finis !On voit sâouvrir les fleurs que garde Le jardin, pour dernier trĂ©sor Le dahlia met sa cocarde, Et le souci sa toque dâ la suitePoĂšmes Charles-Marie Leconte de LisleMidiMidi, roi des Ă©tĂ©s, Ă©pandu sur la plaine, Tombe en nappes dâargent des hauteurs du ciel bleu. Tout se tait. Lâair flamboie et brĂ»le sans haleine ; La terre est assoupie en sa robe de la suiteLe rĂȘve du jaguarSous les noirs acajous, les lianes en fleur, Dans lâair lourd, immobile et saturĂ© de mouches, Pendent, et, sâenroulant en bas parmi les souches, Bercent le perroquet splendide et querelleur, LâaraignĂ©e au dos jaune et les singes la suitePoĂšmes de Charles BaudelaireĂ une passanteĂ toi que jâeusse aimĂ©e, ĂŽ toi qui le savais !Lire le poĂšmeAu lecteurLa sottise, lâerreur, le pĂ©chĂ©, la lĂ©sine, Occupent nos esprits et travaillent nos corps, Et nous alimentons nos aimables remords, Comme les mendiants nourrissent leur la suiteLâalbatrosSouvent, pour sâamuser, les hommes dâĂ©quipage Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers, Qui suivent, indolents compagnons de voyage, Le navire glissant sur les gouffres la suiteLâhomme et la merHomme libre, toujours tu chĂ©riras la mer !Lire la suiteSpleenQuand le ciel bas et lourd pĂšse comme un couvercle Sur lâesprit gĂ©missant en proie aux longs ennuis, Et que de lâhorizon embrassant tout le cercle II nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;Lire la suiteLâinvitation au voyageLĂ , tout nâest quâordre et beautĂ©, Luxe, calme et le poĂšmePoĂšme de ThĂ©odore de BanvilleLe salut du tremplinClown admirable, en vĂ©ritĂ© ! Je crois que la postĂ©ritĂ©, Dont sans cesse lâhorizon bouge, Le reverra, sa plaie au la suiteChanson dâAndrĂ© TheurietLa chanson du vannierBrins dâosier, brins dâosier, Courbez-vous assouplis sous les doigts du dâosier, vous serez le lit frĂȘle oĂč la mĂšre Berce un petit enfant aux sons dâun vieux couplet Lâenfant, la lĂšvre encor toute blanche de lait, Sâendort en souriant dans sa couche la suitePoĂšme de Jean-Baptiste ClĂ©mentLe temps des cerisesQuand nous chanterons le temps des cerises, Et gai rossignol, et merle moqueur Seront tous en fĂȘte !Lire la suitePoĂšmes de Sully PrudhommeLes yeuxBleus ou noirs, tous aimĂ©s, tous beaux, Des yeux sans nombre ont vu lâaurore ; Ils dorment au fond des tombeaux, Et le soleil se lĂšve la suiteLe cygneSans bruit, sous le miroir des lacs profonds et calmes, Le cygne chasse lâonde avec ses larges palmes, Et glisse. Le duvet de ses flancs est pareil A des neiges dâavril qui croulent au soleil ;Lire la suitePoĂšmes de StĂ©phane MallarmĂ©LâazurDe lâĂ©ternel azur la sereine ironie Accable, belle indolemment comme les fleurs Le poĂšte impuissant qui maudit son gĂ©nie A travers un dĂ©sert stĂ©rile de la suiteBrise marineLa chair est triste, hĂ©las ! et jâai lu tous les livres. Fuir ! lĂ -bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres DâĂȘtre parmi lâĂ©cume inconnue et les cieux !Lire la suitePoĂšmes de JosĂ© Maria de HerediaLes conquĂ©rantsComme un vol de gerfauts hors du charnier natal, FatiguĂ©s de porter leurs misĂšres hautaines, De Palos de Moguer, routiers et capitaines Partaient, ivres dâun rĂȘve hĂ©roĂŻque et la suiteLa TrebbiaLâaube dâun jour sinistre a blanchi les hauteurs. Le camp sâĂ©veille. En bas roule et gronde le fleuve OĂč lâescadron lĂ©ger des Numides sâabreuve. Partout sonne lâappel clair des la suitePoĂšmes de Paul VerlaineChanson dâautomneEt je mâen vais Au vent mauvais Qui mâemporte Deçà , delĂ , Pareil Ă la Feuille le poĂšmeMon rĂȘve familierJe fais souvent ce rĂȘve Ă©trange et pĂ©nĂ©trant Dâune femme inconnue, et que jâaime, et qui mâaime Et qui nâest, chaque fois, ni tout Ă fait la mĂȘme Ni tout Ă fait une autre, et mâaime et me la suiteIl pleure dans mon cĆurIl pleure dans mon coeur Comme il pleut sur la ville ; Quelle est cette langueur Qui pĂ©nĂštre mon coeur ?Lire la suitePoĂšme de Tristan CorbiĂšreRondelIl fait noir, enfant, voleur dâĂ©tincelles ! Il nâest plus de nuits, il nâest plus de jours ; Dors⊠en attendant venir toutes celles Qui disaient Jamais ! Qui disaient Toujours !Lire la suitePoĂšme de Maurice RollinatLa bicheLa biche brame au clair de lune Et pleure Ă se fondre les yeux Son petit faon dĂ©licieux A disparu dans la nuit la suitePoĂšmes dâArthur RimbaudLe dormeur du valCâest un trou de verdure oĂč chante une riviĂšre, Accrochant follement aux herbes des haillons Dâargent ; oĂč le soleil, de la montagne fiĂšre, Luit câest un petit val qui mousse de la suiteMa bohĂšmeJe mâen allais, les poings dans mes poches crevĂ©es ; Mon paletot aussi devenait idĂ©al Jâallais sous le ciel, Muse ! et jâĂ©tais ton fĂ©al ; Oh ! lĂ lĂ ! que dâamours splendides jâai rĂȘvĂ©es!Lire la suiteLe bateau ivreComme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidĂ© par les haleurs Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles Les ayant clouĂ©s nus aux poteaux de la suiteMauvais sangJâai de mes ancĂȘtres gaulois lâoeil bleu blanc, la cervelle Ă©troite, et la maladresse dans la lutte. Je trouve mon habillement aussi barbare que le leur. Mais je ne beurre pas ma la suitePoĂšme dâĂmile VerhaerenLes usinesSe regardant avec les yeux cassĂ©s de leurs fenĂȘtres Et se mirant dans lâeau de poix et de salpĂȘtre Dâun canal droit, marquant sa barre Ă lâ la suitePoĂšme de Jules LaforgueLâhiver qui vientBlocus sentimental ! Messageries du Levant !⊠Oh, tombĂ©e de la pluie ! Oh ! tombĂ©e de la nuit, Oh ! le vent !⊠La Toussaint, la NoĂ«l et la Nouvelle AnnĂ©e, Oh, dans les bruines, toutes mes cheminĂ©es !⊠DâusinesâŠLire la suiteSpleenTout mâennuie aujourdâhui. JâĂ©carte mon rideau, En haut ciel gris rayĂ© dâune Ă©ternelle pluie, En bas la rue oĂč dans une brume de suie Des ombres vont, glissant parmi les flaques dâ la suitePoĂšme dâHenri de RĂ©gnierOdeletteUn petit roseau mâa suffi Pour faire frĂ©mir lâherbe haute Et tout le prĂ© Et les doux saulesLire la suitePoĂšme de Paul-Jean TouletEn ArlesDans Arles, oĂč sont les Aliscans, Quand lâombre est rouge, sous les roses, Et clair le temps,Lire la suiteThéùtre dâEdmond RostandTirade des nezDescriptif Câest un roc ! ⊠câest un pic ! ⊠câest un cap ! Que dis-je, câest un cap ? ⊠Câest une pĂ©ninsule ! »Lire la suitePoĂšmes français du XXe siĂšclePoĂšme de Francis JammesLe village Ă midiLe village Ă midi. La mouche dâor bourdonne entre les cornes des bĆufs. Nous irons, si tu le veux, Si tu le veux, dans la campagne la suitePoĂšme dâAndrĂ© SuarĂšsĂme de la nuitMol et sans voix, le couperet de lâombre descend du ciel et le jour tombe, la face contre terre, dans le fatal Ă©tang ; et les yeux sâenfoncent dans la fosse. Long crĂ©puscule. Lire la suitePoĂšme de Paul ValĂ©ryLe cimetiĂšre marinCe toit tranquille, oĂč marchent des colombes, Entre les pins palpite, entre les tombes ; Midi le juste y compose de feux La mer, la mer, toujours recommencĂ©e ! Ă rĂ©compense aprĂšs une pensĂ©e Quâun long regard sur le calme des dieux !Lire la suitePoĂšme de Paul FortLe bonheurLe bonheur est dans le prĂ©. Cours-y vite, cours-y vite. Le bonheur est dans le prĂ©. Cours-y vite. Il va la suitePoĂšme de Charles PĂ©guyAdieu Ă la MeuseAdieu, Meuse endormeuse et douce Ă mon enfance, Qui demeures aux prĂ©s, oĂč tu coules tout bas. Meuse, adieu jâai dĂ©jĂ commencĂ© ma partance En des pays nouveaux oĂč tu ne coules la suitePoĂšmes de Guillaume ApollinaireLe pont MirabeauSous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours Faut-il quâil mâen souvienne La joie venait toujours aprĂšs la peineLire la suiteLâAdieuJâai cueilli ce brin de bruyĂšre Lâautomne est morte souviens-tâen Nous ne nous verrons plus sur terreLire la suiteAutomne maladeAutomne malade et adorĂ© Tu mourras quand lâouragan soufflera dans les roseraies Quand il aura neigĂ© Dans les vergersLire la suitePoĂšme de Jules SupervielleLes amis inconnusIl vous naĂźt un poisson qui se met Ă tourner Tout de suite au plus noir dâune lame profonde, Il vous naĂźt une Ă©toile au-dessus de la tĂȘte, Elle voudrait chanter mais ne peut faire mieux Que ses sĆurs de la nuit, les Ă©toiles la suiteChanson de Francis CarcoLe doux caboulotLe doux caboulot Fleuri sous les branches Est tous les dimanches Plein de la suitePoĂšme de Blaise CendrarsTu es plus belle que le ciel et la merQuand tu aimes il faut partir Quitte ta femme quitte ton enfant Quitte ton ami quitte ton amie Quitte ton amante quitte ton amant Quand tu aimes il faut partirLire la suitePoĂšme de Saint-John PerseAzur !Azur! nos bĂȘtes sont bondĂ©es dâun cri !Lire la suitePoĂšmes de Paul EluardCouvre-feuQue voulez-vous la porte Ă©tait gardĂ©eQue voulez-vous nous Ă©tions enfermĂ©sQue voulez-vous la rue Ă©tait barrĂ©eLire la suiteLibertĂ©Sur mes cahiers dâĂ©colier Sur mon pupitre et les arbres Sur le sable sur la neige JâĂ©cris ton nomLire la suiteLa courbe de tes yeuxLa courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur, Un rond de danse et de douceur, AurĂ©ole du temps, berceau nocturne et sĂ»r, Et si je ne sais plus tout ce que jâai vĂ©cu Câest que tes yeux ne mâont pas toujours la suitePoĂšmes Louis AragonLes yeux dâElsaTes yeux sont si profonds quâen me penchant pour boire Jâai vu tous les soleils y venir se mirer Sây jeter Ă mourir tous les dĂ©sespĂ©rĂ©s Tes yeux sont si profonds que jây perds la mĂ©moireLire la suiteIl nây a pas dâamour heureuxRien nâest jamais acquis Ă lâhomme Ni sa force Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit Ouvrir ses bras son ombre est celle dâune croix Et quand il croit serrer son bonheur il le broie Sa vie est un Ă©trange et douloureux divorce Il nây a pas dâamour heureuxLire la suitePoĂšme de Robert DesnosJâai tant rĂȘvĂ© de toiJâai tant rĂȘvĂ© de toi que tu perds ta rĂ©alitĂ©. Est-il encore temps dâatteindre ce corps vivant et de baiser sur cette bouche la naissance de la voix qui mâest chĂšre ?Lire la suiteChanson de Joseph Kessel et Maurice de DruonLe chant des partisansAmi, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines? Ami, entends-tu les cris sourds du pays quâon enchaĂźne? OhĂ©, partisans, ouvriers et paysans, câest lâalarme. Lire la suitePoĂšmes de Jacques PrĂ©vertBarbaraRappelle-toi Barbara Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-lĂ Et tu marchais souriante Ăpanouie ravie ruisselante Sous la pluie Rappelle-toi BarbaraLire la suiteLe cancreIl dit non avec la tĂȘte mais il dit oui avec le coeur il dit oui Ă ce quâil aime il dit non au professeur il est deboutLire la suitePoĂšme de Birago DiopViatiqueDans un des trois canaris des trois canaris oĂč reviennent certains soirs les Ăąmes satisfaites et sereines, les souffles des ancĂȘtres, des ancĂȘtres qui furent des hommes des aĂŻeux qui furent des sages, MĂšre a trempĂ© trois doigts, trois doigts de sa main gauche le pouce, lâindex et le majeur ;Lire la suitePoĂšmes de LĂ©opold SĂ©dar SenghorJe ne saisJe ne sais en quel temps câeÌtait, je confonds toujours lâenfance et lâEÌden Comme je meÌle la Mort et la Vie â un pont de douceur les la suiteIn memoriamCâest dimanche jâai peur de la foule de mes semblables au visage de pierre De ma tour de verre quâhabitent les migraines, les AncĂȘtres impatients. je contemple toits et collines dans la brume. Dans la paix â les cheminĂ©es sont graves et nues. Lire la suiteFemme noireFemme nue, femme noire VĂ©tue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beautĂ© Jâai grandi Ă ton ombre ; la douceur de tes mains bandait mes yeux Et voilĂ quâau cĆur de lâEtĂ© et de Midi, Je te dĂ©couvre, Terre promise, du haut dâun haut col calcinĂ© Et ta beautĂ© me foudroie en plein cĆur, comme lâĂ©clair dâun aigleLire la suitePoĂšme de RenĂ© Guy CadouPourquoi nâallez-vous pas Ă Paris ?â Pourquoi nâallez-vous pas Ă Paris ? â Mais lâodeur des lys ! Mais lâodeur des lys !Lire la suitePoĂšme dâAimĂ© CĂ©saireProphĂ©tieLĂ oĂč lâaventure garde les yeux clairs lĂ oĂč les femmes rayonnent de langage lĂ oĂč la mort est belle dans la main comme un oiseau saison de lait lĂ oĂč le souterrain cueille de sa propre gĂ©nuflexion un luxe de prunelles plus violent que des chenilles lĂ oĂč la merveille agile fait flĂšche et feu de tout bois Lire la suitePoĂšme dâĂdouard GlissantBĆuf Ă©corchĂ©Câest de la viande oĂč passait le sang, de la viande OĂč tremblait la miraculeuse, LâincomprĂ©hensible chaleur des la suite